Connue et reconnue pour ses photographies de mode, Sarah Moon - un pseudonyme - est une artiste accomplie qui explore bien d'autres champs artistiques que ceux de la mode et de la publicité : longs et courts métrages, exposition, livres d'art...
Collaborations magazines : Vogue, Pirelli, Harper's Bazaar, Marie-Claire...
Collaborations marques : Cacharel , Max Mara, Chanel, Dior, Comme des garçons...
Campagnes célèbres : Loulou pour Cacharel , Anaïs Anaïs...
1941. La France est occupée. C'est dans ce contexte que Sarah Moon voit le jour. Sa famille, d'origine juive, s'expatrie vers l'Angleterre.
De son enfance, Sarah Moon n'en dira pas plus. Il n'en demeure pas moins qu'elle sera marquée par cette période et son travail s'en ressentira tout au long de sa carrière.
Après des études de dessin, elle se lance, dans les années soixante, dans le mannequinat puis passe derrière l'objectif pour photographier ses amies top.
Finalement, elle décidera de faire de la photographie son activité principale et commencera à réaliser quelques books de mannequins.
Elle se souvient d'avoir publié sa toute première photo dans l'Express et d'avoir signé Sarah Moon, sans trop se poser de question.
En 1967, elle rencontre Corinne Sarrut qui lui confie la création de la campagne Cacharel.
Pendant une vingtaine d'années, la jeune femme confectionnera avec minutie l'image de la marque avec une esthétique reconnaissable entre toutes : jeunes filles en fleurs dans des cadres vaporeux et romantiques... L'une de ses premières images interpelle l'éditeur Robert Delpire.
Rencontre. Mariage. Les deux ne se séparent plus.
Les créations signées SM paraissent dans des magazines plus prestigieux les uns que les autres : Marie-Claire, Harper's Bazaar, Nova, Vogue, Elle... Sarah Moon enchaîne les campagnes publicitaires pour L'Oréal, Patou, Cacharel..., les expositions à travers le monde entier, les courts-métrages - on se souvient tous de " Loulou c'est moi " - puis signe le célèbre calendrier Pirelli en 1972.
En 1985, suite au décès de son ami et assistant Mike Yavel, elle donne à sa carrière un nouveau tournant et tourne le dos à la photographie de mode.
Désormais elle ne fera plus que de la photographie sans commandes, pour elle. Elle fait de Paris son terrain de jeux, adopte le Polaroïd noir et blanc avec négatif.
Son travail est unique.
On y croise des personnages rencontrés dans les contes d'enfants, le cinéma des années 20... Le désir, la solitude, la peur, la beauté, la disparition, la mélancolie... y ont élu domicile.
Les photos sont quasiment toujours en mouvement, les visages effacés ou baissés, les corps parfois amputés...
Les clichés sont volontairement abîmés, dégradés, griffés pour leurs donner un aspect vieilli.
Dans les années 90, elle revisite l'univers des contes pour enfants avec " Le Petit Chaperon Rouge ", réalise son premier long-métrage " Mississipi One (1990), un conte empoisonné avant d'exposer quatre ans plus tard aux Rencontres Photographiques d'Arles.
"Contacts" en 1994, " Lumière et Compagnie " en 1996,
" J'ai choisi cette photo..." en 2000, " Circus " en 2002, " Le Fil Rouge " en 2005, " La Sirène d'Auderville" en 2007, viennent enrichir son travail de réalisatrice.
Ses créations tant photographiques que cinématographiques ont été à maintes reprises récompensées : Lion d'Or en 1979 pour les films Cacharel puis en 1986, 1987 et 1989. Grand Prix de la photographie de Paris en 1995, Prix du public de Moscou en 2007 et enfin le Grand Prix de la société allemande de photographie et enfin, le Prix Nadar en 2008.
Avec " 1, 2, 3, 4, 5 " son dernier ouvrage paru fin 2008, elle porte un regard sur quarante ans de carrière ; Une exposition à la Galerie Camera Obscura prolonge ce livre.