La disparition de Loulou de la Falaise à 63 ans

Publiée Le Lundi 7 Novembre 2011 à 11:20

Créatrice de bijoux, muse et collaboratrice du Couturier Yves Saint Laurent, Loulou de la Falaise vient de s'éteindre à l'âge de 63 ans. Elle fut l'une des figures parisiennes les plus inspirantes. Ses obsèques auront lieu en l'église Saint Roch à Paris le 1er novembre, dans l'église même où une cérémonie exceptionelle avait été célébrée à la mémoire d'Yves Saint Laurent, décédé en 2008.

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Loulou de la Falaise

Elle n'était pas qu'une muse pour Yves Saint Laurent mais une inspiration constante, une vibration qui amena avec elle dans ses valises de Londres tout un swinging sixties que le couturier transforma à sa manière pour s'ouvrir à une mode plus pop, plus légère et sortir des carcans de la Parisienne.

Pourtant, Loulou de la Falaise était une vraie Parisienne, ordonna à toute une nouvelle jeunesse l'art d'être désabusée avec légèreté et ce, dès les premiers temps de son deuxième mariage. Une fête fastueuse qui eut lieu en 1977 au Chalet des Iles dans le Bois de Boulogne, où les deux mariés arrivèrent dans une barque pleine de fleurs. Pour l'union de Loulou et de Thadée Klossowski de Rola, fils de Balthus, Yves Saint Laurent et Pierre Bergé avaient tous les deux imaginé une bacchanale démesurée : une faune habillée et enturbannée de blanc comme l'une des plus belles fêtes du temps de Schiaparelli, le Bal des Maharadjas.

Un temps des années Palace où le Paris s'éclaire d'illuminées, de jeunes gens en devenir comme Christian Louboutin et autres personnalités du gotha mondain.

La vie de Loulou de la Falaise a commencé en Angleterre, une vie de bohème au goût aristocratique. Maxime de la Falaise, mère de Loulou, mannequin favorite d'Elsa Schiaparelli – également créatrice chez Chloé - est une figure de la vie londonienne, mariée à Alain de la Falaise. À la fin de l'adolescence, au sortir d'un internat anglais dans lequel elle est entrée à l'âge de sept ans, la vie Loulou se partage entre deux destinées qui se confondront plus tard : entre des racines aristocratiques et des sorties nocturnes d'un Londres en ébullition, chez son oncle Mark Birley, propriétaire de la célèbre boîte de nuit Annabel's à Berkeley Square.

Puis elle devient rédactrice de mode pour le magazine Harper's & Queen avant de suivre sa mère qui vient de se remarier à New York. Elle connaît là-bas nombre d'amis comme les photographes Robert Mapplethorpe, Andy Warhol et pose déjà pour Vogue auprès de Richard Avedon ou Helmut Newton. Elle connaît un premier mariage avec l'aristocrate irlandais Desmond Fitzgerald.

Sa vie va rapidement basculer lorsqu'elle rencontre Yves Saint Laurent lors d'un thé donné à Paris par son ami Fernando Sanchez. Leur collaboration commence officiellement en 1972 et durera à peu près 30 ans. Dans ses valises, cette muse à la beauté aussi digne que provocante apporte une mode plus délurée, un charme bohémien fait de quelques haillons mais finement agencés et quelques créateurs égéries de Londres comme Ossie Clark. L'allure de Loulou de la Falaise va rapidement inspirer Yves Saint Laurent qui se tourne vers des collections plus hétéroclites aux charmes de l'Orient ou rendent hommage à l'allure des gitanes. L 'allure bohème mais sophistiquée de Loulou fait rage et offre à l'acuité du couturier un vaste champ des possibles, libérant un mélange des genres inédits sur les podiums. Chez Saint Laurent, Loulou est responsable de la maille et des accessoires mais invente en toute liberté des bijoux composés de matières brutes et pierres précieuses, et quantité d'autres inspirations qu'elle rapporte de ses voyages ou de son intérêt pour l'artisanat. En ceci, elle libère l'imaginaire d'un bijou fantaisie qui n'est plus le petit frère désuet de la haute joaillerie.

En 2003, Loulou de la Falaise tente l'aventure solo de collections qui souligneront son intérêt pour un prêt-à-porter coloré, libre dans ses associations de matières. Sa première boutique est Rive Gauche, rue de Bourgogne, une deuxième s'ouvre non loin de Chanel, rue Cambon.

Elle collabore en 2007 avec le couturier Oscar de la Renta pour une ligne de bijoux et crée des collections d'objets pour les Asiatides ou pour la boutique ethnique et chic, Liwan.

Créatrice, muse et figure d'un Paris des années 70 et 80, le visage de Loulou de la Falaise a marqué le destin d'une ville lumière, emportée par les fêtes, la liberté de croiser les genres humains. Un Paris qui s'éteint avec elle.

 

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