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Interview : Vincent Darré à la Fondation Durini pour le Salon du Design

Vincent Darré qui ne croit qu'aux hasards de l'amitié a accepté l'invitation de Giulio Durini di Monza qu'il n'avait pas vu depuis le temps où tous les deux squattaient la partie restaurée de son palais milanais abandonné. Vincent était alors directeur artistique de Moschino et vivait partiellement à Milan.

À l'heure où la ville ne bat plus qu'au rythme du grand salon du design, La maison Darré présentera dans le décor baroque du Palais redevenu Fondation Durini di Monza, les tables, tapis et papiers peints d'inspiration futuriste et cubiste de sa nouvelle collection.

Tu a choisi d'exposer dans la résidence d'un prince excentrique ?

J'ai rencontré Giulio Durini dans les années 80, c'était un peu le portrait de Dorian Gray. Je l'ai retrouvé plus tard à Rome quand je travaillais avec Karl pour Fendi et, disons qu'il était devenu un séducteur très musclé. Il cherchait à récupérer cette fondation qui appartenait à son grand oncle Antonio, un personnage très excentrique de la noblesse italienne qui faisait partie du cercle de la Farfalle. Il était une sorte de mécène et de grands artistes italiens ont exposé là. Les parents de Giulio dans les années 70, ont laissé le palais en l'état et abandonné l'idée de la fondation. Mais Giulio s'est battu pour récupérer la Fondation et l'offrir à nouveau comme un lieu d'exposition aux artistes.

C'est une nouvelle collection ?

Oui, je trouvais amusant de faire à Milan un hommage au futurisme et au cubisme qui m'ont toujours fasciné. Ce sont des références captées comme des polaroïds de mon enfance ; quand mes parents germanopratins m'entraînaient à la découverte d'expositions sur dada et les surréalistes. D'ailleurs dans mon premier dossier d'étudiant au Studio Berçot, je n'avais fait que des collections en hommage à cette période de l'histoire de l'art. Tu ne te souviens pas Paquita, d'une fameuse robe en hommage à Oscar Schlemmer, une robe cubiste et très volumineuse que je t'avais demandé de porter pour un défilé du cours Berçot ?

De quoi se compose cette installation ?

Ce sont en fait des tapis, des tables et un papier peint. Sur le plateau de la table, un dessin hommage au cubisme et des pieds répondant à la perspective tordue.

Elles sont planes tout de même, ces tables ?

Bien sûr, mais elles cachent de petites surprises comme des pieds tordus, elles sont un peu comme moi qui n'aime pas les choses droites.

Que représentent les tapis ?

Ce sont des délires, un peu comme l'écriture automatique des surréalistes, transposée en dessin. Je laisse le stylo délirer et je suis le spectateur. J'aime quand ça n'est pas réfléchi.

Tu as changé ta palette de couleurs?

Finies les couleurs primaires à la Calder que j'utilisais au début de la Maison Darré, là, c'est un peu la palette des cubistes revue par Yves Saint Laurent. En fait Je ne me sens pas tellement "designer" je suis plus proche des arts décoratifs.

C'est la première fois que tu présentes ton travail lors d'un salon ?

Quand j'ai vu les prémisses de la foire du design à Milan j'ai adoré, c'était naïf et spontané. J'y suis retourné plus récemment et j'ai trouvé ça assez terrifiant, c'était un peu la "foire du trône du design" et je n' y aurais jamais participé si je n'avais pas retrouvé cet ami Giulio Durini, qui m'a proposé de faire cette installation dans le Palais de la Fondation Durini.

C'était important d'être en off...

Il y a plein d'endroits superbes à Milan, Tom Dixon par exemple, a trouvé un endroit près de la gare de Milan qui paraît-il va être incroyable et il a invité d'autres designers à venir le rejoindre.

Pour Milan c'est un moment assez dynamique ?

C'est surtout le seul salon qui existe de cette envergure, les gens y viennent du monde entier, les plus grands décorateurs et les designers sont sur place et Milan vit une chose encore plus extraordinaire que pendant le prêt-à-porter ; la ville est complètement transformée, il y a des tas d'endroits ouverts, des cocktails tous les soirs et c'est ça qui est assez drôle.

Ton papier peint ressemble à un collage ?

L'idée est partie de nos envois de dossiers aux journalistes, pour lesquels, avec mes assistantes, on réalise des collages à la main. On s'amuse à découper tous les vieux journaux pendant une semaine et à faire des collages personnalisés pour chacun sur l'enveloppe de papier Kraft. C'est un peu un hommage au dadaïsme et en même temps un objet un peu rare. Les journalistes reçoivent tellement de dossiers ! J'ai scanné tous ces collages pour en faire un papier peint avec des taches de couleur qui ressortent sur les tonalités passées du kraft et des vieux journaux.

C'est la première fois que la maison Darré passe les frontières ?

La maison Darré depuis 2008, c'est une adresse très parisienne qui n'existe qu'à Paris et cette année, à la suite du succès du Baron de China Town dont j'ai créé le décor, j'ai décidé de lui faire passer les frontières après la foire de Milan, je serai présent à la Frieze Art Fair de Londres en Septembre avec un projet spécial en collaboration avec Pierre Passebon. Il exposera une pièce ancienne et je réaliserai un mobilier conçu spécialement pour l'occasion.

Tu aimerais être vendu ou ailleurs qu'à la maison Darré ?

Je fais confiance aux hasards, mon travail est assez spécial et j'attends de provoquer des coups de foudre. C'était amusant de faire un baron pour China Town et comme je sais qu'André adore les chinoiseries et les vieux bordels je me suis dit, on va faire comme si un vieux bordel des années 50 avait réouvert par hasard, dans son décor d'origine.

J'aime bien que les choses ne soient pas modernes, que le décor n'ait pas l'air d'avoir été fait récemment mais plutôt d'avoir toujours existé.

C'est le même esprit qui présidait au décor du Montana ?

le Montana était une adresse parisienne comme rêvaient d'en voir les Américains dans les années 70, moi j'aime bien le fantasme, j'ai une culture visuelle qui vient du cinéma , de la comédie musicale à l'expressionnisme allemand et en parallèle j'ai ces obsessions sur le surréalisme ou le dadaïsme, mes références n'ont rien de moderne. Je m'apprête à créer le décor du restaurant et des cinq suites de l'hôtel Montana. Ouverture en 2013.

Par rapport a ta dernière collection sur les délires aquatiques Allo Dali, celle-ci est presque plus sobre.

Cette collection-là est beaucoup plus droite et moins voluptueuse et sensuelle, plus basée sur la perspective, les trois dimensions. Ce qui m'amuse c'est faire des choses qui me passionnent et les gens qui me connaissent depuis toujours voient très bien la cohérence de mes inspirations mais ceux qui connaissent les meubles des autres seront très surpris .

Pour qui aimerais-tu créer des décors ?

J'adorerais décorer des maisons à Los Angeles où le goût me semble beaucoup plus délirant que le goût européen.

La maison Darré à la fondation Durini di Monza du 17 au 22 Avril via Santa Maria Valle 2 Milan.

Propos recueillis par Paquita Paquin

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