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Instagram censure la photo d'une modèle "plus size", mais que s'est-il passé ?

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Alors que la non-censure d'une militante affichant un legging tâché de ses règles passait pour une vraie avancée, voilà qu'Instagram nous prouve qu'on peut reculer de cinquante pas en arrière. En effet, le réseau social a injustement et sans explication censuré la photo d'une modèle "plus size" posant en lingerie.

La semaine passée, une militante affichait son legging taché de ses règles sans subir la censure d'Instagram et cela passait comme une petite victoire. Mais aujourd'hui patatras, voilà que le réseau social censure injustement et sans explication la photo d'une modèle "plus size" posant en lingerie. Un fait dénoncé avec force par la créatrice de la griffe française "Petit Patron" qui s'est indignée sur le réseau social. Et à juste titre.

Une censure qui fait reculer

A l'ère du body positivisme et étant donné la multiplication des campagnes mettant en avant des corps différents, on a de quoi être sonné de la nouvelle. Pourtant, c'est bien vrai, il y a quelques jours le réseau social Instagram a supprimé une photo postée par la marque "Petit Patron" qui montrait une modèle "grande taille" en sous-vêtements pour le motif suivant : "nudité et pornographie".

La marque vend des patrons pour faire soi-même sa lingerie et ses vêtements, du 34 au 56. Il semblait donc tout naturel de choisir des modèles de toutes morphologies. "Notre objectif, au quotidien, est de montrer qu'en cousant ses vêtements, tout le monde est beau quelle que soit sa taille", nous confie Margaux, la créatrice, que nous avons contactée par mail. Et c'est bien la modèle de taille 48 qui a été visiblement et délibérément ciblée, lui laissant comme un goût amer.

Pour elle, le verdict est sans appel et elle écrit, révoltée : "Parce qu'une femme a un peu de poids elle est sale et vulgaire ? Et si on porte du 34 tout va bien ? Est-ce normal qu'une femme se sente agressée et humiliée de la sorte par des mots comme "pornographie" en se montrant uniquement pour présenter un simple patron de couture ?".

Le sentiment d'injustice est légitime quand on sait le nombre de posts à caractère pornographique qui circulent sur Instagram sans pour autant être inquiétés par la censure. En censurant des posts engagés montrant des tétons féminins et, maintenant, des modèles "plus size", on est en droit de se dire que, décidément, le réseau social choisit mal ses combats.

De son côté, Elodie, la modèle censurée par Instagram, a elle aussi tenu à poster une réponse face à cette mesure néfaste. "Cher Instagram, ce corps est juste mon corps. Ma -grande- taille 48. Je te remercie de laisser ma photo, même si mon corps n'est pas Photoshopé, qu'il a des vergetures et des bourrelets", écrit-elle, "(...) (j'ai même brodé un petit "badass" sur ma culotte car j'suis une badass de poser à moitié à poil sur ig)".

Il semble démentiel, en 2019, d'avoir encore à se battre contre l'hyper-sexualisation du corps féminin quand les hommes, eux, ne sont certainement pas attaqués lorsqu'ils posent torse nu.

Un message néfaste

Que doit-on retenir d'une telle mesure ? Quel est le message derrière ? Certainement que le combat pour voir les femmes se réapproprier leurs corps est loin d'être fini et que l'hyper-sexualisation des femmes a, semble-t-il, de beaux jours devant elle. Malheureusement.

De même, la créatrice de "Petit Patron" pointe du doigt les posts dénudés d'Emily Ratajkowski qui, eux, se portent très bien. S'il ne s'agit pas de juger - choisissons toujours la bienveillance au slut-shaming - il est intéressant d'observer qu'en étant dans la norme des canons de beauté, on est beaucoup moins inquiétée par les raids de censure d'Instagram.

Il y a fort à penser que la censure résulte d'un afflux de signalements face à la photo de "Petit Patron". Des signalements que le réseau social a, au final, validés. Un fait qui ne cesse de nous étonner au vue du mouvement body positive qui déconstruit petit à petit les diktats et les canons de beauté inatteignables. Il serait temps que certain.e.s se fassent une raison car, qu'ils le veuillent ou non, célébrer la diversité et tous les corps féminins va continuer. Accrochez-vous !

Quant aux appels à justifications de la créatrice au réseau social, celui-ci a attendu de voir naître un certain nombre d'articles et la mobilisation de certains influenceurs pour restaurer la photo, avouant qu'ils n'auraient pas dû la supprimer et qu'elle n'enfreignait pas la charte d'Instagram, comme nous le raconte Margaux par mail. "Aujourd'hui, nous restons fières de nos photos et engagées à continuer de présenter tous les corps sur nos photos. C'est pour tout le monde que nous pensons les patrons et c'est donc par tout le monde que nous voulons qu'ils soient représentés", conclu la créatrice.

Un porte-parole d'Instagram nous a par ailleurs contacté, déclarant : "Ce message a été supprimé par erreur et nous présentons nos excuses. Il a depuis été rétabli.". La suppression de ce contenu serait donc accidentelle faisant suite à des signalements d'internautes. Grossophobie quand tu nous tiens...

On le comprend : la vigilance est de mise.

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