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On a rencontré les fondateurs du premier institut bien-être inclusif de Paris

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Le 2 juillet a eu lieu une petite révolution dans l'univers du bien-être, mais vous êtes sans doute passés à côté. A deux pas du Printemps a ouvert le premier institut inclusif de Paris. Ouvert à tous, quel que soit le handicap, le poids, l'âge ou les problèmes de peau, ce lieu veut remettre de la douceur dans la vie de chacun et offrir une parenthèse bien-être aux 20 millions de Français qui en sont exclus. Rencontre avec Laurent et Sophie Gaudens.  

Expliquez-nous le concept de ce nouvel institut

Chez Dulcenae, on a décidé de faire le pari de l'inclusion. C'est à dire de créer un institut de bien-être et de beauté qui soit en capacité d'accueillir les personnes qui ont un corps abîmé.

Vous avez 4 grandes catégories : les personnes qui ont un handicap moteur (vous pouvez retrouver des paraplégiques, des tétraplégiques, des gens en mobilité réduite qui sont en fauteuil roulant), celles qui ont un handicap esthétique, dont je fais partie (par exemple, ceux qui ont des cicatrices, des brûlures), les maladies chroniques invalidantes (dont la plus grande est le cancer, mais aussi la sclérose en plaque ou des maladies de peau comme le vitiligo) et enfin les seniors, c'est à dire des personnes qui, avec le temps, ont un corps beaucoup plus fragile et à qui il est nécessaire de redonner un peu de douceur.

Si vous prenez toutes ces personnes, vous êtes sur 20 millions de Français qui n'accèdent pas aux soins de bien-être,

soit parce que les instituts ne sont pas équipés ou formés, soit parce que d'eux-mêmes ils s'excluent de ces soins, parce qu'ils sont souvent dans la peur du regard de l'autre, dans l'isolement.

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Cette exclusion, vous l'avez vous-même vécue ?

On est parti de notre expérience personnelle, puisqu'on fréquente des instituts de beauté. J'aime bien me faire masser et c'est vrai que je n'ai jamais eu un massage qui prenne vraiment en compte le fait que je sois brûlé.

Il y a 3 types de masseuses que je rencontre. Il y a celle qui va me masser sans tenir compte du fait que je sois brûlé, qui déroule son protocole habituel ; il y a celle qui a peur de me faire mal, donc qui va faire ce qu'on appelle des 'papouilles' ; et puis il y a eu une fois celle qui a vraiment eu peur de s'occuper de moi. On sentait dans son regard qu'elle était paniquée. Elle a demandé à l'une de ses collègues de me prendre et ça, ça crée un vrai choc psychologique pour la personne. Moi j'assume mes cicatrices et mes brûlures, mais je me suis imaginé quelqu'un d'un peu plus fragile psychologiquement, il aurait vraiment été détruit par cette scène.

On a aussi eu plein d'anecdotes de gens vécues en institut. Comme celle de la dame un petit peu forte à qui on explique qu'elle risque de casser la table de massage. A partir du moment où on a commencé à parler autour de nous du concept, on s'est rendu compte qu'il y avait un vrai besoin.

Pourquoi ce nom ?

Dulcenae, c'est un nom qui a deux parties.

'Dulce', en espagnol, ça veut dire doux. Et la douceur, on a voulu qu'elle soit partout dans l'institut.

Que ce soit dans les éléments d'architecture, dans le personnel, dans l'attitude de nos expertes ou dans le soin lui-même. Et 'nae', parce qu'on a souhaité qu'il y ait une terminaison latine, car en général, lorsqu'il y a un mot dans notre métier qui a une terminaison latine, ça prouve qu'il y a une science, une expertise derrière.

Comment faites-vous pour "donner du bien-être à tout le monde" ?

On a une vraie réflexion sur nos protocoles pour prendre en compte chaque pathologie, chaque handicap spécifiquement. Parce qu'on n'accueille pas quelqu'un qui a un cancer comme on accueillerait quelqu'un qui est en fauteuil roulant ou qui a un problème de peau ou d'allergie. Si vous accueillez une personne aveugle, il y a des gestes à faire pour l'accompagner jusqu'en cabine, par exemple.

