L'Iran, le pays de la rhinoplastie

Publiée Le Lundi 4 Mars 2013 à 19:15

Avouons-le tout de go, l'Iran ne fait pas vraiment partie des pays auxquels on pense lorsqu'il est question de nouveautés beauté. On risque donc de vous surprendre en vous révélant que les rhinoplasties y sont 7 fois plus nombreuses qu'aux États-Unis. Chaque année, ce sont pas moins de 200 000 Iraniens (surtout des femmes) qui se font refaire le nez afin de s'embellir en vue d'un mariage réussi, comme un pied de nez au hijab qui les empêche d'afficher leur féminité.

En Iran, 200 000 rhinoplasties sont réalisées chaque année, soit 7 fois plus qu'aux Etats-Unis.

"C'est dans la nature humaine de vouloir attirer l'attention avec une belle apparence, des beaux cheveux, une belle peau... mais le hijab nous vous le permet pas. Alors, nous devons satisfaire notre instinct en exposant notre "art" sur nos visages". Le Guardian a enquêté auprès de ces Iraniens, en majorité des femmes, qui se livrent à une véritable quête de la perfection à coup de bistouri. Un propos qui peut sembler étonnant dans un pays où le port du voile en public est obligatoire depuis la révolution islamique de 1979. Le wavy et les brushings rétro n'ont pas droit de cité, et restent des mirages associés à l'Occident. Ce qui ne veut pas dire que les Iraniennes vivent en vase clos.

Avec l'arrivée des chaînes du câble et les films hollywoodiens, la population a découvert les stars et leurs visages si copiés. De quoi les motiver à sauter le pas et à avoir recours à la chirurgie. Car si elles ne se risquent pas à afficher leur chevelure ou un visage maquillé au grand jour, les femmes n'ont pas peur de défier l'autorité en apportant des modifications à leur visage. En Iran, c'est la rhinoplastie qui attire le plus de candidats, environ 200 000 hommes et femmes chaque année, selon une étude de la Rhinologie Research Society of Iran et de l'Université Johns Hopkins. Soit 7 fois plus qu'aux États-Unis. Pas mal, quand on sait que seuls 157 chirurgiens esthétiques détiennent une licence à Téhéran. Un véritable appel du pied au circuit parallèle, avec près de 7 000 médecins qui proposent leurs services aux plus offrants.

Dès 14 ans, elles passent la porte des cabinets pour se faire un "visage de poupée", copié sur ceux vus à la télévision. Qu'est-ce qui motive ce recours au bistouri ? Pour une minorité, c'est une question de complexes, d'amélioration de son image pour des raisons personnelles. Mais pour beaucoup d'autres, c'est le mariage qui est en question. Se faire refaire le nez, c'est un moyen de trouver "un meilleur mari, qui est lui-même dans une meilleure situation et a une meilleure position sociale", explique l'une des Iraniennes interrogées par le Guardian. Être belle pour grimper dans l'échelle sociale et s'assurer un avenir meilleur. Une motivation bien éloignées des simples considérations esthétiques qui ont cours chez nous...

Découvrez aussi ces stars qui ont eu recours à la rhinoplastie, sur Puretrend.

Catherine Brezeky

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