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Rencontre avec Maxime Simoëns, ultra moderne élégance

Jeune styliste, Maxime Simoëns apporte depuis un an sa touche de fraîcheur dans la mode française. En seulement deux collections, il est déjà considéré comme un créateur surdoué par les professionnels et les fashionistas. Et pour cause. Ce lillois diplômé de la Chambre Syndicale de la Couture Française a remporté pas moins de 3 récompenses dont le prix François Lesage au Concours International des jeunes Créateurs de Mode. A peine sorti de l'école, il est embauché chez Jean-Paul Gaultier à l'accessoire, chez Dior à la broderie puis chez Balenciaga où il s'occupe des imprimés. Un début de carrière qui fait rêver. Candidat au Festival d'Hyères 2009, il a révélé des pièces à la fois féminine et graphique. Son style est né. Depuis deux ans maintenant, il gère d'une main de maître sa propre maison, où il invente à chaque collection un univers qui mêle modernité et élégance.

Dans son show room parisien pour découvrir sa nouvelle collection Automne-Hiver 2010/2011, L'envol Féminin, Maxime Simoëns se dévoile un peu plus.

 

Vous avez un parcours sans faute, la presse est élogieuse à votre sujet depuis votre passage au festival d'Hyères et vous avez même fait pleurer Mademoiselle Agnès ! Cette étiquette de surdoué de la mode n'est pas trop lourde à porter ?

Non ça va pour le moment ! Le but c'est toujours de faire mieux pour la collection suivante. Chaque créateur essaie au fil des saisons de se renouveler en gardant ses codes identitaires. Avec cette nouvelle collection j'ai approfondi, défini un peu plus mon style et mes envies. C'est la comparaison au début avec Yves Saint Laurent m'a gêné. Mademoiselle Agnès a fait le parallèle mais en parlant du physique et toute la presse l'a repris d'un point de vue stylistique. C'a été dur à porter. Je préfère qu'on me prenne pour ce que je suis plutôt que l'on m'identifie à quelqu'un d'autre.

Après une première collection encensée, la pression n'était pas trop forte ? Vous n'aviez pas peur de décevoir avec la deuxième?

Si on y pense toujours. Et la pression est encore plus forte avec la troisième ! Une fois que les journalistes ont expliqué mon parcours et présenté mon univers, le plus dur est d'être visible parmi les annonceurs et de mettre les vêtements dans des séries mode. En tant que jeune créateur, si l'on souhaite des publications, c'est assez laborieux. C'est surtout cet aspect qui me fait un peu peur.

Votre nouvelle collection s'intitule L'envol Féminin. Pourriez-vous nous la présenter ?

Tout est parti du film Coco avant Chanel. Son parcours et son désir de révolutionner le vestiaire féminin étaient intéressants. Ça a été le point de départ. Je voulais garder cette idée mais tout au long du 20ème siècle, suivre une évolution. Comment d'une femme corsetée l'on arrive à une femme libérée qui porte des mini jupes notamment. Au niveau de la collection, on retrouve des détails années 20 avec le clin d'oeil au charleston et les robes à franges et le volume au niveau des hanches. Les années 40 m'ont inspiré des pantalons taille haute, des manches bouffantes et les années 60 l'aspect hyper structuré des petites robes trapèzes dans la lignée de Courrèges. Et enfin les années 80 avec les épaules qui prédominent la silhouette sans être oversized. Je voulais aussi faire référence au côté militaire, évoquer la croisade, la femme qui doit aller au delà des a priori et aller à la conquête de sa liberté. On retrouve cette influence sur les vestes boutonnées et les robes aux lignes géométriques qui peuvent faire penser aux tuniques des croisés. Je voulais aussi symboliser l'envol féminin avec le papillon. La chrysalide qui se rompt. Mais plus au niveau des imprimés. Je ne voulais pas des imprimés trop naïfs, du coup on a travaillé les papillons en les détournant, en les mettant en abîme. Au final, les papillons minuscules mis côte à côte se transforment en imprimé léopard. J'ai aussi beaucoup travaillé avec les motifs des ailes de papillons que j'ai zoomé au maximum.

Vous avez travaillé pour plusieurs grands couturiers. De quelle manière ont-ils influencé votre travail ?

J'ai beaucoup appris au niveau de l'organisation. Travailler chez Jean-Paul Gaultier à l'accessoire, chez Dior à la broderie et chez Balenciaga avec Nicolas Ghesquière à l'imprimé m'a permis de voir leur propre fonctionnement, à chaque fois différent. J'ai vraiment trouvé ça intéressant. J'y ai appris des méthodes de travail. Pour le style, je n'ai pas un créateur fétiche. Tout m'inspire de manière différente, il y a toujours des pièces qui nous marque plus que d'autres. J'adore les années 20 où on retrouve une ligne architecturée et géométrique, les sixties et l'univers de Paco Rabanne et Thierry Mugler dans les années 80.

Votre collection fait quand même beaucoup penser à l'univers de Nicolas Ghesquière...

Oui c'est vrai que l'on m'a déjà fait la réflexion pour ma collection présentée à Hyères. J'adore les formes géométriques et l'architecture, les lignes droites. C'est mon côté scientifique qui se répercute sur mon style. Nicolas Ghesquière a lui aussi un style architecturé mais plus prononcé.

Avez-vous des matières de prédilections ?

Ce que je préfère ce sont les contrastes de matières, comme le mat et le brillant. Mais j'aime beaucoup travaillé avec l'organza pour réaliser les mille-feuilles des robes.

Vous produisez vos pièces en France. Cela vous tient à coeur ?

C'est d'abord un gage de qualité vis-à-vis des acheteurs. Le " Made in France " est toujours très apprécié. C'est également un souci d'ordre plus pratique : nous produisons de petites quantités qu'il serait trop onéreux d'exporter.

Vous avez pris conscience de votre vocation en vous rendant à un concert de Madonna, votre collection Printemps-Eté s'articule autour de Michael Jackson ; la musique est-elle une source importante d'inspiration ?

La musique et le cinéma oui. Michael Jackson et Louise Brooks se font écho pour la collection Printemps-Eté. Pour cette collection Automne-Hiver, le film Coco avant Chanel m'a beaucoup inspiré et la troisième collection sera aussi influencée par un film... Donc finalement c'est plus le cinéma que la musique qui dicte mes choix. J'accorde beaucoup d'importance aux univers visuels de chaque film. C'est quelque chose qui me parle.

Avez-vous un film qui a marqué votre définition du style ?

J'aime beaucoup l'univers d'Almodovar. Même si mes collections ne ressemblent en rien à l'esprit de la Movida ! Mes influences sont assez larges, à partir du moment où il y a une forte notion d'esthétisme comme chez Truffaut par exemple. Marilyn Monroe, Marlène Dietrich, Louise Brooks, toutes ces personnalités charismatiques et forte qui rentrent dans l'imaginaire me fascinent et influencent mon imaginaire.

Y a t-il une actrice que vous aimeriez voir avec vos créations ?

J'adore Mélanie Laurent. Elle a côté hyper féminin, charismatique mais tout en étant vraiment drôle et gentille. C'est une vraie personnalité qui en impose.

Quel est pour vous le moment le plus fort dans votre carrière ?

Le premier défilé avec Jean-Paul Gaultier été magique. Moi qui ai toujours voulu travaillé pour lui, j'ai réalisé mon rêve.

 

Propos recueillis par Caroline Lazard

Photos par Andrane de B.

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