Mais que sont devenus les fluokids ? Voilà une question à laquelle on ne s'attendait pas mais qui revient nous tarauder depuis que Yelle a sorti son deuxième album, Safari Disco Club. Que reste-il au groupe de son électro fluo, de son énergie débordante et de ses tenues de scène qui piquaient les yeux ? La même envie de faire bouger les foules. Même si les méthodes ont un peu changées.
Si Yelle aime toujours les combinaisons léopard, elle semble avoir laissé tomber les couleurs fluo. Et elle n'est visiblement pas la seule. Les Klaxons, Calvin Harris, Beth Ditto, Mika et même Jean-Charles de Castelbajac et Jeremy Scott pour la mode ont arrêté de voir la vie en technicolore. Ou presque.
Les fluokids se sont donc assagis en grandissant. Côté musique, Yelle et ses acolytes ont mûri, proposent désormais des textes plus fouillés et de la pop moins teens (Safari Disco Club) et se permettent même des parenthèses mélancoliques (Calvin Harris). Ce qui n'empêche pas quelques enfants fluo de se perdre en route en même temps qu'ils ont laissé tomber leur trip "colopsyché" (les Klaxons).
Rangés les concerts électro du label Ed Banger, casquette rose vissée sur la tête, jean vert et t-shirt jaune. Au placard, les collants violets et les robes à damiers pour danser sur Je veux te voir. Les fluokids ont découvert The Kooples et ses costumes de dandy... Si le mouvement a vécu ses heures de gloire entre 2006 et 2008, d'autres se sont pourtant empressés, cendres encore chaudes, de reprendre à leur compte les tenues colorées et l'état d'esprit euphorique de cette bande d'ados.
Elles s'appellent Katy Perry, Rihanna ou Nicki Minaj. Leur musique n'a plus grand chose à voir avec l'électro branchée des fluokids mais elles réussissent à écouler leur tubes dance à grands renforts de tenues "ridicool" et kitsh à mort, saupoudrés de l'élément qui manquait à nos ados colorfull : le sexy.
Une nouvelle donne qui semble ravir le public, visiblement pas lassé de cette profusion de couleurs néon. Tant et si bien que les défilés printemps-été 2011 foisonnent de couleurs, de mélanges à première vue clownesques, bref de ce que la presse qualifie de "color block" (soit aplat de couleur).
La génération fluokids aura donc inspiré toute une nouvelle tripotée d'artistes, au produit qui a perdu en qualité mais au packaging qui brille, qui attire l'oeil, qui retient l'attention et qui fait saliver comme un gros bonbon.
Caroline Lazard
Katie Holmes, maman poule avec sa princesse Suri
Cliquez sur un smiley pour l'insérer.