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Harcèlement de Rue : l'affiche qui dégomme le sexisme dans les transports !

L'association française "Stop Harcèlement de Rue" pointe du doigt les prédateurs des transports en commun.
L'association française "Stop Harcèlement de Rue" pointe du doigt les prédateurs des transports en commun.

En cette semaine internationale contre le harcèlement de rue, les actions se multiplient un peu partout. Mais c'est une association française, "Stop Harcèlement de Rue", qui attire l'attention en allant jusqu'à parodier la RATP et leur campagne qui conseillait aux utilisateurs de "rester civils". Une action qui interpelle et fait réfléchir. 

Ce jeudi 16 avril 2015, c'est un rapport alarmant qui a été remis à la secrétaire d'Etat chargée des Droits des femmes, Pascale Boistard, sur le harcèlement sexiste et sur les violences sexuelles dans les transports en commun. Chiffres et informations préoccupantes s'y confondent en cette semaine internationale sur le harcèlement de rue. Un nouvel éclairage sur ce phénomène qui donne plus de force à une action lancée par l'association française "Stop Harcèlement de Rue" qui a interpellé la RATP avec une proposition d'affiche.

Un prédateur dans le métro ?

Pour sa campagne "Restons civils sur toute la ligne", la RATP avait pensé au cliché de la poule qui caquette (parce que les femmes sont bavardes) et glousse, son portable collé à l'oreille et dérangeant ses voisins de transports. Mais qu'en est-il du prédateur, fléau des transports en commun, mal intentionné et qui met mal à l'aise plus d'une femme ? Pire que les désagréments de la ligne 13, celui qu'on appelle frotteur, qui reluque et attouche sans consentement, qui suit et est prêt à tout pour un numéro de téléphone, continue ses forfaits en toute impunité. Si la RATP n'a pas identifié l'animal, l'association "Stop Harcèlement de Rue", elle, l'a percé à jour. Sur l'affiche recrée par le mouvement, le harceleur prend des allures de crocodile. Un clin d'oeil à la BD "Projet Crocodiles", de Thomas Mathieu, qui dénonce le sexisme ordinaire.

Lancé en début de semaine sur les réseaux sociaux, sous forme de proposition à moitié humoristique à la RATP, le projet prend de l'ampleur et l'affiche fait le tour du Web. Il faut dire qu'il y a de quoi interpeller, alors que le crocodile est dangereusement penché et a la main posé sur la cuisse de sa victime recroquevillée sur elle-même. Une image gênante pour un phénomène bien réel et pris en compte depuis trop peu de temps. Tandis que certains internautes s'insurgent de voir la jeune femme en jupe, car moins impactant ou plus culpabilisant, c'est moins la tenue qui importe que la situation.

"Une agression sexuelle (frottements, attouchements...), dans les transports et ailleurs, est punie par la loi de 15 000 euros d'amende et 5 ans d'emprisonnement", écrit "Stop Harcèlement de Rue" sur sa page Facebook. Des informations bien rappelées sur l'affiche imaginée par l'association. La RATP, elle, s'est pourtant passée de commentaires pour le moment.

"Stop Harcèlement de Rue", un mouvement qui prend de l'ampleur

"Dans leur campagne contre les incivilités, il y a la grenouille qui fraude, le paresseux qui s'étale, le phacochère qui prend le métro pour sa mangeoire, la poule qui caquette au téléphone... Il y a surtout un grand absent: le macho, le harceleur, l'agresseur, le frotteur, bref le gros porc qui enquiquine le quotidien des femmes et des LGBT dans leurs déplacements", a déclaré Héloïse Duché, présidente de l'association, au Huffington Post.

Mais "Stop Harcèlement de Rue", c'est quoi d'abord ? Collectif il y a encore un mois, le mouvement prend du grade et se fait reconnaitre comme une association. Née en février 2014, elle est issue d'un constat simple : le harcèlement sexiste existe dans l'espace public et n'est pas une fatalité.

En 2012, le documentaire de Sofie Peeters, "Femmes de la rue", attirait l'attention sur la réalité de ces agressions banalisées et, surtout, quotidiennes. Armée d'une caméra cachée, cette étudiante belge révélait toutes les insultes, remarques obscènes et tentatives d'attouchements dont elle était victime par le simple fait qu'elle marchait dans la rue. Une vidéo qui a fait le buzz, déliant les langues et faisant affluer les témoignages d'expériences similaires.

Mais c'est aussi une brèche qui s'est ouverte et dans laquelle "Stop Harcèlement de Rue" s'est engouffré avec deux mots d'ordre : sensibilisation et éducation. Ce dernier étant indispensable pour faire évoluer les mentalités.

Dans leurs actions, l'association cible la rue, théâtre de leurs moments "Incroyables Relou" durant lesquels membres du mouvement et comédiens jouent des mini sketchs à partir de témoignages réels qu'on leur fait parvenir. Collage d'affiches, graffitis, distribution de tracts, intervention dans des lycées, tout est bon pour interpeller.

Sensibiliser, oui, mais le faire de manière enjouée, c'est encore mieux. C'est déguisées en super-héros que les équipes mixtes de "Stop Harcèlement de Rue" se lancent parfois en raid dans le métro et le RER. Expliquer, discuter, débattre avec les particuliers, voilà ce que l'association se donne comme noble défi. Et cela ne se limite pas aux femmes mais à toutes discriminations qu'elle soit homophobe, grossophobe, raciste...

Stop Harcèlement de Rue

Un rapport alarmant sur le harcèlement sexiste

Presque terminée, cette semaine internationale contre le harcèlement de rue dévoile un rapport diffusé par le Haut Conseil à l'égalité entre Femmes et Hommes. De ce texte ressort un chiffre choc : "100% des femmes qui utilisent les transports en commun ont subi au moins une fois dans leur vie du harcèlement sexiste ou une agression sexuelle".

On apprend également que la majorité des victimes sont mineures et que, contrairement à ce qu'on pense, ces agressions n'arrivent pas de nuit mais plutôt entre 8h et 20h. Le rapport met en évidence que les violences sexistes et sexuelles se produiraient dans le bus ou bus scolaire. Concernant l'insécurité que ce phénomène créerait : six femmes sur dix craindraient une agression ou un vol dans les transports contre trois hommes sur dix.

Et à ce qui crie à la mort de la drague, le Haut Conseil donne une définition précise du harcèlement de rue : "Le harcèlement sexiste se caractérise par le fait d'imposer tout propos ou comportement en raison du sexe (...) qui a pour objet ou pour effet de créer une situation intimidante, humiliante, dégradante ou offensante. (...) Le harcèlement sexiste peut prendre des formes diverses comme des sifflements, des commentaires sur le physique, des injures".

Marisol Touraine a commenté le compte rendu sur iTélé, déclarant que "le gouvernement prendra(it) des mesures fortes d'ici quelques semaines". De son côté, le Haut Conseil propose un plan d'action national : "Stop au harcèlement sexiste et aux violences sexuelles sur toute la ligne". Bientôt l'affiche du harceleur au visage de crocodile dans les couloirs du métro ? On vote oui.

H. F-G

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