Etienne Russo fait circuler l'émotion

Photos et vidéos
Défilé Dries van Noten, Automne-Hiver 2009-2010

Sonia Rykiel
produits populaires
personnalites
Styliste
Sonia Rykiel
Shopping
rechercher un article
couleurs Sonia Rykiel

Produits

Publiée Le Lundi 14 Décembre 2009 à 10:56

Etienne Russo a fondé sa société, "villa eugénie", au milieu des années 90. Il collabore avec les créateurs sur la production et l'esthétique de leurs défilés, mais refuse le qualificatif de Directeur Artistique. Modestie belge ? "villa eugénie" était en charge de l'organisation et du défilé-fête Rykiel pour H&M au Grand Palais qui restera l'évènement mode de cette fin d'année.
Parmi les quatre ou cinq qui font le même métier, qui organisent et embellissent les défilés et les évènements mode, Etienne est le dernier avec lequel j'ai fait connaissance, mais sa réputation l'avait précédé. Il est sans doute celui qui parvient le mieux à provoquer l'émotion.

 

Paquita Paquin : Tu pratiques un métier à géométrie variable parviens-tu à lui donner un nom ?

Etienne Russo : C'est un mélange de producteur, scénographe, directeur artistique, ça dépend avec qui on travaille. Il n'y a pas vraiment de nom pour le qualifier. On emprunte aux différents métiers des Arts Appliqués, danse, opéra, théâtre, une partie de leur fonction, mais je ne me cataloguerais pas comme scénographe. Mon métier se rapproche de celui d'Alexandre de Betak. Je ne sais pas comment lui se définit, on développe à peu près les mêmes spécialités. Je ne suis pas directeur lumière, mais j'adore la lumière et je travaille avec des directeurs lumière, je ne suis pas décorateur, mais j'ai un oeil et des envies et je travaille avec des décorateurs; pareil avec la musique, on échange des idées et il se trouve que c'est souvent avec Michel Gaubert, car on a de nombreux projets en commun. Avec le temps, se forge une complicité et puis, Michel était DJ à Paris au Palace et moi je m'occupais d'une boite qui était un copié-collé du Palace à Bruxelles au début des années 80 le Mirano Continental : une boite dans un vieux cinéma sur deux étages. Nous avons beaucoup de références communes. J'ai des idées, des concepts, et encore une fois, humblement, je ne suis qu'un instrument au service des créateurs. Certains peuvent en sortir un son extraordinaire, d'autres, en tirer un peu moins bien partie. Je fais de la direction artistique mais je trouve ce mot prétentieux. Ca y ressemble et pourtant je ne parviens pas, depuis plus de quinze ans, à donner de nom à ce métier.

Vas-tu jusqu'à choisir les mannequins pour le créateur ?

Oui chez Hermès, c'est comme ça que j'ai commencé. Il y a dix ans, on ne faisait que du street casting entre Londres, Paris, Bruxelles et Amsterdam, pour les défilés homme. Je regardais les lumières, je me mêlais du truc et puis finalement on a entièrement produit les défilés homme et femme ainsi que des évènements Hermès.
J'ai autant de façons différentes de travailler que j'ai de clients. Je réponds aux besoins selon la demande. C'est vraiment du sur-mesure.

Parmi les directeurs artistiques de défilés tu restes le dernier venu ?

Tout de même, mon premier défilé à Paris, je l'ai fait pour Dries van Noten en 1991. J'apprécie d'entendre que je suis le dernier venu. Mais la concurrence et l'arrivée de nouveaux ne me gêne pas du tout ; au contraire, je trouve cela vivifiant. Il y a de la place pout tout le monde quand on pense qu'il y a 120 défilés sur une semaine, seulement sur Paris... Moi, je me préoccupe des miens (8 en une semaine), j'essaye de les réussir le mieux possible car je veux faire en sorte que chacun soit unique. J'ai refusé en Mars deux défilés qui m'intéressaient, à défaut de pouvoir produire la qualité que j'avais envie de produire; la quantité m'intéresse moins. J'en ai besoin pour faire vivre la structure de ma société, mais ma priorité c'est la qualité. La saison dernière, je m'occupais de huit défilés à Paris : Lanvin, Margiela, Dries Van Noten, Sonia Rykiel, Céline, Chanel, Miu Miu, Hermès. A Milan : une partie de Fendi, l'homme Moncler avec Tom Brown, "les Hommes", une jeune marque belge. Et puis Hugo Boss qui défile un peu partout.