Pour cela, il faut une équipe d'experts. Comment l'avez-vous constituée ?

On a créé une association pour les brûlés, dans laquelle on a eu à réfléchir à la reconstruction de l'estime de soi. Et grâce à cette réflexion, on a découvert la socio-esthétique. La socio-esthétique, ce sont des soins esthétiques dispensés par des socio-esthéticiennes formées dans le domaine médical et psychologique. C'est un diplôme d'état.
Ces socio-esthéticiennes sont capables de prendre en charge des personnes fragilisées. On les retrouve à l'hôpital, dans les centres sociaux, dans le milieu carcéral. Nous avons décidé de ne recruter que des socio-esthéticiennes. De par leur diplôme, elles sont habilitées à cette approche, elles maîtrisent le regard, l'écoute et le toucher. Et donc elles sont capables de faire ce qu'on appelle un soin relationnel.

Comment se passe un soin chez Dulcenae ?

Par opposition aux autres instituts où on va dérouler un soin avec un protocole bien identifié, chez nous tout est personnalisé. Le soin démarre par un échange avec le client, pour savoir quelles sont ses particularités, sa routine beauté, ses préférences et quel est l'état du moment. Lorsqu'il s'agit d'un nouveau client, on prend un quart d'heure pour faire ce diagnostic. L'idée est que pour les soins suivants, il n'ait pas à redire tout ça. Parce que raconter son accident, les meurtrissures que l'on a, ce n'est pas du bien-être.

Ça aussi c'est du vécu. J'ai été fidèle à un centre de massage et à chaque fois qu'une masseuse était nouvelle, il fallait redérouler à chaque fois mon histoire.

Quelles sont les marques avec lesquelles vous travaillez ?

Nous travaillons avec 2 marques. Comfort zone, d'abord, est une marque italienne créée par un docteur en pharmacie et qui fait partie du groupe Davines. On voulait une marque qui apportait de la sécurité, pour ne pas prendre le risque d'abîmer les corps de nos clients. C'est une marque avec beaucoup de sensorialité, beaucoup de plaisir, des textures, des parfums... C'est aussi une marque qui a des valeurs, qui respecte l'environnement, les collaborateurs qui participent à la création de ses produits. Elle nous soutient et prend part au projet.

Et pour la partie maquillage, notamment le maquillage correcteur, on a choisi Eye Care Cosmetics. C'est une marque à haute tolérance avec très peu de risques d'allergie. On a la possibilité de faire des leçons individuelles et personnalisées pour que les clients puissent apprendre à se maquiller au quotidien. En moins de 10 minutes, on est capable de mettre en valeur autre chose que ses cicatrices. Et l'idée est de pouvoir facilement le refaire chez soi.

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En pratique, si on est en fauteuil roulant et qu'on souhaite venir, c'est simple ?

Tout a été conçu par rapport à la mobilité. Nous avons une rampe d'accès amovible que l'on met lorsqu'une personne arrive. Il y a aussi une pente pour accéder aux toilettes. Et l'une de nos trois cabines a été spécialement étudiée pour. On ne s'est pas contenté d'agrandir la largueur des portes, tout a été pensé pour qu'une personne en fauteuil roulant puisse accéder à toutes les parties de l'institut. C'est tous ces petits détails qui font qu'on se sent accueilli et attendu.

Ces efforts se ressentent-ils sur le prix de vos prestations ?

Si c'est plus cher, on n'est plus dans l'inclusion. On est donc dans les prix du marché car on doit pouvoir être accessible à tout le monde. Si parce qu'on a un handicap on doit payer plus, on n'est plus du tout inclusif !

Institut Dulcenae, 60 rue de Caumartin - 75009 Paris. Téléphone : 01 81 69 49 25. Modelage signature Dulcenae à partir de 45€, soin visage à partir de 55€, maquillage à partir de 35€. Toutes les infos sur www.dulcenae.fr

Propos recueillis par Catherine Brezeky

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