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Dans la boîte à bijoux de Laetitia Cohen Skalli, créatrice de Redline

Ce qui est caractéristique des jeunes créatrices, c'est qu'elles ne s'enferment pas dans les carcans de la joaillerie traditionnelle. Une manière très efficace de faire évoluer les techniques et de lancer de nouvelles tendances. Laetitia Cohen Skalli incarne parfaitement cette nouvelle génération. En ajoutant un diamant sur le fil rouge de Jérusalem, elle a créé un véritable "it-bijou", à la fois précieux, accessible et discret. Aujourd'hui, Sarah Jessica Parker, Sharon Stone ou encore Eva Herzigova affichent ses bracelets autour du poignet. La jeune créatrice nous a reçu dans son atelier parisien et a accepté de revenir sur son parcours, ses inspirations et de nous dévoiler ses trésors de famille.

 

Comment as-tu commencé à créer des bijoux ?

Quand j'étais petite, je faisais des petits bracelets brésiliens, j'adorais tout ce qui relevait des travaux manuels de manière générale. Pour mes études, j'ai fait un Master en design et communication visuelle, et lors de ma dernière année il fallait trouver un sujet d'examen à développer. Je suis allée à Jérusalem cette année là, et j'ai remarqué que tout le monde portait le fameux petit fil rouge. Je travaillais aussi parallèlement dans une agence de communication dans l'univers du show-business, je faisais des posters et des affiches avec des photos de célébrités dont certaines portaient justement ce fil autour du poignet. Il fallait souvent que je retouche les photos pour l'enlever, car ce n'étais pas toujours très esthétique, et c'était assez mal vu à ce moment là. Pour mon Master, j'ai proposé plusieurs sujets, dont un qui me tenait particulièrement à coeur, soit le lancement d'une marque de bijoux avec le concept du fil rouge. L'idée était d'en faire un accessoire précieux et porte-bonheur, en lui associant un petit diamant et un fermoir pour le mettre et l'enlever comme on veut. A ce moment là, il a fallu développer un fil d'une très grande qualité, quasiment incassable, pour que le diamant tienne. Pendant un an, j'ai travaillé sur le projet, précisant les aspects techniques, dessinant les bijoux, ou encore définissant l'univers graphique. Au moment de présenter mon projet devant le jury, tout le monde a adoré sans exception ! J'ai donc ensuite décidé de lancer ma marque. Tout s'est fait très vite ! Dès le lendemain, j'ai contacté des acheteurs de grands magasins, j'y suis allée au culot pour présenter mon projet, ils ont été aussi très enthousiastes, le Printemps m'a même demandé l'exclusivité ! Au début cela a été compliqué, je n'avais aucun problème pour le côté créatif, mais côté business, c'était plus compliqué. Je ne savais pas vraiment comment m'y prendre. Très rapidement, ma mère est venue prendre en main cet aspect là. Elle s'occupe aujourd'hui de toute la gestion et la fabrication des bijoux. Et moi, je me concentre sur la stratégie et la création. Mon frère nous a également rejoint par la suite.

 

Beaucoup de jeunes créatrices se sont lancées ces dernières années. Comment perçois-tu ce monde devenu aujourd'hui très concurrentiel ?

Quand je suis arrivée, il n'y avait personne dans mon créneau. Associer un fil et un diamant, cela n'était pas franchement bien vu des grands joailliers. Mais après le succès de mes bijoux dans les grands magasins, beaucoup de jeunes créateurs se sont lancés aussi. Je me dis que la concurrence fait vivre ! Mais je crois qu'il faut faire attention à ne pas trop tomber dans le côté fantaisie et être novateur pour faire la différence. J'essaie de ne pas regarder ce qui se fait, aussi bien dans les vitrines des boutiques que dans les magazines, pour ne pas me laisser influencer. Il y a quelques mois, j'ai collaboré avec Franck Provost, et j'ai créé des bijoux de cheveux. C'était dans la tendance, mais le fait de le réaliser dans le domaine de la joaillerie était novateur. Ce n'est pas toujours évident de trouver la bonne idée qui fera la différence. Mais J'ai d'autres projets en cours toujours dans cet esprit.

 

Comment travailles-tu pour élaborer une collection ?

