Défilé Haute Couture Printemps-Eté 2010
Charles James en Sensurround et Technicolor chez Christian Dior
Une vision Hollywoodienne du défilé comme un rendez-vous intime et chic dans l'ambiance feutrée des salons de l'avenue Montaigne débordants de fleurs et de parfum de rose.
Le personnel, extrêmement aimable - une personne par invité - vous accompagne à votre place. On papote quand un hennissement rappelle à l'ordre le charming Brouhaha de clientes, ministres, journalistes annonçant l'hommage au couturier Charles James, à ses Amazones du début de siècle dernier. Amazones qui ont inspirées le fameux tailleur " bar ", à basque décollée et basculée de Christian Dior, précise John Galliano. Et c'est comme si passaient devant nous en 3 D ce que nous n'avons connu que par des photos et des livres consacrés au couturier américain.
Les somptueuses robes du soir de Charles James traitées dans une gamme de couleurs à la Cecil Beaton. Une question d'échelle cependant : dans les salons de couture, on défile à l'étroit et les quatorze centimètres de compensées sur lesquelles les mannequins arpentent la carpette poussent à une vraie gymnastique quand on veut bien déchiffrer leur maquillage incroyablement irisé.
Écuyères en livrée de chasse à courre Magenta gilet, blanc nid d'abeille ou pourpoint écossais, taille hyper fine s'épanouissant sur ces fameuses basques courtes et décollées. Cravaches, épingles de cravates, chemisiers masculins accompagnent les jupes plissées longues ouvertes au dos et dont le volume en s'amplifiant d'un côté évoque le drapé d'une jupe d'amazone. Il en sera ainsi pour pratiquement toutes les robes, dont les drapés comme entoilés prennent un relief spectaculaire.
Too much et never enough. Des bijoux gros comme le Ritz et cette époustouflante traîne d'astrakan d'un luxe insoutenable. Je sors au bras de Catherine Baba encore bluffée par ce tour de passe-passe, enchantée d'avoir abordé aux rives des rêves les plus fous.
Paquita Paquin

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