Comment définirais-tu la Etienne Russo's touch ?

Je ne parviens pas à me définir, je sais que j'aime le surréalisme, je sais qu'il y a un truc en Belgique qui nous porte vers cette vision légèrement différente. Je sais que j'ai des yeux d'enfants. On m'a toujours dit que j'apportais énormément d'émotion dans les choses, je travaille avec mon coeur et mon instinct, je ne me préoccupe pas non plus des modes.

Peux-tu revenir sur cet esprit surréaliste ?

J'ai une amie qui un jour m'a demandé de faire le dessin d'un pot de fleur. J'ai fait un truc très réaliste : le pot, la fleur, les feuilles dans le détail. Elle, de son côté, m'a montré trois cercles de tailles différentes les uns dans les autres. C'était le pot vu de dessous. Cet épisode a été pour moi un déclencheur. J'ai cessé de m'arrêter au premier point de vue puisqu'il y avait moyen de regarder les choses différemment ! Sans forcer, toujours avec naturel. Cela m'a conduit à repousser les limites, à ne jamais me satisfaire de la première évidence et de toujours essayer d'apporter cette différence.

Comment es-tu arrivé à faire ce métier ?

Par un mélange d'expériences diverses ; l'école hôtelière au début des années 70, j'y ai appris rigueur et précision ! Ce qu'on devait faire, on le répétait mille fois et ça devait être mille fois parfait. J'y ai acquis une vraie méthode de travail, on prenait des baffes tous les jours, on contrôlait nos mains, le col de nos chemises ! C'était plus rigoureux que l'armée. D'abord on devait éplucher que des pommes de terre, puis que des oignons, puis hacher du persil... Ensuite, j'ai découvert la mode et suis devenu mannequin complètement par hasard. J'ai fait une séance de photos, puis d'autres pour lesquelles j'ai voyagé fin des années 70 début des années 80, trois mois au Japon, quatre mois à Hong Kong, puis à Paris. Tout de suite, j'ai été curieux de l'envers du décor; j'allais voir le mec qui faisait les lumières, ça m'intéressait. Et puis il y a eu la boite de nuit de 1981 à 1993, où je suis passé directeur artistique au bout d'un moment; directeur artistique entre guillemets. Là, j'avais la liberté totale de faire ce que j'avais envie de faire, des fêtes avec décors et lumières, un décor dont je changeais le thème tous les six mois. Un véritable laboratoire ! J'ai fait ça pendant des années et j'ai toujours bien aimé mélanger les genres. Je mettais en scène la mode des Six d'Anvers. C'était la débrouille et ça m'a énormément apporté ; j'ai commencé à travailler avec un graphiste pour les invitations, avec des gens qui faisaient de la lumière et d'autres les décors, je me suis formé sur le tas. Mais aujourd'hui, j'ai suffisamment de " know-how" pour tenir la dragée haute à de nombreux corps de métier.

Un beau jour tu es sorti de cette boite ?

A la suite des six designers d'Anvers au milieu des années 80, il existait une véritable ébullition. De jeunes créateurs émergeaient et j'organisais des défilés dans la boite où Dries van Noten venait en tant que président du jury. J'ai fait des choses à l'extérieur et je me suis rendu compte que ça fonctionnait aussi hors de mon laboratoire. J'ai travaillé pour Dries Van Noten en tant que mannequin et puis j'ai fait de la vente, je savais parler des vêtements, de leur confort. J'étais un touche à tout. A la fin des années 80, j'ai suivi Dries, on allait manger le soir en bande et on rêvait: "si on avait de l'argent pour faire un défilé..." Un jour, il me dit : "On va faire notre premier défilé à Paris. C'est toi qui va t'en occuper." Le jour du défilé j'étais enfermé dans les toilettes. Mort de peur. On était à Paris. C'était hyper impressionnant. Les choses sont venues comme ça, tout ce que j'avais fait m'a servi et me sert encore. J'ai capitalisé sur ses expériences.

Avais-tu déjà été subjugué par un défilé?

