La genèse de la maroquinerie Louis Vuitton vient d'un savoir-faire, d'une dextérité et d'une observation.
Louis Vuitton veut que les bagages suivent les voyageurs sans les entraver, il veut créer des accessoires adaptés au nouveau mode de vie qui est en train de se dessiner. C'est pourquoi il a l'idée de transformer les encombrantes malles aux coffres rebondis en des valises plates qui auront la faculté de se ranger facilement et de pouvoir se superposer. Le succès qu'il rencontre est immense, car ses produits sont en adéquation parfaite avec les aspirations du moment.
En 1896, en plus de ce motif inédit qu'est la toile "Monogramme LV" (damier beige et marron ), Vuitton mettra au point une nouvelle matière, une toile grise (gris Trianon) qui allie résistance, imperméabilité et légèreté, et qui remplace à merveille le cuir. Cette toile donnera naissance un peu plus tard à toute une ligne de bagages souples, facilement transportables et aux tailles variées, s'adaptant à tout type de voyage.
En 1932, le sac Noé, qui s'inspire des sacs adaptés aux voyages en bateau, est un véritable succès et devient dès lors, un des classiques de la maison.
En 1959, Vuitton innove en déposant un brevet pour un nouveau type de toile enduite souple, avec support lin ou coton.
Une ère nouvelle commence. De nouvelles lignes de bagages malléables et faciles à vivre vont naître. C'est un succès retentissant.
En 1985, la marque Louis Vuitton qui se reposait un peu sur ses lauriers décide de se ressaisir. Elle étend sa gamme et lance la fameuse ligne Epi en cuir grainé, parée des couleurs flashy des années 80, suivie par la ligne masculine Taïga en 93, et la réédition de la première toile damier en 96. Du culte de la tradition, on passe insensiblement au vintage, et les 150 ans du Monogramme seront fêtés comme il se doit par sept sacs en édition limitée signés des créateurs Azzedine Alaïa, Manolo Blahnik, Romeo Gigli, Helmut Lang, Isaac Mizrahi, Sybilla et Vivienne Westwood .
De la mallette "tout-en-un " à la malle-lit, des penderies de voyages imaginées par Louis Vuitton à la toile ultra résistante et imperméable, où les éraflures ne marquent pas (conçue en 1959), jusqu'au monogramme revisité dans les années 2000 par Takashi Murakami (qui s'est alors vu paré de couleurs acidulées), Louis Vuitton est sur tous les fronts, tant sur le plan de l'innovation que sur le plan stylistique et artistique.
Outre la maroquinerie, le prêt-à-porter masculin et féminin Louis Vuitton, la création maison engendre aujourd'hui des montres Louis Vuitton, une ligne de joaillerie Louis Vuitton, des lunettes Louis Vuitton, des chaussures Louis Vuitton, des carnets de voyage aquarellés Louis Vuitton, des city-guides Louis Vuitton et même une collection de livres sur le voyage, car aucun ne saurait se faire sans l'accompagnement de la marque ...
La marque Vuitton innove aussi sur Internet. Dès 2007, elle lance son programme Countless Journeys dans lequel des personnalités comme Catherine Deneuve , André Agassi, Francis Ford Coppola, Keith Richards le fameux guitariste, ou Mikhail Gorbatchev partagent leurs impressions de voyages dans plusieurs capitales mondiales de la mode.
Mais avoir Gorbatchev en photo pour sa campagne a un prix, et Louis Vuitton a dû faire un don important à l'association Green Cross International dont Gorbatchev gère les intérêts.
Avec ces publicités, Louis Vuitton dans son engagement actif à promouvoir la responsabilité environnementale et le développement durable, verse des dons à l'association The Climate Project.
Sean Connery est à l'affiche pour la dernière campagne Vuitton dont le slogan s'inscrit dans la continuité des anciennes campagnes: "Certains voyages se transforment en légende"
Mais après Jennifer Lopez, Uma Thurman et Sean Connery, Madonna devient la nouvelle égérie de la campagne printemps-été 2009.
Mert Alas et Marcus Piggott ont cédé la place à Steven Meisel et sa "Madone" qui incarne "la quintessence de la Parisienne de Marc Jacobs" avec une mise en scène rétro-chic au décor sépia, boisé et zébré. Une invitation au fantasme bourgeois, réelle attraction de la campagne.
Connexions
Louis Vuitton est avant tout une maison proche du monde de l'art : il suffit de voir les magnifiques architectures de ses différentes boutiques, conçues par des architectes éclectiques et talentueux, ou encore ses vitrines, où elle laisse s'exprimer les artistes, et même les étudiants de la Saint Martin School.
Aux Champs-Élysées, la maison abrite des oeuvres de James Turrell, Olafur Eliasson et Tim White-Sobieski.
En version mini, verni, glacé, denim ... sous l'impulsion de Marc Jacobs de nombreux artistes ont potassé sur le sempiternel motif de la marque. L'artiste underground Stephen Sprouse a conçu la toile Grunge Graffiti, le Eve love Monogram multicolore sans oublier le Monogram cerises de Takashi Murakami.
La marque s'associe également à des événements qui illustrent à merveille son goût pour les traditions et les performances. Louis Vuitton Classic est ainsi le concours le plus prisé par les collectionneurs de voitures, tandis que la Louis Vuitton Cup est associée à la plus prestigieuse des compétitions de yachting.
Sous l'impulsion de Bernard Arnault, LVMH lance en 2006 le projet de la Fondation Louis-Vuitton pour la création et l'art contemporain qui doit réunir une partie de la collection privée de Bernard Arnault et des oeuvres acquises par le groupe LVMH ces dernières années. Ce centre devrait ouvrir ses portes en 2010 au Jardin d'acclimatation de Paris. Le bâtiment dont le projet s'appelle "nuage" sera l'oeuvre de l'architecte américano-canadien Frank Gehry.