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Dans l'enfer de la rue : qui sont ces femmes qui tentent de survivre ?

"Femmes invisibles, survivre dans la rue", ce soir à 20h40 sur France 5.

Rien qu'à Paris, elles sont 7 000 à tenter de survivre dans la rue, passant de squats en foyers, luttant pour s'en sortir et échapper aux agressions. Ces femmes sans domicile fixe sont ces "invisibles", des proies faciles auxquels Claire Lajeunie donne la parole dans "Femmes invisibles, survivre dans la rue", diffusé ce soir sur France 5.

Vous les avez peut-être croisées sur un pas de porte ou aux abords d'une gare. Katya, Martine, Barbara ou Christel font partie de ces femmes qui, pour des raisons diverses et variées, se sont retrouvées à la rue.

En France, 40% des sans-abris sont des femmes (source : Insee). Et pourtant, elles demeurent invisibles ou presque. Se cacheraient-elles ? Pour connaître leurs parcours, leurs déboires et leurs espoirs pour l'avenir, Claire Lajeunie est allée à leur rencontre. Durant cinq mois, cette journaliste a côtoyé des femmes aux trajectoires et d'âge différents, qui se sont d'une façon ou d'une autre retrouvées dehors. Il en ressort un livre, "Sur la route des invisibles" aux éditions Michalon et un documentaire, "Femmes invisibles, survivre dans la rue", diffusé ce soir sur France 5.

Pour Martine, 57 ans, c'est un divorce qui l'a fait plonger. Bientôt dépourvue d'appartement et de travail, elle a atterri sur le trottoir et n'a pas vu ses fils depuis quatre ans. Barbara, 26 ans, a elle été mise dehors à 14 ans par sa mère. Depuis, elle survit tant bien que mal et se drogue pour oublier. D'autres ont fui un compagnon violent.

Des proies faciles

A leurs côtés, Claire Lajeunie a pu se rendre compte combien les femmes sont vulnérables dans la rue. "Elles sont des proies faciles et doivent être sans cesse sur le qui-vive", explique-t-elle aux Inrocks. Pour cela, elles font généralement profil bas, ne se mêlant pas aux groupes et niant bien souvent tout signe de féminité pour "éviter d'avoir des soucis", dixit Myriam, 37 ans.

Dans "J'habite en bas de chez vous" publié en 2007 chez Oh Editions, Brigitte, une ancienne SDF, raconte ses années d'errance. "Tout est pire quand on est une femme dans la rue", a-t-elle confié au Parisien. "Les gars sont encore plus machos que dans la vie ordinaire. Les hommes sont constamment humiliés par le regard des autres, par les flics... Ils cherchent donc à s'affirmer par tous les moyens et si la fille ne se rebelle pas, ils l'écrasent comme une mouche."

Pour survivre, elle a appris à "se faire oublier, se montrer le moins possible". En s'habillant comme un homme, par exemple. D'autres choisissent de ne plus se laver, pour repousser les hommes.

Des solutions pour s'en sortir

Mais toutes n'optent pas pour cette option, s'accrochant autant que permis à leur féminité pour tenter de garder la tête hors de l'eau. Brigitte n'a ainsi pas pu se résoudre à abandonner son maquillage. "En colorant mes yeux, j'avais l'impression de redevenir comme avant."

D'autres, baptisés les "invisibles" par Claire Lajeunie, ne laissent rien percevoir de leur dénuement et cachent même leurs sacs afin qu'on ne puisse pas se douter qu'elles sont sans domicile fixe.

Pour toutes ces femmes, des solutions existent. Il y a le 115, numéro d'urgence donnant accès à des refuges. Souvent pleins, ils offrent un autre défaut, celui de ne pas s'adapter à tous les profils. Au micro d'Europe 1, Agnès Lecordier, à la tête de la fondation Lecordier qui vient en aide aux femmes SDF, explique : "Sont mélangés des gens avec des problèmes psychiatriques, des problèmes d'alcool. Toutes les femmes ne veulent pas aller là-bas. Elles préfèrent rester dans la rue." Sans compter la mixité de ces lieux, qui augmente le risque d'agression.

D'autres lieux existent. Surtout, le travail des assistantes sociales paye, souvent. Ainsi, dans "Femmes invisibles, survivre dans la rue", on découvre Katya, sortie de la rue depuis un an après dix années passées dehors. Ou Martine, qui reçoit les clefs d'un logement rien qu'à elle.

Malika, travailleuse sociale à la Halte, centre d'accueil de jour, confirme au Point : "Quand une femme possède toutes ses capacités mentales et qu'elle a ses papiers, elle peut s'en sortir. Beaucoup trouvent du travail comme auxiliaires de vie ou décrochent des formations. La réinsertion, c'est possible."

Reste sans doute à donner plus de moyens à ces structures qui leur viennent en aide pour les reloger et décrocher un emploi, la clef pour s'en sortir.

"Femmes invisibles, survivre dans la rue", ce soir à 20h40 sur France 5.

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