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Les icônes de la mode : Diane Pernet

Figure énigmatique peuplant les premiers rangs des défilés, Diane Pernet intrigue, fascine et amuse le monde de la mode depuis près de 20 ans. Son blog, A Shaded View on Fashion, est une véritable référence pour tous ceux qui s'intéressent de près à l'avant-garde, à l'art et à la création en général. Diane est également co-rédactrice en chef du prestigieux magazine Zoo avec qui elle travaille depuis 2007. Toujours en phase avec l'air du temps, elle lance A Shaded View on Fashion Film Festival, proposant chaque année une série de courts-métrages liés à la mode et dont la prochaine édition sera dévoilée au Centre Pompidou, du 24 au 26 septembre. Véritable tête chercheuse, Pernet déniche les nouveaux talents partout où elle va et utilise Internet et les nouvelles technologies afin de démocratiser son milieu.

Le parcours de Diane est atypique. Américaine de Philadelphie, elle étudie le cinéma et part à New York où les sirènes de la mode lui lancent un appel. Elle crée sa propre collection dans les années 80 et se fait vite remarquer. Mais New York change et beaucoup de ses proches disparaissent, emportés par la drogue et la maladie. Affectée par ces événements et peu inspirée par le nouveau visage de la ville, Diane fait ses valises et s'installe à Paris. Elle se retrouve catapultée dans le 16ème arrondissement et subit un vrai choc. Pas facile de s'intégrer dans les coins rétrécis de la capitale... Il faut dire que ses tenues entièrement noires, ses lèvres rouges, son voile sur ses cheveux dressés et ses lunettes de Lolita choquent les Parisiens.

Aujourd'hui, impossible d'imaginer la mode sans elle. Constante dans un milieu instable, Diane est toujours la même. Il suffit de s'asseoir un moment avec elle pour la sentir douce, chaleureuse et ouverte. Diane Pernet n'est pas une diva et elle sait rire d'elle-même, qualité rare dans ce milieu. Jamais blasée ou méprisante, elle a cet enthousiasme pour la mode qui la rend contagieuse. Dans cette interview exclusive, elle parle de son image, de son arrivée à Paris et de son identité.

 

Est-ce que vous vous considérez comme une excentrique ?

Non, je ne me vois pas du tout comme ça, même si l'on me considère souvent comme tel. Peut-être que je le suis dans le regard de certaines personnes, mais dans ma tête je suis juste moi-même.

Est-ce que la mode vous a donné cette liberté ? Seriez-vous la même dans un autre milieu ?

Non, c'est clair que c'est la mode qui m'a permis tout ça. Quand j'étais designer à New York, j'avais une collaboratrice hongroise qui avait les cheveux violets et portait toujours des fringues insensées. Je l'ai croisée quelques années plus tard dans la rue à Paris et elle avait un carré auburn, un t-shirt blanc et un jean. Elle était costumière sur les films de Gus Van Sant à Los Angeles et je lui ai demandé pourquoi son style avait tant changé. Elle m'a répondu que c'était comme ça là-bas et qu'il fallait avoir l'air de rien. Ce n'est pas une excentrique qui réussirait dans ce milieu.

Votre style n'a pas changé en fait ?

Non. Je crois que mon look actuel s'est développé pendant que j'étais styliste. J'ai arrêté de faire mes collections il y a vingt ans et n'ai jamais changé mon style depuis.

Quelles ont été les premières réactions quand vous êtes venue à Paris ?

On me haïssait. Les gens me regardaient comme si j'avais débarqué de la planète Mars. En plus, je vivais dans le seizième arrondissement où tout le monde avait le même manteau beige. Vous imaginez ? J'étais entourée de bourgeoises en talons plats avec des jupes au genou.

Et qu'est-ce que les gens vous disaient ? Étaient-ils agressifs ?

Oui. J'entendais souvent des commentaires désobligeants sur mon apparence et puis il y avait ces regards qui me jugeaient. J'étais mal à l'aise. J'ai même failli changer de coiffure. (Elle rit). Je suis allée chez ce coiffeur que je connaissais à l'époque et il a refusé de toucher à mes cheveux, en me disant que je lui en voudrais trop par la suite. Quand vous vivez à New York, ça n'a aucune importance. Mais à Paris, les gens me dévisageaient constamment et je ne comprenais pas qu'ils s'autorisent à faire des commentaires. Leur opinion ne m'intéressait pas.

Comment êtes-vous passée du statut d'extraterrestre à celui d'icône ?

(Elle rit). Je ne sais vraiment pas.

Beaucoup d'adolescents vous suivent aussi. On se sent à part à cet âge-là et je me demande s'ils ne s'identifient pas à vous d'une certaine manière ?

Oui, peut-être.

Disons que cela les pousse à être eux-mêmes ?

Alors c'est plutôt bien, non ? On me demande tout le temps quel effet ça fait d'être une icône et je suis incapable de répondre à ça. Je ne me vois pas du tout de cette manière. Je constate juste qu'on me perçoit différemment depuis trois ou quatre ans.

Est-ce que ce serait dû au festival ou alors à votre blog ?

Un peu des deux, sans doute. J'ai commencé le blog en février 2005 et c'était un moyen de promouvoir les autres. Je ne parlais pas de moi au départ. C'est comme ça que j'ai aidé beaucoup de gens à démarrer leur carrière. Et puis un jour, on m'a demandé de prendre en charge la programmation d'un festival de films sur la mode. C'était sûrement grâce au blog.

Vous avez pu acquérir une visibilité que vous n'aviez pas auparavant. Paradoxalement, les gens ont réalisé que vous étiez plus qu'une simple image ?

Oui, tout à fait. Certains croyaient d'ailleurs que j'étais une princesse fortunée qui avait jeté son dévolu sur la mode par ennui, mais croyez-moi, la réalité est très loin du fantasme!

 

Propos recueillis par Philippe Pourhashemi

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