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Haute Couture : réveille-toi !

D'accord Christian Lacroix ne défile pas cette saison, et alors ? Est-il pour autant inconcevable que d'autres talents naissent dans ce qui a fait de Paris la capitale de la création, au moins en mode, au moins depuis l'après seconde guerre mondiale, sinon depuis Charles Frederick Worth, sinon depuis Marie-Antoinette ? La Haute Couture est le coeur de la mode, de cet art qui s'exprime dans le textile, magnifié par des créateurs hors pair, transfiguré par des techniques transmises de génération en génération, que l'on appelle la main française et qui ne se trouve nulle part ailleurs.

Et c'est parce qu'il y aurait Zara, H&M et Uniqlo qu'il faudrait baisser les bras ? Dans le luxe, beaucoup de mentors parisiens ont cru bon prôner, depuis deux décennies au moins, le tout prêt-à-porter. Pourquoi ? Parce que l'argent a pris le dessus pour laisser l'art se soumettre. En Haute Couture, on ne pense pas d'abord à calculer les coûts de production, de duplication des modèles, de gradation des tailles, parce que justement, une pièce de Haute Couture est unique !

Et puis voilà que la nouvelle consommation se pointe en invitée surprise à la faveur de la crise, et que la cliente du luxe est plus que jamais à l'affût d'authenticité, d'exclusivité, de créativité et passe des commandes spéciales ! Hermès, dans son domaine, l'avoue carrément... Mais la Haute Couture, qu'est-ce que c'est, sinon le nec plus ultra de la commande spéciale ? Alors, ringarde, bling bling, synonyme de mode désuète, inaccessible, irréaliste la Haute Couture ? Que nenni ! Quitte à faire pâlir les tenants du tout prêt-à-porter chez les jeunes créateurs, les clientes de couture se renouvellent.

Elles peuvent avoir 18 ans et ne veulent pas pour autant s'habiller comme leur mère. En fait, c'est même ce qu'elles fuient. Ce qu'elles recherchent ? L'innovation, pardi !
Quelques jeunes créateurs français ou européens confirment. Certes, ils démarrent leur activité dans une époque difficile, certes ils n'ont pas choisi, comme ceux qui sont invités par le calendrier officiel, de présenter majoritairement le prêt-à-porter de la saison suivante.

Mais ils sont pourtant aussi éloignés des robes souvent répétitives des couturiers du Moyen-Orient, trop dénuées de recherches sinon d'inédit, que de l'industrialisation de luxe que l'on a suggérée aux jeunes invités du calendrier, le couteau sous la gorge de leur carrière. On préfère barrer la route à certains, pourtant talentueux, pourtant reconnus par leurs clientes, pourtant créatifs, sous prétexte qu'ils ne sont pas dans la ligne de ceux qui "pensent" la mode et qui feraient mieux d'avoir davantage de respect pour les artistes, même en herbe.

La vérité, c'est que pour manager des designers parfois bourrés de talent et d'idées, il a fallu leur farcir la tête de notions commerciales, de rentabilité, de marketing. Leur truc, c'est de mettre le talent en équation, de calculer l'engouement des clientes sur des tableaux de bord, de deviner les tendances grâce à des logarithmes. Résultat ? La moitié ou presque des membres invités de la Haute Couture ne défile pas, faute de business model pertinent.

Et si vous vous preniez en main, si vous décidiez de regarder tous les défilés de Haute Couture de la saison vous-même ? Les membres "invités", comme les membres "correspondants", les grands noms comme les défilés du "off", Maurizio Galante comme Christian Dior, Chanel comme Julien Fournié, Jantaminiau comme Valentino, Alexis Mabille comme Giorgio Armani, Givenchy comme Adeline André ! Chiche ? Ce n'est pas en restant les bras croisés devant les robinets des médias dominants que vous allez faire une découverte ! Et de votre enthousiasme, de votre critique, de votre oeil, les créateurs de cette discipline unique se sentiront réconfortés, encouragés, soutenus. Ca serait peut-être ça, la révolution Haute Couture, et ça vaudrait certainement mieux que la sclérose ambiante !

La pensée du jour : Si on n'avait pas imposé à Christian Lacroix de créer également une ligne de prêt-à-porter, la maison qui porte son nom défilerait peut-être encore en Haute Couture cette saison.

 

Jean Paul Cauvin

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