Le soir de Noël approche. L'ambiance s'électrise et prend la couleur des souvenirs d'enfance. J'essaie de ne pas faire le bilan de l'année passée, mais plutôt de construire celle qui vient. Je finis de boucler les shooting et les reportages de janvier, j'envoie mes dernières photos et textes.
Je repense aussi à tous ces visages que j'ai photographiés cette année. Des dizaines, des centaines peut-être. Chacun d'eux m'accompagnent et je me souviens de chacun de leurs traits, de leurs postures, de leurs habits.
Le dernier visage que j'ai pris en photo est celui de Lina, c'était hier à Paris, avant que je ne prenne le train. C'est évidement sa silhouette qui a attiré mon attention, cette accumulation de " boudins " qui encadre son visage angélique. C'est une création d'un artiste Roumain me dit-elle. J'aime cette idée de strates empilées comme les anneaux des femmes Padaung, c'est femmes " girafes " du Nord de la Thaïlande.
Cette étrange silhouette très graphique s'accompagne d'un pantalon d'arlequin orange et noir, qui contraste avec la rue et le temps grisâtre.
Je n'ai, hélas, pas le temps de discuter avec elle, un train m'attend, il ne me restera juste d'elle que quelques photos et le souvenir d'une rencontre. Des rencontres comme autant de micro voyages qui font de cette année passée, un voyage continuel.
Texte et photos par James Bort

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