Accueil
Mode
Accessoires
Chaussure
Lingerie
Maillot de bain
Morpho
Street Style
Fashion week
Sélection
Beauté
Maquillage
Manucure
Soins
Bien-être
Coiffure
Vernis
Rouge à lèvres
Frange
Balayage
Lissage
Brushing
Coloration
Coiffure afro
Tous les dossiers
Joaillerie
Horlogerie
Mariage
Coiffure de mariage
Maquillage de mariage
Célébrités
1 Star, 1 Style
Copier le look !
Match de look

Hyères 2009 : morceaux choisis

Depuis une vingtaine d'années, je suis l'évènement mode du Festival d'Hyères avec un plaisir toujours renouvelé, plaisir qui consiste à pister la nouveauté et à se laisser surprendre par la façon dont elle s'exprime.

 

CONCURRENTS ET LAUREATS

Ce week-end, du 24 au 27 Avril, après le premier défilé du vendredi soir, rien ne semblait vraiment flagrant. Pourtant, j'avais trois numéros, dont deux traduisaient un univers de mode proche du jeu vidéo, que personnellement je trouvais relativement bâtard. Seule une robe, aux proportions parfaitement 50's, m'avais totalement séduite... Mais les 9 modèles l'accompagnant, tout en retenue, ne sont devenus évidents que le lendemain lorsque je les ai découvert sur cintre, dans les jardins de la villa Noailles. Une collection très aboutie que le duo letton, Martina Mastina et Rolands Peterkops, présentait sous d'énormes perruques, très BD, occupant la moitié haute de la silhouette. Dessous, parfaitement coupés et finis, des trenchcoat à multiples entrées, des manteaux de voleurs à la tire, gavés de poches intérieures, des vareuses de policiers preneurs d'empreintes digitales, des blousons de dealer en vinyle.

Cette collection soumise aux codes du cinéma noir, parfois hitchcockienne, pleine d'humour, obtint à la fois le prix du Jury et celui du sponsor '123': Coup double ! Un choix évident pour le président du jury, Kris van Assche : "C'est le travail qui tient le mieux la route, un très joli travail de recherche, un très joli univers, de belles histoires, un book photo intéressant et subtil où l'on ressent un univers très cinématographique. Bref, quelque chose de vraiment global qui en plus est parfaitement finit et fonctionne sur le podium. Après ça, c'est difficile de faire mieux .... Chaque collection présentait quelque chose de bien, c'est la raison pour laquelle parmi les 300 dossiers envoyés, nous avons choisi ces dix-là. Les dix modèles et l'univers des lettons sont à mes yeux les seuls globalement forts, à tous les niveaux".

 

EXPOSITIONS

Ce week end a vu également s'ouvrir une dizaine d'expositions passionnantes, je me suis attardée sur deux d'entre elles.

Le festival de Hyères nous a offert pour la première fois, une prestigieuse rétrospective du travail de photographe et directeur artistique Peter Knapp , à la Tour des Templiers dans la vieille ville. "Cette exposition me fait doublement plaisir" déclare-t-il avec un large sourire, "parce que ce sont des jeunes qui ont décidé de cette rétrospective. Actuellement, je ne m'occupe plus de mode, la photo n'est plus dans mes préoccupations, je suis plutôt dans la peinture, c'est donc Michel Mallard, le directeur artistique du Festival qui a conçu ça tout seul. Il a choisi dans mes archives, a décidé de la totalité de la scénographie et fait réaliser les agrandissements.

Et puis je trouve amusant que ces 25 ans de mon travail de photographe et de directeur artistique pour le magazine Elle, Courrèges et bien d'autres, se retrouve mis en abîme avec le film réalisé tout récemment par Arte, que l'on peut voir ici en avant Première. Un film présenté sur écran géant au sommet de la tour où l'on me voit aujourd'hui dans mes montagnes suisses, en train de peindre ou de faire du ski de fond. Ce que je trouve aussi très amusant, c'est le feuilletage des numéros de Elle des années 60-70 lorsque j'en étais le directeur artistique. La présentation donne l'illusion de la rapidité d'un feuilletage de magazine. Forcément cela me touche beaucoup, sentimentalement c'est très fort. Les jeunes disent: "c'est très moderne" mais lorsqu'on voit les dates, ce n'est pas tellement moderne, n'est ce pas ?!"

