Accueil
Mode
Accessoires
Chaussure
Lingerie
Maillot de bain
Morpho
Street Style
Fashion week
Sélection
Beauté
Maquillage
Manucure
Soins
Bien-être
Coiffure
Vernis
Rouge à lèvres
Frange
Balayage
Lissage
Brushing
Coloration
Coiffure afro
Tous les dossiers
Joaillerie
Horlogerie
Mariage
Coiffure de mariage
Maquillage de mariage
Célébrités
1 Star, 1 Style
Copier le look !
Match de look

Danish Girl : poignant et vibrant malgré ses maladresses

"The Danish Girl" retrace l'histoire de Lili Elbe, née Einar Wegener, artiste danoise connue comme la première personne a avoir eu recours une chirurgie de réattribution sexuelle dans les années 30. Un film centré sur la relation qui a uni Lili Elbe à sa femme Gerda Wegener qui l'a accompagnée durant toute la durée de sa transition. Retour sur une oeuvre sensible et poignante. 

Alors que l'année 2015 a vibré pour la transition de Caitlyn Jenner, née Bruce Jenner, David Ebershoff révélait dès le début des années 2000 l'histoire de Lili Elbe, première femme transgenre, dans son livre "The Danish Girl". Oeuvre récompensée par un Lammys, prix littéraire américain pour des oeuvres qui ont trait à la cause LGBT.

En 2016, c'est Tom Hooper ("Le discours d'un roi", 2010 ; "Les misérables", 2012) qui décide d'en faire un film, au titre éponyme. Entre sensibilité et maladresse, verdict sur ce biopic risqué.

L'histoire d'un amour indéfectible

On reconnait dans l'entreprise du réalisateur Tom Hooper une certaine noblesse, tandis qu'il met en lumière une femme, Lili Elbe, bien trop méconnue du grand public. 100 ans plus tard, il était plus que temps qu'on en fasse le portrait à Hollywood.

Il semble que 2016 ait été un choix des plus fins de la part du réalisateur qui se greffe à l'actualité et apporte sa pierre à l'édifice en donnant de la visibilité à la communauté LGBT et plus particulièrement la communauté trans. Cette dernière qui s'identifie aujourd'hui à des figures contemporaines ne manquera pas de s'émouvoir en même temps que d'admirer le parcours de cette pionnière du mouvement trans.

C'est aussi le statut de la femme et le sexisme dont elles sont victimes qui est pointé du doigt tandis qu'on plante le décor de "The Danish Girl" au milieu des années 20. Einar Wegener est un peintre paysagiste estimé, tandis que Gerda, son épouse, portraitiste mondaine a du mal à se faire connaître. Tandis que Gerda doit terminer un portrait, elle demande à son mari d'enfiler une robe et poser à la place de sa cliente. De là, Lili se révèlera tandis qu'Einar comprend qu'il est lui-même lorsqu'il est elle. Gerda qui est troublée face à Lili en fera pourtant sa muse, même si cela veut dire qu'elle perd, en quelque sorte son mari. Vite désapprouvé par la société, le couple quitte le Danemark pour Paris où une vie plus permissive les attend.

Tandis que la carrière de Gerda prend de l'essor, Lili est de plus en plus présente et si le couple traverse des moments de remise en questions difficiles, le soutien de l'épouse est indéfectible.

"On ne pourra rien reprocher à l'esthétique que Tom Hooper donne à son film. Il en fait un film de "sensations", de la caresse d'une main sur un tissu à la chair de poule qui se forme sur la peau, filmés en gros plan"

"The Danish Girl" est centré sur l'histoire d'amour qui unit l'artiste Einar Wegener et Gerda. Cette dernière l'accompagnera et soutiendra Lili dans sa transition, alors que les risques sont nombreux en 1930 concernant la chirurgie de réattribution sexuelle qui n'est qu'à l'étape d'expérimentation à l'époque. C'est l'union et l'amour de ce couple qui traversera les épreuves et les censures qui est puissant.

On ne pourra rien reprocher à l'esthétique que Tom Hooper donne à son film. Il en fait un film de "sensations", de la caresse d'une main sur un tissu à la chair de poule qui se forme sur la peau, filmés en gros plan. Tout comme les costumes d'époque à couper le souffle et une musique qui transporte et se calque aux émotions.

On trouvera cependant un côté très "lissé" à cette réalisation qui manque parfois de décrire le parcours de Lili Elbe et s'épanche un peu trop sur sa relation avec Gerda Wegener. Comme si la première ne pouvait avoir sa propre individualité.

De plus, le film qui tente de retracer la "transition" d'Einar Wegener ne fait qu'en effleurer chaque étape sans pour autant approfondir, de peur, sans doute, de perdre le grand public.

Un hic dans le casting ?

Malgré certaines maladresses de Tom Hooper, les acteurs qu'il choisit pour "Danish Girl" se sentent investis d'une mission vers la communauté LGBT. Tandis qu'Amber Heard la voit comme une "héroïne", Alicia Vikander se sent "très fière de raconter cette histoire à une époque où les gens peuvent prendre fait et cause pour le mouvement LGBT". Quant à Eddie Redmayne, récompensé par l'Oscar du meilleur acteur en 2015 pour "Une merveilleuse histoire du temps", et qui tient le rôle de Einar Wegener devenu Lili Elbe il s'est mis un point d'honneur à "aller à la rencontre de la communauté trans, écouter leur histoire, leurs luttes, la réalité de leur vie". Mais cela suffit-il ?

En effet, la film s'entoure de polémique tandis que certains s'offusquent du choix d'un acteur cisgenre* pour le rôle d'une femme transgenre.

On peut comprendre le choix d'Eddie Redmayne, ne serait-ce qu'à des fins promotionnelles. Ce dernier a fait ses preuves en ce qui concerne les rôles de "transformation" lorsqu'il a interprété Stephen Hawking dans "Une merveilleuse histoire du temps".

Le Britannique sert une prestation impeccable et bluffante qui touchera certainement quelques réfractaires à voir un acteur cisgenre prendre le rôle de Lili Elbe. Chaque geste, chaque respiration est finement étudié, sans pour autant qu'on ne décèle aucun effort derrière. La prestation d'Eddie Redmayne crie la sensibilité en même temps qu'une élégance propre à l'acteur. A ses côtés et loin d'être effacée, se tient Alicia Vikander vibrante d'émotion dans un rôle de femme puissante et qui fait face aux tempêtes. Le duo fonctionne à merveille.

Malgré tout, le choix d'une actrice transgenre aurait donné une symbolique plus forte encore au film. Si on connait bien les limites d'Hollywood, ne serait-ce que pour son sexisme assumé, le coup d'audace d'un tel choix aurait pu chambouler les carcans de l'industrie.

H. F-G

"Danish Girl", dans les salles le 20 janvier 2016.

*cisgenre : la perception du genre d'une personne par elle-même correspond au sexe qui lui a été attribué à la naissance.

À ne pas rater