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Chirurgie esthétique sans tabou : les réponses décomplexées d'un chirurgien

Un chirurgien esthétique a répondu à nos questions. Sans tabou.
Un chirurgien esthétique a répondu à nos questions. Sans tabou.

La chirurgie esthétique est entrée dans les mœurs, ou presque. Grâce à quelle intervention peut-on avoir une poitrine de rêve ? Comment bien choisir son chirurgien ? Quelles sont les nouvelles tendances en matière de chirurgie ? Nous avons déjà fait le tour de ces thématiques devenues somme toute assez banales. Pour aller plus loin, Puretrend a posé une quinzaine de questions aux thématiques variées à un chirurgien esthétique qui met la communication avec ses patient(e)s au centre de ses préoccupations. Il a accepté de nous répondre sans tabou.

Puretrend : Quelle est la demande la plus récurrente en matière de chirurgie esthétique ? L'intervention que vous pratiquez le plus ?

Dr F : En première position, la mammoplastie. Vient ensuite la liposuccion et enfin, la chirurgie des paupières.

PT : Tout chirurgien esthétique peut refuser de pratiquer une intervention ou de répondre à la requête d'un(e) patient(e). Quels types d'intervention ou de patient(e) avez-vous déjà refusé ?

Dr F : J'ai déjà refusé des patient(e)s obèses refusant une prise en charge diététique préalable. Il m'arrive également de refuser des patient(e)s pour lesquel(le)s je ne me sens pas capable d'atteindre les objectifs souhaités [...]. Enfin, je m'autorise à ne pas opérer les personnes ne sachant pas exprimer clairement ce qu'elles souhaitent.

PT : Quelle est la part d'homme dans votre patientèle ? Est-elle en augmentation ?

Dr F: Environ 5% de mes patients sont des hommes. Cette proportion est en légère augmentation.

PT : Entre nous, reprendre des kilos et gâcher les effets de sa liposuccion... Est-ce fréquent ? Est-il dur de conserver les effets d'une intervention ayant pour but l'amincissement de la silhouette ?

Dr F : Non, si la patiente a un poids stable : d'où l'intérêt de sélectionner les bonnes patientes, et d'orienter les autres vers une diététicienne. Je déconseille formellement de faire un régime avant l'opération : le risque de rebond est majeur. Je préfère opérer quelqu'un en surpoids stable, plutôt qu'une personne au poids normalisé grâce à un régime qu'elle ne pourra pas continuer à vie !

 

Tendances

PT : Ces derniers mois, de nombreuses stars ont fait retirer leurs implants mammaires. La mode est-elle vraiment à un bonnet plus petit qu'auparavant ?

Dr F : Pas où j'exerce en tout cas. Mais la bonne question est : avaient-elles des implants adaptés à leur physionomie et bien intégrés sur le plan psychologique ? Encore une fois, il est essentiel de connaître les motivations de la patiente, et de préférer des augmentations proportionnées. Je privilégie toujours le long terme (les gros implants abiment les seins en étirant la peau).

PT : On parle de plus en plus de la chirurgie esthétique vulvaire, pour rectifier la physionomie du sexe de la femme. La demande augmente-t-elle significativement ?

Dr F : Oui, c'est effectivement une demande que l'on me fait de plus en plus souvent.

PT : Le développement et la popularisation de la médecine esthétique (injections, peeling...) permettront-ils dans quelques années de s'offrir un petit coup de jeune comme on s'offre aujourd'hui une manucure ?

Dr F : Oui pour le peeling, non pour les injections : elles restent plus intrusives (il y a toujours des risques de bleus avec cette technique).

Complications et risques

PT : Vous n'hésitez pas à publier sur votre site internet un article au sujet des complications post-opératoires et/ou des cicatrisations problématiques potentielles. Aujourd'hui, quelle est le pourcentage de complications auxquelles vous devez faire face, pour un nombre donné d'intervention (grosso modo) ?