Oui, un défilé à Tokyo un défilé milieu des années 80, pour Yamamoto Kansaï. Au moment où c'était presque un demi-dieu. Deux défilés pour onze mille spectateurs dans une salle de sumo. Il y avait 240 personnes sur scène entre figurants, acteurs, mannequins. J'étais le seul mannequin homme européen au milieu des tops de l'époque. Je n'étais pas blasé, ni en train de rigoler avec les autres mecs. J'étais seul, sans ma bande et, pendant deux jours et demi, j'ai regardé toute la technique autour de l'évènement. Ca m'a scotché.

Comment évolue ton métier ?

Dans les années 90, ce métier s'est ultra diversifié et professionnalisé. On a tous dû ajouter des cordes à notre arc et je pense qu'il y a eu un déclencheur, (ça n'engage que moi) : Tom Ford pour Gucci dans son domaine et à sa manière a quand même élevé le niveau des défilés, Margiela, entre autres faisait des défilés extraordinaires. Je ne cite que Margiela, mais il y en avait plein d'autres. Seulement, Tom Ford est arrivé avec une structure tellement énorme et à partir de ce moment il y eut une demande pour ce professionnalisme auquel nous avons tous dû répondre.

En même temps que Dries Van Noten, tu as fait assez vite les défilés d'autres designers belges ?

Après les deux premiers défilés de Dries van Noten, le décor à peine démonté, dès le lendemain, je passais aux ventes. Quelle richesse ! Tu prépares un défilé et après, tu vois les clients et forcément, te viennent les retours sur le défilé. Ensuite, j'ai fait les premiers défilés à Paris de toute une jeune création belge talentueuse : Olivier Theyskens, A.F. Vandevoorst, Angelo Figus. Puis Hermès est arrivé.

Le dernier venu de tes clients ?

C'est la maison Céline avec Phoebe Philo. Et comme c'était leur première saison ensemble et le retour à Paris de l'anglaise, depuis son départ de Chloé il y a quatre ans, cela a donné lieu à trois événements autour de la pré-collection à New York, Milan et Paris, trois événements tous différents.

Quels sont les moments qui t'apportent la plus grande satisfaction ?

Il y a deux choses : l'interaction avec le public, c'est immédiat ! Tu ressens quand la salle est dedans, quand ça marche et tu en as confirmation au final. N'oublions pas que nous ne sommes que des instruments d'un métier qui a grandi avec le temps, qui a pris de l'importance, mais nous restons les travailleurs de l'ombre oeuvrant à l'emballage de la collection, au service des créateurs. Il n'empêche qu'on sent exactement, comme eux, l'étincelle quand quelque chose se passe. A ces moments-là, les mannequins sont particulièrement justes. Une fois, dans ma carrière, j'ai eu le droit à un état de grâce. C'était pour le 50ème défilé de Dries van Noten ; je ne suis jamais parvenu à ça ailleurs et pourtant avec Alber Elbaz ou Karl Lagerfeld chez Chanel, avec tous, tu attrapes des regards qui te donnent envie de recommencer la saison suivante et d'oublier à quel point ce métier peut être extrêmement dur et stressant. Parfois, tu n'a même pas besoin de parler avec les gens. J'ai une envie de donner intarissable et voir les yeux d'un créateur qui pétillent quand nos regards se croisent juste un quart de seconde; ce que je vois dans ses yeux, c'est une récompense.

Que s'est -il passé lors du 50ème défilé de Dries van Noten ?

Les gens dînaient, puis on a remonté des lustres gigantesques, ensuite les filles ont défilé sur les tables. J'ai ressenti quelque chose d'extraordinaire ce jour -là. Je suis extrêmement autocritique même si le résultat est très bien, je fais ma cote moi-même et je vois uniquement ce qui peut être amélioré. En général, ça reste marqué au fer rouge. Mais là, un bref instant, du bout de l'ongle, j'ai presque caressé une certaine perfection, je me suis dit : "On n'aurait pas pu faire mieux", les trucs sont tombés avec une justesse et une précision ; ce sont des moments suspendus. C'est pour ces moments là que j'aime travailler.

Un gros désagrément, une erreur, l'épisode qui a foiré ?

