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Arrêtez-moi là : Reda Kateb pris dans les griffes de la justice

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"Arrêtez-moi là" n'est pas un film d'horreur. Et pourtant, on sort de la séance avec un malaise persistant. L'erreur judiciaire existe bel et bien, elle est violente et elle peut nous tomber dessus à tout moment. C'est tout le sel de l'histoire de ce long métrage de Gilles Bannier qui effraie, révolte et pousse à la réflexion quant à l'état de la justice en France...

Samson Cazalet (Reda Kateb) est chauffeur de taxi à Nice et sillonne la Côte d'Azur. Plutôt sympa, agréable et serviable, il est à l'écoute de ses clients. Aussi quand Louise Lablache (Léa Drucker) qu'il a chargée à l'aéroport de Nice pour l'emmener à Grasse lui demande de bien vouloir la suivre car elle manque de monnaie, il accepte. Dans la maison, il demande à se rendre aux toilettes... Sans réelle importance, tous ces évènements sont pourtant le point de départ d'une véritable descente aux enfers. Une horreur à tous les points de vue. Alors qu'il a simplement voulu rendre service à une de ses clientes, Samson se retrouve fermement pris dans un engrenage judiciaire sans pitié. Dès le lendemain matin, la police sonne chez lui et l'amène au commissariat où la succession de faits insignifiants de la veille devient des preuves irréfutables alors que la fille de Louise Lagache a été enlevée et que Samson apparaît comme le coupable idéal.

Tout a de l'importance...

Toutes ces actions sans conséquence : il est rentré dans la maison, il a touché la fenêtre des toilettes, il a pris de l'essence tout en parlant à son chat, il a nettoyé son taxi parce que quelqu'un avait vomi dedans, tout cela mis bout à bout dans la bouche des policiers prend une toute autre signification : il est passé par la fenêtre pour enlever l'enfant, enfant vu par des témoins alors qu'il était à la station-service, il a lavé son taxi afin d'effacer toutes traces... Vu comme cela, les charges qui pèsent contre Samson sont accablantes et la police, certaine de tenir le coupable, va travailler uniquement dans ce sens et uniquement à charge, sans jamais essayer de chercher à savoir si certains événements peuvent être à même de contredire cette version si idéale, cette enchaînement si parfait. Pourquoi changer d'angle de vue alors que celui-ci désigne un coupable tout trouvé ?

Dès lors, malgré ses cris et sa volonté de prouver son innocence, Samson est broyé par une machine judiciaire avide trop forte pour lui et qui ne s'arrête pas une fois qu'elle se met en branle. Finalement, et c'est ce qui est réellement impressionnant dans ce film, c'est que cette mésaventure peut très bien arriver à tout le monde. Chacun peut être pris dans les méandres de la justice dont les crocs se referment si forts sur vous que rien ne peut vous sauver, surtout pas un avocat commis d'office littéralement dépassé par les événements. Résultat, en quelques jours, Samson passe de citoyen lambda à prisonnier et la rapidité avec laquelle se fait la transition fait carrément froid dans le dos, surtout que nous, spectateurs, savons qu'il est innocent. C'est exactement comme si on regardait le même film vu de deux points de vue différents.

Personne n'est à l'abri

Mais, on insiste, le plus difficile, c'est la vitesse à laquelle il est condamné, la violence de la justice qui, persuadée de tenir son coupable, refuse de chercher plus loin, par manque de temps, sz moyens mais surtout d'envie, la descente aux enfers se fait en quelques heures sans avoir aucune possibilité de voir les choses changer. C'est quasiment un film d'horreur auquel on assiste et la sensation que cela pourrait nous arriver demain a du mal à nous quitter à la sortie de la séance... Surtout que le film est certes tiré d'un livre "Arrêtez-moi là" de Iain Levison mais ce dernier s'inspire d'un fait divers réel survenu aux Etats-Unis en 2002 où un homme innocent a été envoyé croupir en prison, accusé à tort d'avoir enlevé une jeune fille... Flippant, vraiment.

Grégory Curot

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