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"La saison des femmes" : le cri de douleur des Indiennes face au patriarcat

"La saison des femmes", en salle ce 20 avril 2016, raconte l'histoire de quatre femmes issues d'une contrée rurale de l'Etat de Gujarat, en Inde, qui vont oser s'opposer aux hommes et aux traditions ancestrales qui les asservissent. Un film puissant et perturbant. 

"La saison des femmes" raconte le destin de quatre femmes guidées par la même détermination : celle de se libérer des traditions patriarcales qui les asservissent. Le film de Leena Yadav qui prend lieu dans une contrée rurale de l'Etat du Gujarat, en Inde, va suivre les vies de quatre femmes, quatre amies aux destins liées pour le pire et le meilleur. Un film puissant qui souhaite dénoncer de manière frontale un patriarcat ancestral.

Des femmes assoiffées de liberté

De son vrai nom "Parched" (ou "Assoiffées), "La saison des femmes" en français est une production bollywoodienne qui raconte bien l'histoire de femmes assoiffées de liberté, d'amour aussi. Il faut dire que dans le village de Rani, Lajjo, Bijili et Janaki quand on est une femme, le bonheur et l'épanouissement personnel semblent proscrits. Cachées derrière leurs saris colorés qui s'agitent au milieu du paysage aux couleurs ocres, on pourrait croire qu'elles s'y conforment, souriantes, mais résignées. Il ne leur faudra pourtant qu'un sursaut pour s'affranchir, dans la douleur, de l'oppression masculine dont elles sont les victimes.

C'est le patchwork de leurs quatre destins qui finissent par se rejoindre de manière inéluctable que tisse la réalisatrice. Ces héroïnes aux caractères bien différents vont faire de leurs histoires leur force. Rani et Lajjo sont meilleures amies. La première mariée de force à 15 ans, forcée d'élever son fils seule et de porter un voile noir pour le reste de sa vie, tandis que la deuxième doit subir les abus d'un mari violent qui l'accuse d'être stérile pour mieux la battre. Janaki, 16 ans, est la belle-fille de Rani, mariée de force au fils de celle-ci. Bijili, elle, est l'image de la femme libre pour ses amies. Pourtant la réalité est tout autre pour cette stripteaseuse forcée de se prostituer, même si elle est la seule à avoir réussi à quitter le village. C'est elle qui sera déclencheur de leur prise de conscience et celle qui leur donnera l'avant-goût de la liberté.

Parler de sexe pour dénoncer la misogynie

Quand leurs vies s'écroulent un peu plus, c'est en se retrouvant ensemble qu'elles puisent la force de continuer. Au milieu du drame et de scènes poignantes, dérangeantes, se glissent des élans de liberté où les quatre héroïnes peuvent s'enfuir, nous entrainant avec elles à travers les contrées sableuses et désertiques.

Des moments volés durant lesquels elles abordent aussi une question taboue : le sexe. La réalisatrice qui est partie à la rencontre de femmes issues de ce milieu rural raconte au Daily News and Analysis sa stupeur lorsqu'elle comprend qu'elles sont nombreuses à ignorer ce qu'est un orgasme. Une preuve de plus, s'il en fallait, que le patriarcat pèse lourd sur les épaules des femmes indiennes. En abordant ce sujet dans son film, elle y voit un moyen de plus de dénoncer la misogynie dans son pays. "La seule solution, c'est de parler du sexe autrement que sous l'angle médical", expliquait-elle dans l'interview.

Le film servi par une catharsis bien rôdée et des héroïnes émouvantes nous emporte et nous rappelle, qu'ailleurs, le féminisme peut être muselé. Tout le long, on rit avec ces femmes comme l'on ressent, jusque dans les tripes, leur détresse presque palpable. Seul bémol, si le film se veut virulent sur une dure réalité en Inde, il ne fait parfois que l'effleurer. Pour finalement aboutir à une fin façon "happy end" qui parait peu plausible et qui passe la pommade.

"La saison des femmes", le 20 avril 2016 au cinéma.
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