15 ans après une série de nus réalisés avec Anne Rohart au château de Maisons de Maison Laffitte, qui a fait l'objet d'un livre aux éditions Schirmer & Mosel, Dominique Issermann associe à nouveau un lieu qui l'inspire, les thermes de Vals construits par Peter Zumthor dans les Alpes suisses, et une femme avec laquelle elle a également fait un bout de chemin : Laetitia Casta.
Autant Anne Rohart pouvait être aérienne et solaire jouant avec un drap blanc, les pieds ne touchant jamais tout à fait terre, autant la sensualité des courbes de Laetitia Casta , associées à l'architecture radicale et à la pénombre voulue par Zumthor, donne à cette série de 30 photos un côté sombre et mystérieux. Cela fait plusieurs années que Dominique Issermann a eu le coup de foudre pour les Thermes de Vals de Peter Zumthor. Un lieu comme tracé à la plume aux murs plats, percés de meurtrières, elle aime son côté forteresse construite avec des blocs de granit extraits de la montagne et ré-enterrés pour des Bains en sous-sol. "C'est très fort", souligne-t-elle.
De cet espace, l'architecte disait : "Ce que nous voulions, c'était créer un environnement sensuel pour le corps humain, pour la peau nue, pour des corps jeunes et des corps âgés également beaux dans le jeu de la pénombre ou de la douce clarté. Les espaces de pierre devaient caresser le corps, non pas le concurrencer mais lui donner de l'espace : de l'espace pour une présence digne, de l'espace pour être."
Si les photos de nus de Laetitia Casta trouvent une si grande correspondance avec ce texte, c'est sans doute que Dominique Issermann s'est installée dans la lumière voulue par Zumthor, qui se trouvait cadrer parfaitement avec la sensualité du modèle. Alors qu'Anne Rohart était très a l'aise avec la nudité, Laetitia Casta, elle, est très pudique, et l'ombre lui convient très bien.
Selon Dominique Issermann la grâce de Laetitia Casta est bien plus que cela : "Il y a quelque chose de mystique une idée de l'extase dans les expressions de Laetitia Casta, une extase païenne qui parle de l'absence et de la présence au monde. Ce qui se passe sur son visage est extraordinaire, elle a cette espèce de sourire de Madone, de Mona Lisa, une forme de béatitude que j'appelle une grâce sicilienne qui pourrait être celle d'Ornella Muti dans "Le Guépard" de Visconti, mais qui révèle aussi quelque chose de fermé comme un coffret doublé de velours."
Exposition à la Maison Européenne de la Photographie 5/7 rue de Fourcy 75004 Paris Du 17 Janvier au 25 Mars 2012, accompagnée d'un livre : Dominique Issermann, Laetitia Casta, aux Éditions Xavier Barral
Grosse déception... Les quatre premières images exposées, bel agencement d'accueil pour l'oeil cela dit, sont effectivement surprenantes, alléchantes, de ces images qui brisent toute réticence quant au sujet même de cette expo d'Issermann (Laetitia Casta, pas ma tasse de thé, ne m'intéresse pas, ni plastiquement, ni artistiquement). La suite de l'expo, hélas, n'est pas aussi consistante. Certes techniquement impeccables, ces images d'Issermann dont le talent n'est pourtant plus à prouver, n'ont aucun intérêt : académiques, jouant des noirs très noirs et des blancs sur-éclairés, des ombres et des lumières comme on l'a vu des milliers de fois. Ce qui m'amène à penser que ce même travail réalisé par un jeune photographe méconnu avec un modèle non médiatisé n'aurait pas bénéficié d'une telle couverture, ni n'aurait généré un tel intérêt.
Chaque saison fonctionne avec un pantone de couleurs précis. Si l'été 2011 était riche en couleurs flashy, et l'hiver dernier en couleurs vives et chaudes, l'été 2012 donnera plutôt dans les tons pastel.
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