Qu'on ne se méprenne pas, car on pourrait le faire en regardant vite. La collection présente trois couleurs sinon bourgeoises, du moins classiques : le noir, le blanc et le beige, mais elle se révèle être tout le contraire d'une collection bourgeoise.
Cette sobriété là possède une âme et même une qualité rare : son absence totale de prétention. Portées par des femmes à l'oeil noirci vers l'intérieur, qui leur donne un vague air sicilien, les robes toutes fines longueur genoux adoptent des volumes contenus mais intéressants, placés aux épaules et aux hanches. Des drapés sans esbroufe gonflent les manches, ferment les chemises sur les vestes en déportant leur volume de côté, ou font se torsader les tops sans manches. Qu'y a-t-il de plus clean et de plus sensuel que ces robes blanches à la taille marquée, parfois ceinturées de cuir beige glissant sur le corps avec grâce.
Une sobriété qui n'a rien de minimaliste, à l'image de ce final qui ne modifie rien des excellentes proportions de toute la collection, mais les colore de teintes rares qui leur confère une vraie modernité : plomb, étain, ardoise, limaille de fer.
Paquita Paquin
Voir l'intégralité du défilé Kris Van Assche Printemps-Eté 2010

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