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Emma Thompson s'oppose à la nomination d'un homme accusé de harcèlement

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On pensait certainement ne pas pouvoir admirer Emma Thompson plus qu'on ne le faisait déjà, on se trompait sur toute la ligne. En annonçant son départ du casting du film d'animation "Luck" suite à la nomination comme directeur des studios d'un homme accusé de harcèlement sexuel, l'actrice britannique prouve que le mouvement #MeToo laisse ses marques. Et tant mieux.

Alors qu'elle était au casting du film d'animation "Luck", pour lequel elle prêtait sa voix à l'un des personnages, et alors même qu'elle avait commencé les enregistrements, Emma Thompson a préféré démissionner du projet. Une décision prise suite à la nomination de John Lasseter par le studio Skydance, producteur du-dit film d'animation. Ainsi l'ex-directeur artistique de Pixar Animation Studios et de Walt Disney Animation Studios, accusé de harcèlement sexuel au début du mouvement "Me Too", a été embauché pour diriger le secteur animation de la société. Et comme Emma Thompson ne fait pas les choses à moitié, elle a également transmis aux studios Skydance une lettre, dont le contenu a été publié par le Los Angeles Times.

"Je trouve très étrange que vous et votre firme ayez pensé à embaucher quelqu'un ayant le passif répréhensible de M. Lasseter, étant donné le climat actuel", dénonce ainsi l'actrice de 59 ans. Il est vrai qu'en pleine ère "Me Too", embaucher John Lasseter laisse entendre qu'on ne peut être inquiété par des accusations de harcèlement sexuel. Une situation qui paraît pourtant anxiogène pour les employées des studios Skydance, ce que pointe très justement du doigt Emma Thompson.

"Si un homme a passé des décennies à commettre des attouchements sur des femmes, pourquoi une femme voudrait-elle travailler pour lui, si la seule raison qui l'empêche de la toucher est que son contrat stipule qu'il doit se comporter de manière 'professionnelle' ?". S'ensuit une longue liste de questions qui questionnent le bien-fondé d'une telle décision.

Puis l'actrice de conclure avec force : "Je suis bien consciente que les siècles pendant lesquels les hommes ont pu disposer du corps des femmes, avec ou sans leur consentement, ne vont pas s'envoler du jour au lendemain. Ni dans un an. Mais je suis aussi consciente que si les personnes qui se sont exprimées sur ce sujet - comme moi - ne prennent pas position sur des cas concrets, il est très peu probable que les choses changent à un rythme aussi rapide que celui requis pour protéger la génération de ma fille".

Si une telle décision prouve que "Me Too" a définitivement libéré la parole des femmes, on parlera certainement de vraie évolution quand les femmes n'auront plus à démissionner pour protester contre la nomination d'hommes dangereux et misogynes.

Les femmes n'oublient pas

Pour rappel des faits, en novembre 2017, le réalisateur de "Toy Story", "Toy Story 2" ou encore "Cars", avait été accusé d'"avances non souhaitées" et était connu pour "attraper, embrasser, faire des commentaires sur des attributs physiques" au sein des studios Disney. Des accusations qui avaient entraîné des excuses de la part de John Lasseter, qui avait alors reconnu à demi-mots les faits.

Il avait avoué publiquement "avoir échoué" à insuffler une culture "de la confiance et du respect" dans ses studios, ajoutant "ce n'est jamais aisé de faire face à ses faux-pas, mais c'est la seule manière d'apprendre". Si dans un premier temps la direction de Disney avait fait savoir par communiqué que les "excuses sincères" du réalisateur étaient appréciées, elle avait également soutenu la décision de John Lasseter de se mettre en congé sabbatique. En décembre 2018, finalement, les studios Disney ont congédié le réalisateur. Autant d'éléments qui questionnent le choix des studios Skydance et le message qu'il faut en tirer.

Emma Thompson a certainement raison de préciser dans sa lettre : "Skydance a révélé qu'aucune femme n'a reçu de règlement financier de la part de Pixar ou Disney après avoir été harcelée par John Lasseter. Mais étant donné tous les abus qui ont été infligés aux femmes qui se sont présentées pour porter des accusations contre des hommes puissants, croyons-nous vraiment que l'absence de transaction signifie qu'il n'y a pas eu de harcèlement ou qu'elles n'ont pas été soumises à un environnement de travail hostile ? Sommes-nous censés être réconfortés par le fait que les femmes qui estiment que leur carrière a déraillé en travaillant pour Lasseter n'ont pas reçu d'argent ?".

Il est vrai que dans les médias ou sur les réseaux sociaux, on demandera très souvent à une femme qui dénonce de se justifier tout en la rabaissant. A l'inverse, un homme puissant adressant des excuses publiques suite à des accusations de harcèlement sera très souvent pardonné ou, tout du moins, continuera à occuper ses fonctions même après des accusations de harcèlement et autres violences faites aux femmes. Woody Allen, Ronan Polanski ou encore Johnny Depp, du côté du cinéma, en sont de parfaits exemples. L'affaire de la "Ligue du lol" qui a éclaté récemment en France est également révélatrice du peu de sanctions à noter à ce jour.

En effet, on aime penser que ces hommes ont "changé", c'est une idée rassurante et qui permet de garder foi en l'avenir. Mais si véritable évolution il y avait eu dans l'esprit de ces hommes, s'ils avaient perçu la violence et l'impact de leurs agissements, n'aurait-il pas présenté des excuses et reconnu leurs torts avant qu'ils ne soient dénoncés ? Voilà la question qu'il faut certainement se poser.

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