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Divines : un film beau, violent et âpre

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"Divines" est un film où les sentiments les plus forts se mêlent et s'entremêlent dans un drame fort et percutant.

"Divines" de Houda Benyamina n'est pas simplement un nouveau film sur la banlieue dans lequel les filles seraient les héroïnes tandis que les garçons seraient relégués au second plan, ou presque. "Divines" est un long métrage bien plus complexe que cela.

Une histoire d'amitié forte

"Divines" c'est d'abord une histoire d'amitié, une histoire absolue, à la vie à la mort au sens strict du terme, une amitié forte, indivisible construite dans la douleur et dans l'adversité. Dounya et Maimouna ne se ressemblent pas. L'une est arabe, n'a quasiment pas de cadre familiale et croule sous les rêves de grandeur. Pour réussir, elle est prête à tout, y compris à prendre la dealeuse du quartier comme modèle et mentor. Maimouna est noire, moins rebelle, elle a un cadre familial strict puisque son père est l'imam de la communauté. Plus souple, elle s'adapte aux contraintes de sa vie avec une certaine fatalité. Mais bousculé par l'énergie de Doumya, elle plonge avec elle dans l'aventure qui pourrait bien causer leur perte.

Foisonnement de sentiments

"Divines" c'est aussi une histoire d'amour que l'on pressent forte quand Doumya rencontre un danseur. Là encore, les sentiments sont violents. "Divines" de toute façon, c'est aussi ça, une ambivalence de sentiments exacerbés par les conditions de vie des jeunes femmes. Tout y est âpre et ardent comme si la situation poussait chacune d'entre elles à vivre plus vite et plus fort devant un avenir plus qu'incertain. On les découvre enfants, on les voit devenir adultes en moins de deux heures au gré d'un cheminement chaotique et violent à la fois dans le monde du crime et dans celui de l'amour. Tout cela parce qu'il y a urgence, urgence à vivre, urgence à survivre dans une société qui se refuse à elles et qu'elles cherchent à conquérir de force. Parce que "Divines" est aussi un film résolument politique mettant en image sans aucun filtre la banlieue dans sa vérité la plus crue. Pourtant, le destin d'aucune de ses filles n'est réellement figé. C'est ça aussi la force de "Divines", laisser le choix aux personnages de prendre ou non tel ou tel chemin sachant que les conséquences sont connues d'avance. Seule constante, la pression sociale qui les pousse à toujours rechercher plus d'argent.

Et si "Divines" nous prend ainsi aux tripes, c'est parce que le parti pris de la réalisatrice ne peut nous laisser sur le bord de la route. Film sincère et poignant, "Divines" nous emmène dans un tourbillon dont on ne ressort pas indemne. On comprend mieux pourquoi le film a obtenu le prix de "La caméra d'or" durant le dernier Festival de Cannes.

Grégory Curot

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