 

Je n'ai pas de périodes où je crée particulièrement, même si je dois absolument proposer des nouveautés deux fois par an. C'est vraiment au quotidien. Je dessine mes bijoux presque exclusivement sur l'ordinateur, ensuite on crée des moules, puis on fabrique tout en interne, et c'est ma mère qui supervise cela. On aurait pu sous-traiter, cela aurait été plus simple, mais on aurait perdu en qualité. Je veux que mes bijoux soient irréprochables et d'une grande qualité. Si l'on compare les diamants que j'utilise avec ceux que l'on trouve Place Vendôme, ce sont les mêmes. Les fils que l'on utilise résistent à 80 kg, ils sont quasiment incassables et garantis. Nos clientes peuvent revenir le faire changer des années après avoir acheté le bijoux, ou même juste changer la couleur. On peut aussi transformer un bracelet en collier, partir d'un diamant sur un fil pour en faire un bracelet tout en chaîne, tout est possible. L'idée est vraiment de démocratiser le diamant, et de le garder toute sa vie. On fait également une ligne de bijoux pour bébés, et il y a des clientes qui reviennent tous les ans pour faire agrandir le bracelet ou changer la couleur ! J'ai d'ailleurs étudié la symbolique des couleurs, pour proposer à mes clientes quelque chose qui leur corresponde. Par exemple, le rouge pour l'amour et la protection, bleu pour la sérénité, noir pour l'élégance, rose pour la fantaisie...

 

Peux-tu justement nous parler un peu de ce que le fil rouge représente ?

Je me suis rendue compte que l'histoire la plus ancienne avec ce fil rouge est celle d'une femme qui s'appelait Rachel et qui n'arrivait pas à avoir d'enfants. Elle est morte le jour où elle a donné naissance à un petit garçon. Comme elle était très sainte, elle a été enterrée dans un endroit bien spécial, et sa tombe a été entourée de fil rouge. Les gens ont ensuite commencé à se rendre sur sa tombe pour faire un voeu, souvent en rapport avec la fertilité, et ont pris l'habitude de prendre un petit bout de fil rouge pour porter bonheur. Mais on trouve des bracelets en fil au Brésil, en Chine le bracelet rouge est également porte-bonheur, en Inde aussi, au Liban c'est le fil blanc, en Italie pour aller voir le Pape c'est le fil jaune... Il y a pleins d'histoires autour du fil.

 

Quelles sont tes sources d'inspirations ?

J'adore les livres de design, de graphisme, d'architecture, de décoration. Pour moi c'est important de ne pas forcément être entourée uniquement par l'univers de la joaillerie pour créer des choses. J'ai bien évidemment des livres sur les pierres précieuses... Je suis très attirée par l'Asie de manière générale aussi, j'aime la culture, la délicatesse, le soucis du détail et du symbolique que les asiatiques peuvent avoir. Ou sinon, avant de créer un bijou, j'imagine parfois l'affiche publicitaire qui pourrait l'accompagner. Si je vois qu'il y a quelque chose de fort dans cette image, je vais aller plus loin. Pour les 10 ans du magasin Colette, j'ai dû créer un bijou en exclusivité. Je suis partie sur plusieurs pistes, notamment une qui reprenait le bleu, leur couleur, à travers un serti clos avec une topaze... Mais la pièce qui a rencontré le plus de succès était un petit robot pavé diamants.

 

Que trouve-t-on dans ta boîte à bijoux ?

Je ne porte pas beaucoup de bijoux bizarrement. Et d'ailleurs, lorsque j'ai commencé à en créer, j'ai voulu aussi séduire les filles comme moi qui n'en portent pas trop, avec des pièces fines et discrètes. Mais sinon j'adore les bijoux anciens ou très ludiques, improbables même si je ne les porterais pas... J'aime aussi bien les tout petits bijoux que les grosses bagues colorées par exemple, cela dépend du moment. Je ne suis pas fidèle à un style de bijoux en particulier. Je peut être aussi bien attirée par une pièce ancienne que très moderne.

 

Quelle est le bijou que tu préfères ?

Un bijou que j'adore, qui est assez classique, c'est le bracelet qui reprend le symbole de l'infini. Il est serti de deux diamants et existe dans plusieurs ors. Ce qui me plaît, c'est qu'il s'adresse à tout le monde. Cela peut être aussi bien le cadeau d'un amoureux, ou d'un enfant à sa mère. Et il se trouve que j'ai découvert par hasard dans le Harper's Bazaar que Sarah Jessica Parker le porte.

 

Qui pourrait incarner la maison Redline ?

Sarah Jessica Parker justement ! C'était une très belle surprise qu'elle porte l'un de mes bracelets, elle correspond parfaitement à l'image de la femme Redline. J'aime aussi beaucoup Vanessa Paradis ou Charlotte Gainsbourg. Mais beaucoup de femmes très différentes portent mes bijoux, cela va de Claire Chazal à Paris Hilton ! Les hommes aussi commencent à aimer, notamment les bracelets en or noir.

 

Quels sont tes projets, à quoi vont ressembler tes prochaines pièces ?

Je travaille sur des formes un peu plus abstraites. Je reste évidemment dans l'esprit du bijou minimaliste, avec le côté porte-bonheur, mais un peu moins explicite. On a essayé aussi il y a quelques mois les bracelets multifils, pour mixer un peu les couleurs. On souhaite toujours être les plus innovants possibles !

 

Propos recueillis par Mélody Kandyoti


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