Dr F : Il y a environ un cas avec complication sur cinq. Toutes interventions et toutes gravités confondues. La plupart sont bénignes ou n'ont aucun retentissement esthétique (ecchymoses étendues, anémie, nausées liées à un médicament). Les autres sont récupérées par une prise en charge adaptée, ou une retouche. Aucune n'a donné lieu à une plainte.

PT : Les gens sont attirés par les interventions à l'étranger qui coûtent souvent moins cher qu'en France. Se faire opérer à l'étranger, quel est votre avis sur la question ?

Dr F : C'est bien pour celui ou celle qui recherche le prix le plus bas. L'avantage du soleil est très théorique : on n'est pas très en forme après une anesthésie générale et une intervention chirurgicale. En ce qui me concerne, je me positionne sur des soins "haut de gamme", c'est à dire : techniques efficaces et sûres, soins attentifs, suivi rapproché, prise en charge humaine de la patiente. Les complications sont fréquentes et on ne peut bien les gérer qu'avec une certaine proximité avec le patient !

PT : Les gens qui envisagent de se faire opérer craignent souvent la douleur. Quelle est l'intervention la plus douloureuse ?

Dr F : La liposuccion.

Et la santé dans tout ça ?

PT : Mammoplastie et allaitement sont-ils toujours incompatibles ?

Dr F : Pour les femmes qui ont subi une réduction mammaire, l'allaitement est souvent incompatible. Cela dépend de l'importance de l'hypertrophie d'origine et de la technique réalisée sur la patiente. Pour les femmes qui ont subi une augmentation mammaire : l'allaitement est toujours compatible.

PT : Cette année, de nombreuses célébrités ont créé la polémique en se montrant le visage déformé par un excès de chirurgie ou des interventions trop rapprochées (Donatella Versace, Renée Zellweger, Portia De Rossi...). A quel moment un patient tombe-t-il dans l'obsession, la névrose ? Dans de tels cas, quel est le pouvoir, la marge d'action du chirurgien ?

Dr F : Le chirurgien est responsable de ses actes. Il doit être assez fort pour résister à une demande qu'il juge contraire à l'intérêt de la patiente [...]. Mais je ne suis pas sûr que ces femmes se trouvent "ratées". Elles ont consulté des médecins réputé dans le milieu du showbiz, et ont sans doute été recommandées par des amies qui avaient eu les même soins : elles ont donc probablement aimé ce type de résultat...

PT : La chirurgie esthétique reste chère mais il est possible, dans certains cas, de percevoir une aide de la Sécurité Sociale. Dans quels types de cas et comment faire pour obtenir un remboursement ?

Dr F : Dans tous les cas, il faut un accord du médecin de la Sécurité Sociale. La pose d'implants mammaires peut être remboursée si la patiente fait moins d'un bonnet A. Pour une abdominoplastie, la peau du ventre doit recouvrir le pubis. Dans le cas d'une rhinoplastie, il doit y avoir une gêne respiratoire. Pour une opération des paupières supérieures, la vision doit être gênée par la paupière tombante. A noter que la liposuccion, et l'opération des paupières inférieures ne sont jamais remboursées.

PT : Et enfin pour finir : existe-t-il une idée reçue sur la chirurgie esthétique, une remarque récurrente que l'on vous fait à propos de la chirurgie esthétique et à laquelle vous aimeriez répondre une bonne fois pour toute ?

Dr F : Déjà, la musculation ne raffermit pas la peau ! Et ensuite, je voudrais que les gens comprennent que les femmes qui demandent une chirurgie esthétique ne sont pas folles : elles n'ont pas besoin d'une consultation avec un psychologue au préalable. Le chirurgien doit savoir dépister lui-même les patientes qui ne sont pas en phase avec elle-même ou qui pourraient présenter une pathologie psychologique.

Propos recueillis par Amélie Wolf

 

 

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