Un physique et une voix de poupée pop, Emilie Simon cultive un univers bien à elle. Souvent rétro, parfois gothique, la chanteuse donne aujourd'hui dans l'électro 80's avec son dernier album The Big Machine, salué par la critique.
Conversation mode avec une artiste singulière, entre David Bowie, boutiques vintage et silhouette 50's...
Vous vous êtes installée à New York au moment de réaliser votre dernier album The Big Machine. Les New-yorkaises ont un rapport très différent des Parisiennes à la mode ? Est-ce que vos habitudes mode ont changé ?
Ce qui m'a surprise à New-York, c'est qu'il y a une vraie culture de la mode vintage. Pleins de bonnes adresses où les vêtements sont bien présentés, et les prix vraiment intéressants. Je m'y suis acheté pas mal de pièces, alors qu'à Paris très peu car je n'ai pas vraiment trouvé les bons endroits peut-être. A New-York, il y a aussi plus de chances de pouvoir revendre ses vêtements, les politiques d'échanges sont beaucoup plus souples. Il y a plus de liberté. Du coup, il y a plus de consommation ! Tout circule plus. Ce que j'aime bien, c'est qu'il y a plein d'endroits où l'on peut revendre des pièces de son dressing pour en acheter d'autres.
Votre voix a été beaucoup comparée à celle de Kate Bush sur votre dernier album. Est-ce que les années 80 vous ont également influencé dans votre style ?
Ce que j'aime surtout dans les années 80, c'est le retour de la mode des années 40 et 50 : les épaulettes, la taille bien marquée, la silhouette très structurée, féminine. Je pense aussi au film Blade Runner, avec le côté futuriste. Je suis moins fan des couleurs flashy genre " fluo kids ", même si je trouve les leggings et les sweats extra larges plutôt sympa.
Pour vos tenues de scène, vous avez souvent été habillée par Serge Cajfinger, créateur de la marque Paule Ka. Qui va vous habiller pour vos prochains concerts ?
Je porte une robe Paule Ka sur la pochette de mon album. Pour mes tenues de scène, je suis aussi habillée par Gaspard Yurkievich qui est un ami. Une jeune créatrice me fait aussi des bibi et des voilettes sur mesure. Une amie australienne, qui est créatrice, m'habille aussi parfois. J'adore ses vêtements aux coupes très simples et féminines, souvent monochromes. Je porte également une robe à sequins or Yves Saint Laurent que j'ai trouvé dans une boutique vintage. Pour mes chaussures, j'adore les modèles d'Annabel Windship, ou sinon des modèles vintage pour être à l'aise sur scène.
Le style Emilie Simon en quelques mots ?
Difficile à dire... Je dirais intuitif, spontané. Rétro aussi, j'aime bien les vêtements qui ont une histoire, je préfère le cuir un peu patiné par exemple. Mais rien n'est figé dans ma tête. C'est comme pour mes albums, mon univers évolue.
Quelle est la pièce que vous préfèrez dans votre dressing ?
Un ciré Paule Ka noir en laine et vinyle que l'on m'a très gentiment offert pour une prestation à Deauville il me semble.
Quels sont vos créateurs de mode fétiches ?
J'aime beaucoup Alexander McQueen. J'ai découvert sa boutique à New York qui est un vrai petit musée. Je ne l'ai jamais rencontré, mais j'aime beaucoup son univers.
Quel sera votre prochain achat mode ?
Je ne sais pas, je ne prévois pas vraiment. J'achète un vêtement quand l'occasion se présente !
Quelle est la pièce qui vous accompagnera tout l'hiver ?
Une très jolie cape Gaspard Yurkievich. Je vais peut-être même la porter ce soir sur la scène du Casino de Paris ! Même si ce n'est pas très chaud, j'adore les capes, je trouve ça très féminin.
Y'a t-il une personnalité dont vous admirez le style ?
David Bowie. Son look est toujours travaillé mais il a surtout une classe folle. Ce que j'aime c'est que ce n'est pas le vêtement qui fait l'homme, mais avant tout celui qui le porte. Un peu comme Björk aussi, qui porte ses tenues de scène de manière très poétique.
Propos recueillis par Mélody Kandyoti
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