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Fashion week Paris Eté 2010 : John Galliano

Inspiré par tous les orientalistes

La piscine Molitor, aux abords de Boulogne, aujourd'hui amplement taguée à l'intérieur, a des allures de ruine imposante. John Galliano y a installé sa chicane, elle aussi largement graphée de son nom, à l'étage. Les mannequins y descendaient un escalier à claire voie pour s'élancer sur une rampe vers le fond du bassin totalement asséché et présenter sur un podium de métal, sa collection de prêt-à-porter masculin. C'est peut-être en pensant à l'eau qui emplissait le bassin de ce vestige, comme un souvenir de Méditerranée, traversée d'Ouest en Est, que le designer natif de Gibraltar avait retenu ce lieu pour cet événement.

Le personnage central de son inspiration est cette saison Napoléon Bonaparte, un Corse devenu empereur de France, héros fétiche s'il en est de John Galliano . Faisant fi de la chronologie, le styliste nous emmène dans la campagne d'Egypte du fameux général et profite librement des paysages et des inspirations traversées en Sicile, au Maghreb ou au Proche-Orient. Les coupes inspirées du vestiaire militaire Directoire et de la majesté du Lawrence d'Arabie de David Lean collent ici aux allures de jeunes rebelles. Vastes pièces en cuir, cargos en guise de pantalons se teintent d'ocres et de terracottas à la Delacroix sur des corps et des visages entièrement maquillés des mêmes tons cuivrés. Les plastrons reprennent néanmoins ceux du militaire corse tandis qu'une chemise attachée se noue sur les reins, retenue par plusieurs ceintures de cuir. Des voiles légers font alors leur apparition, portées en pagne, tandis que les couvre-chefs arabisants disparaissent au profit de couronnes de fleurs. Ces coiffes rappellent les éphèbes de Wilhelm von Gloeten photographiés au tournant du 19ème et du 20ème siècle en Sicile dans l'esprit néo-classique. Hormis ces couvre-chefs bucoliques, ici les corps sont habillés de parkas et parfois de polos qui soulignent le charme des mauvais garçon d'aujourd'hui.
Le désert et le sable sont évoqués à travers une série de cotons blancs et beiges coupés en forme de vestes et de jeans. La texture des tissus comme l'usure des daims reprennent de façon quasi fantomatique les motifs des broderies militaires.

On admire le stylisme, foisonnant comme à l'habitude dans les défilés signés Galliano, pourtant on reste un peu sur sa faim devant ces corps présentant des abdominos remaquillés et des visages parsemées de paillettes, barbe naissante comprise, pour présenter des maillots de bain enduits d'or ou imprimés de motifs floraux.
Les derniers looks donneront raison à la tradition du tailoring à la Galliano. Des silhouettes austères s'avancent, visages blafards quasi gothiques, couronnés de lauriers dorés ceignant le front. Oui, c'est bien l'empereur dans une vision inspirée de l'incunable oeuvre cinématographique d'Abel Gance qui décline son nouveau vestiaire sur pas moins de neuf silhouettes. Il porte systématiquement sa chemise, souvent de brocart, en serre-taille, les manches nouées en étole d'apparat. La plus remarquable emballe un manteau noir d'un voile de mousseline accompagnant la silhouette d'un sillage en forme d'ombre. Festif, élaboré, impérial, du pur Galliano !

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