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Colin Firth, Magic in the Moonlight : "J'adore jouer les antipathiques"

S'il y a bien deux acteurs anglais qui font craquer ces dames et qui s'imposent parmi les plus cultes, c'est Hugh Grant et Colin Firth. A défaut d'avoir réussi à rencontrer le premier, nous avons eu la possibilité de passer plusieurs minutes avec Sir Firth, venu à Paris présenter "Magic In The Moonlight".

Colin Firth a absolument tout d'un Anglais charismatique : il est grand, pour ne pas dire très grand. Il est incroyablement élégant et élancé. Et quand il nous fixe avec son regard charmeur, on a l'impression de retourner dans nos années collèges, à rougir avec la même naïveté que lorsque le plus beau de l'école nous saluait. Imaginez donc 30 minutes face à cet incroyable acteur, heureux de nous parler de son nouveau film "Magic In The Moonlight"... réalisé par Monsieur Woody Allen. Rencontre.

Synopsis du film : Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu'il s'agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford (Colin Firth) : cet Anglais arrogant et grognon ne supporte pas les soi-disant médiums qui pensent pouvoir prédire l'avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan, Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d'Azur et se fait passer pour un homme d'affaires dans le but de démasquer la jeune et ravissante Sophie Baker (Emma Stone), une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère.

On parle beaucoup de la façon de travailler de Woody Allen, notamment ce qui concerne son nombre de prises ou la façon dont il se comporte avec les acteurs. Vous avez tourné avec de nombreux réalisateurs, pouvez-vous nous dire s'il y a vraiment une différence ?

Oui, il y a quelque chose de particulier dans sa façon de faire. Mais tous les réalisateurs sont très différents. J'ai travaillé avec de bons réalisateurs qui ne parlent pas du tout. Et d'autres qui parlent énormément. Et aussi de mauvais réalisateurs, qui ne disent rien (rires). Woody a déjà prouvé qu'il est un metteur en scène extraordinaire et c'est un vrai auteur, car il est le scénariste de ses films. Et j'ai l'impression que, quand on arrive sur le plateau, une grande partie de son travail a déjà été fait. Et très clairement, il nous donne l'impression que le reste, c'est à nous de le faire. Je pense que son idée est d'intervenir uniquement lorsque c'est absolument nécessaire. Pas de conversations, pas de blagues, pas de dîners ensemble... La première chose qu'on entend de lui c'est : "action !". Mais s'il y a un problème, il interviendra en profondeur. Certains affirment que Woody ne réalise pas vraiment ses films, mais c'est faux. S'il a besoin et s'il doit dire quelque chose, il interrompt et explique avec beaucoup de détails, il est très précis. Et si jamais, il est content de ce que vous venez de faire, on entend simplement l'équipe qui remballe le matériel !

Quand Woody Allen vous veut dans son film, comment ça se passe ? Comment se fait le contact ou la rencontre ?

J'ai entendu dire par mon agent qu'il avait demandé si j'étais libre prochainement. A ce moment-là, j'étais dans ma maison en Italie et j'ai reçu un coup de fil me disant que quelqu'un avait pris sa voiture depuis Rome pour m'apporter le scénario. Et cette personne a attendu chez moi, pendant que je lisais le script parce que je devais le rendre une fois lu... C'était gênant car je ne suis pas un lecteur très rapide (rires) ! Le lendemain, mon agent m'a appelé pour savoir si c'était oui ou non. En principe, j'aime prendre quelques jours pour réfléchir mais là, c'était Woody Allen... Difficile de lui dire non. Même si bon, selon lui, j'étais visiblement parfait pour jouer un homme pompeux et méprisant !

Il est vrai que votre personnage est assez détestable, à l'image d'un "misanthrope" comme celui de Molière. Est-ce une double gourmandise d'accepter un rôle à contre-emploi ?

Je pense que Molière est effectivement un bon exemple pour la comédie en général puisqu'il y a toujours un personnage qui a un défaut humain très fort. Que ce soit "l'Avare" ou "Tartuffe", ils sont aveuglés par quelque chose. Dans sa poétique, Aristote parle de la tragédie comme étant un genre où l'homme est toujours grandi, alors que dans la comédie, l'homme est toujours rapetissé. Et l'une des règles de la comédie est que le protagoniste doit rester le même tout le long du film. Stanley, mon personnage, est aveuglé par ses défauts comme dans ces grands modèles de comédies. C'est très amusant de jouer quelqu'un d'antipathique, on vit dans un monde où on fait le maximum pour être courtois, sociable - à moins d'être sociopathe - donc c'est très plaisant et libératoire d'être méchant.

"Magic in the Moonlight" tourne autour de la magie et du spiritisme. Quel rapport avez-vous avec ces domaines ?

La magie est avant tout quelque chose qui dépend de la façon dont on est ouvert et prêt à se laisser enchanter ou pas. La science est plus rationnelle, mais on doit aussi être ouvert pour la comprendre et y être sensible. Quand j'étais plus jeune, je trouvais les sciences spécialement ennuyeuses, mais aujourd'hui en aidant mes enfants à faire ses leurs devoirs je trouve des aspects magiques à ces disciplines plus cartésiennes. La magie ne doit pas forcément être surnaturelle. Quand je prends un télescope et que je regarde ce qu'il se passe dans l'univers, je trouve déjà ça absolument magique, c'est pourtant de la science. Et pour le spiritisme, je dirais que je n'ai pas de relation très proche avec les esprits...

"Magic in the Moonlight" est également une histoire d'amour. Un sujet que l'on retrouve dans plusieurs de vos films. Qu'aimez-vous particulièrement dans ce type d'histoires ?

Je ne suis pas vraiment fan de ce genre de films. J'ai accepté ce rôle parce que c'était une chance de tourner avec Woody Allen mais ce n'est pas le genre du film qui m'a convaincu. Je trouve les comédies très difficiles. Tout le monde pense ça. Et Woody est peut-être, voire probablement, le plus grand auteur de comédies aujourd'hui, j'ai donc voulu saisir l'occasion de travailler avec le maître du genre. Je suis assez intéressé par son propos concernant le but de la comédie : il pense très profondément que la vie n'a pas de sens. Que nous sommes là pour peu de temps, qu'un jour on partira tous et que ça sera terminé. Puis il y aura d'autres gens et ils partiront à nouveau. Face à ça, on a le choix : on déprime ou on se divertit et on pense à autre chose ! C'est une philosophie noire qui ressort de son travail. En 90 mn, il nous libère de ça et nous envoie ailleurs. Ce film parle d'un homme à la recherche de la magie, car il veut quelque chose de magique dans sa vie. Et finalement, il se retrouve face à la magie des sentiments et il ne pourra pas s'en sortir.

Justement, votre personnage affirme que "le bonheur n'est pas forcément l'état naturel de l'homme", vous le pensez aussi ?

Je crois que si je devais vraiment répondre à cette question ça serait long et ennuyeux, j'espère que vous avez l'après-midi devant vous. Je n'ai pas assez de sagesse pour répondre correctement à cette question. Je me demande parfois s'il n'y a pas des gens qui sont programmé pour être heureux et d'autres qui le sont pour être dépressifs. Et je pense qu'une fois qu'on est programmé d'une façon ou d'une autre, la philosophie ne peut pas faire grand-chose pour vous !

Propos recueillis par Aurélia Baranes.

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