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Dans la ligne de mire : Les parures transgressives d'Erik Halley aux Arts Deco

La vision décalée de l'artiste/designer Erik Halley fait sensation à travers l'exposition du Musée des Arts Décoratifs « Dans La Ligne de Mire ». Pour faire naître des bijoux, des parures de corps ou des ornements de tête, il utilise des matériaux organiques comme synthétiques. Erik Halley affirme une esthétique sophistiquée où la transgression se met au service de la beauté.

Depuis 1994, son travail est remarqué par la haute couture, il collaborera avec Alexander McQueen, Chalayan, Karl Lagefeld chez Chanel, Givenchy, Yohji Yamamoto et Thierry Mugler. Motivé par les plus grands et soutenu depuis toujours par Nadia Swarovski, Erik Halley expérimente et repousse les limites de ses créations. Il décline son talent pour les montres Piaget, tout autant que pour Beyoncé, David Bowie, Beth Ditto ou Madonna pour laquelle il élabore une série de masques futuristes "Weareable Art" inspirés des gargouilles dans un esprit glam'rock.

Parmi tes créations, des masques volumineux spectaculaires ?

Il y a trois quatre ans Marc et Emmanuel de la Club Sandwich voulaient porter quelque chose de spécial. Je les ai emmenés faire l'empreinte de leur visage pour réaliser un masque. Les gens ont vu cela et on a commencé à m'appeler pour m'en commander un, puis deux, j'ai eu des commandes dans tous les sens. Pour moi, c'est important, car j'ai plein de choses à raconter avec le masque. Une fois qu'on porte un masque on est quelqu'un d'autre, on se planque derrière. Déjà, lors la prise d'empreinte c'est très particulier : on te couvre avec une matière contenue avec des bandes, il faut rester zen pendant 20 minutes pendant lesquelles tout le visage est recouvert. On fait un moulage dans différentes matières : PVC, toiles a chapeau, dentelle, la base est raide car on fixe pas mal de choses dessus : ailes, cornes, strass, cuir.

C'est confortable ?

Oui, comme c'est fait sur mesure, le masque épouse complètement les volumes de ton visage tu peux le porter toute la nuit...toute la journée si tu veux.

C'est plutôt à usage noctambule ?

Oui, bien sûr, mais les gens me les demandent de plus en plus en décoration. Comme je fais beaucoup de tête d'animaux, maintenant, je fabrique des socles comme ceux qui servent à accrocher les massacres. Ainsi on peut porter le masque, ou l'accrocher.

La couleur de ces masques ?

Pour l'expo, j'ai une salle avec des mouvements d'ailes d'oiseaux qui sortent de la tête et cela c'est tout en plumes noires. Dans une autre salle, il y a les versions blanches des gargouilles que j'avais fait pour la tournée de Madonna.

Madonna connaissaient déjà tes masques?

Ils avaient utilisé un de mes masques pour le super Bowl. Pour la tournée La styliste de Madonna, Ariane Philips, m'a appelé me demandant s'il y avait de nouvelles choses, j'ai envoyé des photos. Ils m'ont commandé quatre masques-gargouille pour l'ouverture du show j'ai donc fait 4 dessins validés par Madonna pour lesquels j'avais repris l'esthétique des les avions et bateaux furtifs, un côté facetté très futuriste mélangé à un côté un peu gothique strassé dans des couleurs sombres. Ces masques étaient destinés aux danseurs, donc, dans des matières comme le PVC.. On a fait deux séries de quatre gargouilles. Ensuite le Vogue m'a demandé un masque lapin qui a eu beaucoup de succès. Depuis le premier en cristal blanc, j'ai du en refaire sept différents en cuir, cristal et fourrure.
Pour l'exposition, j'ai refait les gargouilles mais laquées blanc mat avec des cristaux blanc.
On m'a réservé aussi une grande vitrine avec des pièces d'époques différentes : les chapeaux chaussures que j'avais fait pour mon expo en 98 chez Colette, une expo sur la rencontre entre Dali et Schiaparelli pour laquelle j'avais réalisé mon premier homard en cristaux, la coiffe avec la langouste. J'avais demandé à tous les chausseurs de Paris de me donner une paire de leur chaussure avec laquelle j'avais fait des chapeaux. Christian Louboutin m'avait donné aussi uniquement ses fameuses semelles rouges avec lesquelles j'ai fait un triptyque de trois chapeaux différent. La semelle se terminant avec le talon fondu qui pointe vers le haut pour évoquer la rencontre Dali-Schiaparelli. J'en ai réédité 5 pièces pour l'exposition.
On pourra voir aussi mes bibis- squelette de chat, squelette d'oiseau, et une espèce de grenouille dorée à la feuille.
Egalement un corset - de corset armure en cote de maille, une recherche faite pour l'arrivée de Manish Arora chez Paco Rabanne.

Différents styles : du gothique au futurisme articulé.

C'est vrai, il y a un mélange de moderne (le coté très géométrique très calculé) et de gothique dans l'expo. J'aime aussi l'esprit victorien très ornemental.

Le mot gothique peut prêter à confusion.

Ce n'est pas celui des ados habillés en noir, avec les cheveux longs et du rouge à lèvres noir. Pour moi, la beauté du gothique, c'est l'architecture et la croyance qu'il y a derrière. Être amené a faire des cathédrales aussi immenses et sublimes juste au nom d'une croyance, c'est dément ! Et puis ces cathédrales sont devenues des bases de l'architecture, les premiers "gratte ciel".

Tu présentes aussi des bijoux plus traditionnels

Je continue à faire des séries de bijoux plus commerciaux des bracelets dans l'esprit "Accumulation", simples élégants et commerciaux. J'en ai d'abord offert trois, puis on m'en a commandé quinze et là, je vais lancer un petite boutique en ligne, en éditer quarante à cinquante. En dehors de cela, je travaille plutôt comme consultant pour des maisons, soit pour des tendance, des recherches, ou la réalisation de prototypes.
Au niveau créatif, les maisons sont très intéressées par les directions que je prends, la façon dont je vois les choses.

Tu carrière a commencé avec des bijoux en plumes en 1994. Parle-nous de la cape de plumes dorées réalisée pour la montée des marches de Laetitia Casta au festival de Cannes 2013.

J'avais déjà fait pour elle le bijou de corps qu'elle portait lors d'une cérémonie des César, sur une robe vintage Yves Saint Laurent noire transparente. Pour Cannes, Catherine Baba, qui s'occupe d'elle depuis un petit moment, cherchait une tenue en accord avec une soirée en hommage au cinéma surréaliste. Elle avait besoin de porter sur sa robe quelque chose qui rappelle cet esprit-là. C'est une cape à la structure impalpable, montée sur un tulle invisible, avec des plumes dorées d'une dorure particulière. Comme on ne peut pas peindre les plumes, on a cherché des dorures très techniques légères et brillantes. Après l'avoir portée à Cannes, Laetitia l'a accrochée chez elle.

Tu trouves ton équilibre entre les créations de jolis bijoux rock et les créations fantasmagoriques?

En plus je ne fais pas que cela. Je fais de la recherche en flaconnage de parfum, un peu de design, Dans ce que je réalise, il y a un côté plus artistique et design qu'uniquement mode, même si les trois sont liés. Ces milieux débordent les uns sur les autres, et ce qui est intéressant.

Propos recueillis par Paquita Paquin

EXPOSITION DANS LA LIGNE DE MIRE
du 20 septembre 2013 au 2 mars 2014
Musée des Arts décoratifs
107, rue de Rivoli 75001 Paris
Tél. accueil : 01 44 55 57 50

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