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Quand la buzzcut provoque (encore) des réactions étranges

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On pourrait penser qu'en 2018, la buzzcut portée par des femmes serait en passe de se normaliser et d'être socialement acceptée. Cette coiffure de plus en plus répandue crée pourtant encore des réactions épidermiques et franchement aberrantes. La preuve avec une anecdote relatée par l'actrice américaine Joey King, qui a été prise pour une malade du cancer dans un avion.

Être une femme et afficher un crane rasé semble toujours causer problèmes à certains. Des petites piqûres de rappel quant au concept de "féminité" et des détails qui lui sont associés (comme le fait d'avoir des cheveux longs, brillants et soyeux), qui restent bien ancrés dans les esprits.

L'histoire rapportée par Joey King (aperçue dans la comédie romantique Netflix "The Kissing Booth" ou encore dans le film de Zach Braff "Le rôle de ma vie") en est la preuve. Elle a ainsi été confrontée à une remarque quelque peu déplacée d'un passager installé à côté d'elle dans un avion.

C'est sur Twitter que l'actrice de 19 ans a relaté l'incident. Elle écrit ainsi : "Je suis dans l'avion et le mec à côté de moi s'est littéralement tourné vers moi avec son téléphone et a pris une photo comme si je n'allais pas le remarquer et a envoyé un texto à sa femme pour l'informer qu'il était assis à côté d'une fille qui a le cancer (juste parce que je suis chauve) et qu'il a peur de 'l'attraper'...CERTAINES PERSONNES SONT VRAIMENT STUPIDES".
Et elle n'a pas tort car rien ne va dans cette intervention. Rien.

De le conclusion hâtive qu'il tire du fait qu'elle soit chauve - chose qui ne serait pas arrivée s'il s'était agi d'un homme - au fait qu'il la croit atteinte d'un cancer, qu'il a quand même peur "d'attraper". D'une part il n'y a aucune honte à être atteinte d'un cancer. D'autre part, cette personne a visiblement besoin d'un cours de science.

Conclusion : le crâne rasé, pour une femme, ça pose encore question et ça n'est pas considéré comme étant "naturel".

La buzzcut, une coupe anti-féminine ?

Si on commence tout juste à envisager le fait que la buzzcut pour les femmes est une coiffure militante (allant à l'encontre des idéaux de beauté stéréotypés), elle reste un grand sujet de débat lorsqu'on aperçoit une actrice l'arborer sur le tapis rouge. Comme toujours, le corps des femmes est scruté et il faut sans cesse justifier le fait qu'une femme porte les cheveux courts voire pas de cheveux du tout.

Ainsi, il est sans cesse précisé dans la presse, que ce soit pour Joey King, Cara Delevingne ou encore Millie Bobby Brown - et bien d'autres stars du grand écran - qu'elles ont adopté cette coupe pour un rôle. Une réaction qui en dit long, comme si le fait de se raser le crâne, pour une femme, n'est pas envisageable autrement, juste par goût. Cette coupe reste liée à l'idée de "sacrifice".

En janvier 2018, c'est la youtubeuse française Gaelle Garcia Diaz qui en parlait très bien. La jeune femme, qui affichait son crâne fraîchement rasé, déclarait alors (avec le franc parler qu'on lui connait bien) : "C'est dingue quand même ce que les cheveux d'un femme peuvent faire polémique. Quand tu te fais une boule à zéro tu as besoin de te justifier, alors que quand tu te fais un petit carré plongeant tout le monde s'en bat-les-c***lles".

Un choix plein de sens pour la vidéaste, qui a décidé de se raser le crâne en soutien à sa belle-soeur, atteinte d'un cancer, mais également pour déconstruire les idées qu'on se fait de la fameuse féminité.

Au moment d'évoquer les questions qui lui sont venues avant de sauter le pas, elle avoue d'ailleurs : "Qu'est-ce que les gens vont penser ? Est-ce qu'on va penser que je suis malade ? Est-ce qu'on va me prendre pour une criminelle ? Est-ce qu'on va me prendre pour une skinhead ? Est-ce que mon mec m'aimera toujours avec cette coupe ?".

Dans cette même vidéo, on note également qu'il y a peu de figures féminines auxquelles elle peut s'identifier et les commentaires qu'elle reçoit sur les réseaux sociaux sont très virulents, comme elle le raconte.

De la même manière que les femmes qui décident de ne plus s'épiler, celles qui adoptent la buzzcut sont violemment attaquées. Ces réactions épidermiques sont bien la preuve qu'il est difficile de toucher aux idées préconçues de féminité et autres constructions sociales. Et qu'il s'agit ni plus ni moins d'un combat quotidien.

Héloïse Famié-Galtier

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