Le squash de la villa Noailles était réservé à l'exposition Steven Meisel. Curieusement, ce sont de plus de 300 ouvertures du Vogue Italie grandeur nature, qui couvraient les quatre murs de la salle de sport. Le photographe jouit pour ce support d'une liberté et d'une persistance dans la collaboration avec le magazine, ce qui est un cas exceptionnel dans la presse. Steven Meisel met en scène les grands et petits tracas de la vie des riches et taquine la grande bourgeoisie. Violence, sexe, harcèlement, guerre, dérives médiatiques, Meisel convoque les thèmes de société qu'il transpose dans ses narrations. Pourtant, et c'est la son tour de force, ses images fantasques se conjuguent avec un traité de la femme et du vêtement au top du glamour.

 

CÔTE DEFILES

PAQUITA PAQUIN : " Au Festival d'Hyères, c'est une manière différente d'appréhender un défilé comme un spectacle ? "

FREDERIC SANCHEZ : " C'est un défilé de dix modèles pour dix futurs stylistes qui viennent de sortir de l'école ce qui est très intéressant avec ce travail là c'est que chaque participant amène d'abord ses idées. Certains viennent avec leur bande son toute faite, d'autres ont des idées de morceaux mais ne savent pas très bien comment les mettre ensemble et il y en a d'autres qui n'ont pas d'idée du tout .Eux on les fait venir au studio, on les fait parler de la même manière que je fais avec les créateurs , pour s'apercevoir que sans même la moindre idée musicale, ils ont plein de morceaux dans la tête, et son fixés plutôt sur des ambiances, des sensations .
Comme à Hyères ce sont dix défilés de dix modèles à la suite, il existe aussi cette problématique : si trois défilés se suivent avec des musiques assez semblables celui qui est au milieu on va alors lui conseiller tout en restant dans le même état d'esprit, de changer quand même d'ambiance. Parce que dans la continuité du défilé ça ne va pas fonctionner il faut donner un rythme c'est plus compliqué. Il s'agit aussi d'un grand spectacle ce défilé d' Hyères, il est entre coupé d'annonces, de jingles ,de voix plus ou moins trafiquées étranges mais a chaque fois avec Maïda, en charge de la direction artistique, on raconte une histoire. On part sur une idée d'ensemble en 2009 nous c'était l'univers des jeux vidéo."

PAQUITA PAQUIN : " Vous êtes en charge du défilé des concurrents au Festival d'Hyères . "

THIERRY DREYFUS : " Je dessine le décor et les lumières, je fais aussi des messages live pour rigoler. Le festival d'Hyères c'est une famille Maïda, Grégory-Boana , en charge des défilés et Frédéric Sanchez, pour le son , Patrick Bouchain l'architecte du chapiteau posé sur la plage de l'Ayguade et bien sur Jean-Pierre Blanc, fondateur du festival. Les rapports sont fluides. Moi je reçois la musique pour m'inspirer et Maïda me dit ce qu'elle a dans la tête pour le show. Nous venons de terminer le 24 e festival on attaque déjà le prochain. J'ai proposé une scénographie pour le 25e on va se voir quinze jours trois semaines avant la date fatidique afin que pour l'occasion du quart de siècle de cet évènement tout soit encore mieux préparé en amont. Hyères c'est un moment de plaisir pour tout le monde. Fredéric Sanchez reçoit des demandes assez précises et avec son savoir faire et son pif, son oreille plutôt, il mixe ça. De mon coté. Moi j'ai un plan de feu sans rien savoir du tout.

Cette année J'avais 3 runways dans le but que les gens puissent voir les modèles de près Comme les concurrents ont peu de vêtements a montrer, là on a 75% de sièges pour le public, 25% pour les professionnels qui ne sont pas la pour acheter les 75% sont des gens de la région qui viennent voir de la mode et ressentent le besoin de la voir de près. Puisque les premiers rangs sont pris par les officiels : jurys et autres Maïda m'a dit souhaiter une approche plus généreuse vis-à-vis du public d'où la scénographie avec trois runways à des hauteurs différentes s'intégrant dans les gradins, l'avant-veille, le soir vers 20h 30, je rencontre les concurrents chacun me raconte son histoire, me disent ce qu'il cherche à donner comme ambiance. Le jeudi donc je leur montre les lumières. Les podiums en hauteur permettaient de voir le même vêtement sous des éclairages différents c'était vraiment intéressant.

UNE 24e EDITION SOUS LES INTEMPERIES

Cette 24ème édition du festival de mode et de photographie qui, une fois n'est pas coutume, ne s'est pas déroulée sous un soleil de plomb, mais sous la bourrasque, a permis de gagner du temps sur les bains de soleil et autres baignades pour mieux découvrir un nombre incroyable de défilés, d'expositions photos, vidéos et objets textiles, ainsi qu'une flopée de fêtes. Bref, une richesse d'évènements se déroulant dans la villa Noailles autant que dans la ville d'Hyères et ses environs.

Paquita Paquin

À ne pas rater