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Armand Hadida, L'Eclaireur du Tranoï : Interview

Armand Hadida
Armand Hadida

"La différence est la moelle épinière du monde". Le fondateur de L'Eclaireur Armand Hadida n'est pas un soumis. Mieux, c'est un leader, un dénicheur de talent qui parle de mode comme de partage. On comprend mieux son investissement au sein du Tranoï, salon de jeunes talents qu'il accompagne depuis 10 ans. Rencontre dans les coulisses de L'Eclaireur au 40 rue de Sévigné.

Quel est votre rôle au sein du Tranoï ?
Je suis public et acteur. On parle aussi de moi en tant que directeur artistique mais je n'aime pas trop ce terme. Le Tranoï, c'est un regroupement de stylistes qui viennent des quatre coins du monde et qui s'adressent à un public donc je fais partie aussi, par chance. Ce qui est important, c'est que tous ces exposants ont besoin d'être vus, compris, acceptés, accompagnés en quelque sorte dans ce monde complexe qui est celui de la distribution, de toutes les branches tentaculaires dans le monde de la mode. Il faut anticiper besoin et stress des exposants. Le langage est très important, il faut qu'il soit toujours positif.

Quel est l'objectif du Tranoï ?
Nous avons eu cette opportunité de reprendre ce petit salon il y a 10 ans. C'était vraiment une petite unité qui commençait à perdre haleine. L'objectif était d'ouvrir ce salon à un public un peu plus large avec une offre un peu plus généreuse. Tranoï en italien veut dire "entre nous". Il y eu cette volonté de garder un esprit famille mais avec une communication beaucoup plus franche, plus professionnelle et une volonté de réussite. Un cocktail qui fait son succès aujourd'hui.

Qu'entendez-vous par "esprit de famille" ?
La famille c'est le collectif, un rapprochement au vu des sensibilités qu'on partage. Nous, on a entretenu cette famille entre le public, les acteurs et les organisateurs. Le triptyque gagnant. C'est ce qui fait la différence avec les autres. Une force qui se traduit par des analyses, critiques, accompagnements, encouragements et remises en question. Tout ce qui est nécessaire pour faire avancer les gens. Le premier commandement de notre activité, c'est la remise en question et la projection sur les années à venir.

Vous êtes toujours dans l'innovation, le futur ?
C'est notre moteur, c'est ça qui nous fait avancer. Ce qui nous fait vibrer.

Avez-vous repéré des créateurs au Tranoï ?
Je pourrai répondre à cette question à la fin du Tranoï, lundi soir. On a souvent des surprises car quand on sélectionne une collection sur un écran d'ordinateur, il y a beaucoup d'absence. De visu c'est autre chose.

Quels sont les critères de sélection ?
On fait en sorte d'avoir des expressions modes qui ne soient pas trop commerciales. Mais il faut aussi que les gens achètent. L'équilibre entre le trop "commerciable" et le pas "commerciable" est énorme. C'est délicat.

Vous êtes un dénicheur de talents ?
Il y a eu de grandes découvertes dans ma vie. Ça a commencé par l'introduction de Prada en France, Dolce & Gabbana, Helmut Lang, la première collection de John Galliano à sa sortie d'école, de Vivienne Westwood... Tout à fait au début, nous avons découvert Tod's que personne ne connaissait... Un des plus grands par rapport à son génie créatif, l'intégrité qu'il a, c'est Carol Christian Poell qu'on a eu le privilège de faire découvrir à des personnalités qui comptent comme Karl Lagerfeld. La liste est longue mais je pense qu'il ne faut pas crier ces talents. C'est une question de partage, il faut laisser le privilège aux personnes qui ont un intérêt pour la mode de la découvrir eux-même. Ensuite seulement, on peut les accompagner et faire l'historique de la marque. Notre clientèle acquise que nous avons gagnée grâce à ces découvertes partagées est la richesse dont nous sommes le plus fiers.

Qu'aimez vous dans la mode ?
J'aime les gens qui se démarquent. La différence est la moelle épinière du monde. Tout a existé à partir du jour où cette main tendue s'est dirigée vers une feuille de figuier pour habiller le premier être humain qui s'appelle Adam. La première expression mode qui a donné le ton. Tout vient d'un noyau central qui est la mode. Je me bats pour qu'elle garde cette noblesse. On veut toujours la déprécier et je suis sur la défense pour lui garder son premier rang.

Un créateur favori ?
Carol Christian Poell. Mon protégé et mon préféré. Il a mon plus profond respect, je continuerai toujours à défendre sa philosophie unique du milieu de la mode.

Vous suivez les Fashion Week ?
Je ne lis aucun magazine de mode, trop polluants, où les annonceurs dictent leur politique. J'aime les insoumis, les journalistes qui ont une liberté de parole, qui ont un besoin de partager leur découverte et leurs avis. Mais ceux qui sont avec un boulet aux pieds me rappellent trop de choses négatives. Vive la presse libre à travers le net. C'est là que demain tout le monde pourra partager ses avis. Ça équilibrera la balance.


Chez L'Eclaireur, on trouve des personnalités pointues comme des personnes qui ont besoin d'être conseillés. Comment fait-on pour réunir les deux ?
L'accompagnement est essentiel. La communication est la colonne vertébrale. Nos vendeurs sont des artistes. Il faut être en mesure de maîtriser son vocabulaire, gagner l'écoute de son public, sa confiance, d'éviter de contourner le mensonge, d'avoir le pouvoir de faire rêver. En évitant les superlatifs. C'est trop facile et ça fait fuir le client. Il faut laisser le superlatif au public.

Votre rêve le plus cher dans 10 ans ?
Arriver à construire et établir la transition. Qu'elle soit dans n'importe quel domaine. Je veux voir mon rêve durer. 32 ans déjà que l'histoire a commencé. C'est un privilège d'être encore partie prenante. C'est un long chemin parcouru. Il faut que ça s'institutionnalise en gardant une certaine fraîcheur. Je n'aime pas le choses trop statiques. L'évolution est essentiel. C'est motivant pour nous et pour notre clientèle.

A 24h de l'ouverture du Tranoï, qu'allez-vous faire aujourd'hui ?
Aujourd'hui est une journée très chargée. Je vais visiter tous les lieux Tranoï. C'est une fourmilière avec des centaines de personnes qui travaillent à construire un château de carte. Des centaines des personnes qui ont besoin de vous. Il faut répondre vite, être efficace. C'est magique, émouvant même de voir cette construction prendre forme.

Tranoï, du 28 septembre au 1er octobre.
Plus d'infos sur www.tranoi.com

Chloé de Trogoff

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