C'est embarrassant pour les autres, mais c'est encore une expérience avec Dries van Noten. Bon, il faut dire qu'avec lui seul, j'ai soixante dix défilés derrière moi. On avait fait faire un décor inspiré du Maroc : une douzaine de tentes caïdales, des tables basses de mariage sur une parcelle en terre battue en surplomb de la Seine et sous les arbres face à la tour Eiffel, c'était juste sublimissime ! A partir de deux heures du matin : pluie intense ; à 6h du mat, la sécurité me réveille "on a des soucis !". J'arrive sur place et malgré les triples toits posés par précaution sur chaque tente, il pleuvait tant que l'eau perlait par les coutures et rentrait aussi dans la tente par le sol! Il était huit heures du matin, je devais trouver un plan B. Juste en face, il existait des tentes pour salons et expo et j'ai demandé: "Qui s'occupe de ça ? Je veux lui parler, c'est une question de vie ou de mort". Je dis que j'avais besoin d'une salle. La directrice m'a regardé : "je ne sais pas si c'est possible" je lui répète : "c'est une question de vie ou de mort !" Dries est arrivé vers 9h; je l'ai empêché d'aller voir les tentes et lui ai montré la nouvelle salle; on a décidé d'amener une tente, toutes les tables, les tapis et les lampes et on a refait tout le décor. Les photographes sont arrivés à 16h, ils ont monté leur podium eux-même; les cravates rouges détournaient les invités de l'adresse du site et dans la dureté de cette situation il y eût une chaîne humaine incroyable. Dans ce cauchemar, tout le monde se passait des trucs. On ne pouvait pas ne pas faire de défilé.

Les invités ont applaudi à tout rompre car ils s'étaient rendu compte de la galère. Le soir, je suis retourné vers le quai, côté Seine, devant un coucher du soleil entouré de nuages noirs et j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Je me disais : "Qui sommes nous pour faire fi des intempéries et défier les éléments ?" Même si nous travaillons dans un domaine qualifié de volage, c'est aussi une industrie qui génère énormément de travail dans le monde entier de la culture du coton à la presse. Il s'agit d'une grosse industrie. Nous apportons une part de rêve dans un monde parfois triste et dur. Je me suis senti tout petit et j'ai appris qu'il fallait un plan A, un plan B, un plan C et peut être un plan D. Je l'ai appris au prix fort. Désormais, je ne peux pas m'empêcher de penser au scénario catastrophe.

La rencontre avec le designer a toujours lieu ?

Cela dépend de la prestation, c'est important de savoir que dans notre travail on ne fait pas toujours les concepts à 100%. Karl a ses idées sur tout. Il a pensé son décor avec son décorateur. On s'occupe de la lumière, du son, de l'organisation générale et de la chorégraphie des mannequins. Quand j'arrive pour Chanel, le décor de Karl est construit; villa eugénie travaille en amont sur le pilotage de l'événement. J'entre en scène précisément pour ce qu'on appelle la scénographie des mannequins. Mon métier, c'est de m'adapter et je suis au courant du décor et de la scène dès le début. Je m'occupe de la répétition. D'autres clients, à l'opposé de notre prestation pour Chanel nous demandent d'arriver avec le concept général. Bref, c'est vraiment différent pour chacun.

La réponse, l'idée, la trouvaille est-elle toujours immédiate ?

Ca dépend, il y a des choses des réactions immédiates d'autres sur lesquelles je dois réfléchir, mûrir. Parfois, je rebondis immédiatement et il y a des gens avec lesquels je rebondis mieux que d'autres.

Cela vient du fait qu'ils t'ont bien informé sur la collection et sur leurs désirs ?

Ca vient de leur capacité à me plonger dans leur univers et ils ont des manières différentes de le faire. Par exemple : Véronique Nichanian pour l'homme Hermès va me parler d'un homme et puis de ses couleurs de ses matières, elle montre des échantillons, me donne ses références. Autant de détails qui me font percevoir que chez Hermès tu as envie de montrer les choses à l'envers car des fois c'est pratiquement plus beau dedans que dehors tant le raffinement est immense. Moi, je dois faire passer la même chose dans mon décor. Je l'écoute parler et ce n'est pas toujours le truc qu'elle me dit qui importe, c'est là où elle m'emmène. Alber Elbaz, lui, ne fait jamais ça. Il raconte une histoire, il parle d'une femme d'une circonstance, d'un univers. Je dirais que c'est un conteur extraordinaire qui me fait beaucoup voyager.
On doit avoir une sensibilité pour capter, faire parler et obtenir des précisions de la part de ses interlocuteurs, juste par exemple pour savoir ce qu'ils mettent sous le mot "normal". Ce travail est aussi une adaptation permanente.

