Coco Rocha, trop maigre pour la collection Mad Men de Banana Republic ?

Publiée Le Lundi 4 Mars 2013 à 17:30

Décidément, la minceur des mannequins est source à polémique ces temps-ci. Après les propos de Crystal Renn contre la taille zéro, voilà que c'est la nouvelle collection Mad Men par Banana Republic qui crée le buzz. En cause, le choix de Coco Rocha pour incarner la ligne, un top jugé trop maigre pour habiter l'âme des années 60. Alors, vrai ou faux débat ?

A l'heure où le mannequinat rime avec silhouettes androgynes (et parfois anorexie), l'ultra-minceur de certaines mannequins fait réagir. C'est ce qu'à pu constater la marque Banana Republic en postant des clichés de sa nouvelle campagne en hommage à Mad Men sur sa page Facebook.

  • 1/2

La nouvelle collection Mad Men de Banana Republic, avec Coco Rocha.

En août 2011, déjà, l'enseigne avait dédicacé une ligne à la création de Matthew Weiner. Il faut dire que la série a été un événement, raflant tous les prix et signant le retour des 60's dans le milieu de la mode comme du maquillage. On y a découvert les courbes affolantes de Christina Hendricks et les petits airs de Grace Kelly de January Jones, dans des tenues aux coupes vintage et féminines.

Après une première collection très inspirée de la série, réalisée en collaboration avec Janie Bryant, la styliste de Mad Men, Banana Republic remet le couvert avec une ligne qui fleure bon la fin des années 60, nettement plus colorée, à la gloire des yé-yé. Une collection inspirée du personnage de Megan Draper, alias Jessica Paré, charmante brunette à la silhouette menue. Pour l'incarner, Coco Rocha, la canadienne longiligne au visage anguleux. Trop ?

Car des commentaires postés sur la page Facebook critique ce choix, trouvant la mannequin "squelettique", à la limite de l'anorexie, en tout cas, pas du tout en phase avec les héroïnes de la série, comme Christina Hendricks. Il faut dire que pour une fois, la télé donnait à voir quelques femmes plantureuses, à l'image de l'Américaine lambda et de sa taille 42-44.

La marque et le photographe ont tenu à expliquer leur démarche. "C'était fascinant, parce que nous avons shooté dans un style très utilisé dans les photos des années 60, et je n'ai jamais eu recours à ce cadrage auparavant. C'est un style à la Twiggy où la prise de vue donne l'impression d'un visage zoomé et d'un corps plus petit. Je pense que nous avons vraiment capté l'essence des campagnes des 60s."

Certains ne sont pas aussi sensibles à l'art de la mise en scène et du cadrage, et trouve simplement le résultat en décalage par rapport à l'image de la série. Et il faut dire que Photoshop est aussi passé par là, accentuant la minceur de la top.

Ok, Coco Rocha est très mince, et la robe moulante dont elle est vêtue ne fait que le souligner. Mais à ceux qui pensent que toutes les femmes des années 60 étaient girondes, il faut rappeler que la minceur n'a pas été inventée dans les années 70, et qu'il a existé, de tout temps, des corpulences très variées. Jessica Paré l'incarne très bien dans la série.
A la décharge de Banana Republic, la première campagne castait également des mannequins classiques, donc très fines, et cela n'avait pas créé de ramdam. Peut-être à cause de la collection, moins près du corps, qui mettait plus en valeur les courbes féminines. Est-ce Coco Rocha qui fait la différence ? Le ras-le-bol ressenti par ceux qui ne se reconnaissent pas dans les campagnes de pub ? Un peu de tout ça, sans doute. Reste que, comme l'écrit The Gloss "Les mannequins conventionnels [comprendre très minces] ne sont pas l'ennemi".

Pour vous faire votre propre avis, découvrez la campagne Mad Men de Banana Republic.

Catherine Brezeky

sur le même sujet




commentez !

comments powered by Disqus
Plus de news : Tendance mode