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Icône chic et musicien culte : Thomas Cohen, l'interview

Thomas Cohen, musicien classe et élégance savamment négligée.
Thomas Cohen, musicien classe et élégance savamment négligée.

Longtemps relégué au rang de tête de gondole people de par son mariage avec Peaches Geldof, le musicien britannique revient, deux ans après la mort de celle-ci, avec un premier album solo à faire pâlir les plus grands. Rencontre placée sous le signe de la transparence et de la transcendance à l'heure de sa sortie.

Musicien injustement méconnu, tête bien faite, icône de style absolue dans un genre savamment négligé, Thomas Cohen mérite qu'on s'intéresse à son cas. Et pas seulement pour ses antécédents "people". Avec "Bloom Forever", son premier album solo, l'Anglais remet les pendules à l'heure : il n'est pas "que" le veuf de Peaches Geldof, décédée en avril 2014, à l'âge de 25 ans, d'une overdose d'héroïne – l'affaire, à l'époque, avait déchaîné les passions outre-Manche et l'hystérie des tabloïds, faisant de Cohen une cible de choix. Il est surtout un musicien d'un talent rare, futur grand qui rend ici grâce à sa défunte épouse et mère de leurs deux enfants de la plus délicate des façons qui soit. Entre rock et pop, folk et ballades, la figure de la jeune femme hante ce disque habité mais surtout très inspiré. Détaché, hors du temps, faussement désabusé et d'une impeccable élégance, "Bloom Forever" séduit pour ses seules qualités musicales. A l'instar de son auteur, qu'on découvre ou redécouvre ici.

"En deux ans, j'ai beaucoup changé. Beaucoup pleuré, beaucoup assimilé de choses. C'est le thème principal de l'album."

Vous arrivez avec cet album au moment où on s'y attendait le moins...
Et pourtant, je l'ai commencé avant même que mon groupe de l'époque, S.C.U.M, ne se sépare début 2013... "Honeymoon", le premier titre, a été écrit plus d'un an et demi avant la mort de Peaches.

"Bloom Forever" a été enregistré en Islande. Pourquoi ce choix ?
Parce que c'était moins cher et pour la liberté que le pays offrait, loin de tout. J'avais besoin de cette distance. J'ai écouté beaucoup d'artistes des années 70 durant cette période. J'imagine que ça s'entend. J'ai conscience d'avoir écrit un disque très déconnecté de l'époque dans laquelle nous vivons.

Sur l'un de vos morceaux, "Country Home", vous évoquez de manière assez abrupte le moment où vous avez découvert le corps sans vie de votre femme, chez vous.
J'y parle aussi d'une photo que j'avais fait d'elle le 1er janvier précédent. Peaches m'avait pris par surprise : elle se tenait en haut de l'escalier, vêtue de sa robe de mariée, à l'endroit même où je l'ai retrouvée morte quelques mois plus tard. L'image peut sembler surfaite, très "papier glacé", mais elle correspond pile à la réalité. En faisant ce disque, j'ai compris que j'étais capable d'écrire ce genre de titres, à la fois forts et simples. En deux ans, j'ai beaucoup changé. Beaucoup pleuré, beaucoup assimilé de choses. C'est le thème principal de l'album – je ne fais pas qu'y parler de la mort de ma femme. Je suis quelqu'un de sensible, mais l'éducation que m'ont offert mes parents m'a beaucoup équilibré : je n'ai jamais imaginé basculer dans l'autodestruction.

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Au quotidien, en interview en particulier, vous faites preuve de beaucoup d'humour.
C'est très anglais [sourire]. Et chez moi, ça relève du mécanisme de survie. A un moment, je ne faisais que ça. C'était une façon de me protéger, évidemment, mais aussi de faire comprendre à mes proches qu'ils n'étaient pas obligés de prendre des moufles. Et j'aime les gens qui ne se prennent pas au sérieux. C'est un élément que j'ai essayé de laisser transparaître jusque sur la pochette de l'album, et dans mes vidéos.

Avez-vous souffert de la pression des médias ?
Oui et non. Je me fous royalement de leur opinion. Au moment des faits, où que j'aille, tout le monde était au courant de ce qui m'était arrivé. Les gens que j'ai pu croiser dans la rue à l'époque ont fait preuve de beaucoup de bienveillance à mon égard. Et ça m'a fait du bien.

Vous n'aviez que 21 ans lorsque votre premier fils est né. La paternité s'est-elle imposée à vous naturellement ?
Complètement – je ne vois pas comment j'aurais pu passer à côté. C'est une expérience unique. J'essaie de considérer mes enfants comme des êtres à part entière, et pas simplement comme des reproductions de ce que je suis. Malgré ce qui a pu se passer, j'ai tendance à penser qu'ils iront bien.

"Ne jamais passer à côté d'une belle paire de boots en python."

Vous êtes un mélomane averti. Votre titre préféré parmi tous ?
"You Can't Always Get What You Want" des Rolling Stones, parce que je l'entends à chaque fois au moment totalement inattendu et parfaitement raccord avec ma vie. A croire que quelqu'un, là-haut, me regarde et me le joue exprès [rires].

Votre définition du style ?
Une question de personnalité, plus que de mode. Les vêtements que j'aime me parlent, m'évoquent des choses. C'est comme ça qu'ils s'imposent à moi.

Votre pièce fétiche ?
Je collectionne les vestes. Les chaussures ? Un peu moins. Avec quand même une recommandation essentielle : ne jamais passer à côté d'une belle paire de boots en python quand on en voit une. Celles que j'ai pour la pochette de l'album sont mortes.

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Votre référence en matière de look ?
Patti Smith à la fin des années 70, quand elle s'habillait à l'Armée du Salut. Et les Stones – encore eux.

Plutôt Keith Richards ou plutôt Jagger ?
Jagger le jour de son mariage avec Bianca, en 1971, Keith le reste du temps.

"J'attends la trentaine avec impatience.
Mes mômes auront dix ans."

Où vous habillez-vous ?
J'ai une référence ultime : Granny Takes A Trip, une boutique sur King's Road, à Londres, où se sapaient les Stones, George Harrison, Jimi Hendrix... L'endroit n'existe plus, mais un de mes amis fait collection de leurs créations, introuvables aujourd'hui. Je lui ai acheté un costume d'époque. Pour moi, c'est une quintessence de style.

Pourriez-vous devenir l'égérie d'une marque ?
Honnêtement, je me vois mal jouer les portemanteaux. A part peut-être pour Saint Laurent.

Si vous n'étiez pas Thomas Cohen, qui seriez-vous ?
Une femme. N'importe quelle femme. Pour voir ce que ça fait.

Votre définition du bonheur ?
Le "self respect" avant tout. Parce que tout commence par là.

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?
J'espère en être à mon quatrième ou cinquième album. J'aurai 30 ans...
30 ans !! Mes mômes en auront dix, la vache ! [Rires] J'attends ça avec impatience, ça va être super cool.

Propos recueillis par Claire Stevens.

Thomas Cohen, Bloom Forever (Stolen Recordin / Pias).

Thomas Cohen "Hazy Shades"
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