As-tu jamais refusé une idée impossible à réaliser ?

Il faut la rendre possible, sinon on s'ennuie. C'est la hauteur du challenge qui définit le degré d'énergie que l'on met dans un projet.

Hors évènements mode as-tu d'autres projets ?

Pour l'instant, on travaille pour le Manchester Muséum qui fait partie de l'université de Manchester. La rénovation du muséum d'histoire naturelle. Sur le thème "Sustainable planet?" (Planète durable ?). C'est un projet qui me tient fort à coeur. Cela me permet de sortir de l'univers de la mode car travailler cinq six mois sur une soirée éphémère comme celle que nous venons de réaliser pour H&M et Sonia Rykiel au Grand Palais, c'est absolument fantastique mais parfois un tout petit peu frustrant vu la durée de l'événement, au regard du temps de préparation.

Le travail conçu pour le musée doit durer dix à quinze ans. C'est l'exposition permanente d'un musée pour laquelle on doit se poser des questions extrêmement profondes, afin de faire passer des messages de fond aux enfants. Je travaille avec des spécialistes des mammifères, des insectes, de la botanique qui ont des millions et des millions de choses à monter, et il faut choisir en fonction du message à faire passer. Ces scientifiques m'ont montré un fossile d'une mâchoire de dauphin en me disant "quel âge tu lui donnes ?" Réponse : 450 millions d'années. Encore aujourd'hui je ne parviens toujours pas à évaluer cette portion de temps. Cela ouvre d'autres perspectives. Ils disent du réchauffement climatique, que ce sera peut-être la sixième grande extinction de l'espèce. La dernière ayant eu lieu il y a dix mille ans. Ils disent ça avec beaucoup de distance, car la relativité n'est pas la même pour eux. Nous, on voit en gros sur quatre générations, c'est tout. On vit dans l'immédiat, pour eux ça ne veut rien dire. A leurs côtés, je saisis tellement d'informations en deux jours que toutes les bases sont balayées : les lions vivaient en Angleterre avant qu'elle ne soit séparée du continent par la Manche. Et cela me fait aussi relativiser par rapport au monde de la mode où se côtoient tellement d'Egos. Il faut que je parvienne à leur faire dire ce qu'ils veulent dire. Doit-on rester neutre ? Provoquer ? Ou donner juste de l'information ? Mon métier se borne à une spécialité de niche dans ce domaine. Je possède le dialogue, mais je ne suis jamais très "main stream". Un musée, est ouvert à tout le monde. Il faut qu'on soit tous d'accord et trouver une vision pointue.

Quels seraient tes rêves ?

Difficile à dire ! Faire la mise en cène de jeux olympiques par exemple. La prestation de Decouflé m'a tellement marqué et celle de Jean-Paul Goude en 1989, plus encore. J'aime bien laisser les choses se faire et ce qui doit se faire se fera. Je n'ai jamais frappé à la porte d'un client, je ne suis pas accro au fait de m'agrandir, je me considère comme un artisan. J'aime bien être concerné personnellement, j'ai besoin d'être impliqué et j'ai envie d'en mettre plein l'estomac. J'aimerais pouvoir toucher à tout, comme Karl... Ca fait rêver ! Photos, bouquins, mode, il s'exprime avec tellement de medias. Moi, si un jour j'ai l'occasion de travailler sur un film, ce serait extraordinaire, ou sur le concept d'un hôtel car je voyage beaucoup. Ca ne me déplaît pas de transposer mon savoir dans divers médias.

 

Propos recueillis par Paquita Paquin

Buzzer cet article

News Sonia Rykiel
News Sonia Rykiel les plus populaires
VOS COMMENTAIRES
Laissez ici vos commentaires sur "Etienne Russo fait circuler l'émotion":
Vous devez être membre pour poster un commentaire.

Identifiez-vous ou inscrivez-vous

Cliquez sur un smiley pour l'insérer.



derniers styles et actus
Actu
Tendance
défilés
Miu Miu
Cerruti
Hermès

rechercher


}