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Elle se passe de protections hygiéniques pour exiger leur remboursement

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Cela fait plusieurs années déjà que des militantes féministes ont ouvert le débat sur le remboursement total des protections hygiéniques. Plusieurs années également qu'elles ne sont pas entendues. Irene, 20 ans, a décidé d'aller plus loin en laissant son sang couler librement, le temps d'une journée, tout en vaquant à ses activités quotidiennes, et ce afin de se faire entendre sur la question du remboursement des protections hygiéniques. You go girl !

Si les réseaux sociaux ont un certain nombre d'aspects négatifs, ils semblent être un outil tout indiqué lorsqu'un appel comme celui pour le remboursement des protections hygiénique est lancé. Twitter, d'abord, moyen sûr de faire passer un certain nombre de messages tout en taguant les instances ciblées. Instagram, aussi, autre option incontournable. Et ça, Irene, 20 ans, militante féministe, l'a bien compris.

Quand les mots ne suffisent plus, l'image, elle, a le pouvoir de marquer les esprits et de faire passer le message de manière plus directe et puissante. Durant une journée, Irene a laissé son flux couler librement en allant à la fac ou en se promenant à travers Paris. Comme on peut s'en douter, elle arbore alors une trace rouge profond sur son legging gris, tandis qu'elle immortalise plusieurs moments de sa journée dans des poses conquérantes avec son vêtement tâché.

En légende, l'étudiante et militante exprime sa révolte. Avec des mots crus, justes, elle explique la nécessité du remboursement total des protections hygiéniques. Pas de débat pour la jeune femme qui sait très bien qu'une telle vue fera tourner de l'oeil certain.e.s qui pensent encore que les règles sont "sales". Les mêmes qui comparent protections hygiéniques et papier toilette.

En story Instagram, elle n'hésite pas à ajouter : "Je ne fais pas ça pour m'amuser (...) mais pour réclamer que l'Etat prenne en charge la totalité du prix des protections hygiéniques. Ce geste est là pour montrer que les règles nous concernent tout.te.s car si on décide de ne plus mettre de protections, c'est l'espace public, l'espace commun, qui en subit les conséquences". Conclusion d'Irene : "Le sang coule et le sexisme tâche". On a presque envie d'en faire un slogan et de l'afficher un peu partout.

Elle précise également : "Par ailleurs, je conçois cela comme une action féministe, mais également comme une sorte de performance artistique". Et on ne peut pas s'empêcher de penser que sa démarche fait terriblement écho à celle de l'artiste Rupi Kaur qui, en 2015, postait une photo d'elle allongée sur un lit, son legging et les draps tâchés de sang menstruels. Un cliché qui visait alors à détabouiser les règles et avait été censuré par Instagram, prouvant bien qu'il y avait encore du chemin à faire. S'apercevoir qu'en 2019 les photos similaires d'Irene n'ont pas été censurées sonne comme une petite victoire. Et il est important de célébrer les petites victoires.

Les protections hygiéniques, un budget exorbitant

En moyenne, selon une étude britannique datant de 2015, 5 jours de règles par mois x 40 ans, les menstrues coûteraient 23 500€ aux personnes réglées. Le documentaire "28 jours", diffusé en accès libre sur Youtube depuis octobre 2018, met en avant des chiffres assez similaires, nous laissant quelque peu abasourdies. Et étant donné que les menstruations sont le fait de la nature, touchant la moitié de l'humanité, on se demande bien pourquoi cette dernière devrait en payer le prix (plus qu'elle ne le fait déjà).

Les multiples appels ont été entendus par certaines mutuelles, comme la mutuelle étudiante LMDE qui annonçait, courant 2018, s'engager à rembourser une partie des protections hygiéniques de ses adhérentes, à hauteur de 20 à 25 euros par an. L'université de Lille s'est elle engagée à distribuer 30.000 kits de protection hygiénique sur l'ensemble du campus. Des gestes encourageants mais bien trop timides et rares, encore.

Et au vu du budget des menstrues, qu'en est-il des personnes en situation précaire, qu'il s'agisse de sans-abris ou de migrantes ? Une question bien trop souvent éludée. Car une personne qui vit dans la rue a aussi ses règles, qu'on se le dise. Pour répondre à cette nécessité, des associations de récolte de protections hygiéniques fleurissent, dont Règles Élémentaires, la première en France a avoir lancé le mouvement.

On le comprend, il est plus que jamais temps d'ouvrir la voie. Mieux, de prendre en compte un besoin qui se fait de plus en plus pressant.

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