Orgue, encens et auréoles chez Givenchy
Un cadre composée de centaines de Lys cerne la sortie du podium. En fond sonore, les grandes orgues ; en fond olfactif, des effluves d'encens. C'est une nouvelle fois à une cérémonie que nous convie Ricardo Tisci et dans une salle si vaste qu'il n'y a presque que des premiers rangs.
Mais le rituel est cette fois moins secret, moins vaudou qu'à l'accoutumée : il ne s'agit pas de sacrifices barbares mais d'une religion qui nous est beaucoup plus familière plus italienne aussi. Encore qu'on ne sache pas quel usage Tisci fait de la religion ! Et l'on peut se poser la question. Pourquoi ? Parce que déjà pendant tout un passage, il prend le risque d'afficher copieusement le nombre " 17 ". Le 17, pour les Italiens (bien plus superstitieux que nous) le 17 est bien pire que notre numéro 13. Si Ricardo Tisci brandit les 17, on peut imaginer qu'il le fait un peu pour conjurer le sort et s'en moquer.
Mais qu'en est-il de ce personnage auréolé, de cette vierge nimbée de lumière divine, présente en imprimé photographique sur presque toutes les tenues, parfois décolorée, sérigraphiée ou passée aux rayons X , d'autres fois mangée à l'acide et ruinée par le temps comme une vraie Antiquité.
La Madone n'en dévoilera pas plus que ces manteaux so clergy sur des chemise blanches col montant, que ces chasubles comme des pans carrés qui viennent se superposer raides ou transparents sur la quasi-totalité des tenues, dépassant d'un sweat, d'une veste ou d'une tunique sans manches, venant battre sur le pantalon de costume longiligne d'une coupe strite stricte. Total looks blancs, angéliques ou noirs sacerdotaux, total look rose ou prune.
Les anges de Givenchy restent tout de même bien lestés au sol par des sandales ornées d'une énorme chaîne dorée .
Paquita Paquin

Cliquez sur un smiley pour l'insérer.