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Upcycling : et si l'avenir de la mode était dans nos poubelles ?

Les Récupérables, l'une des marques de revalorisation textile à connaître.
Les Récupérables, l'une des marques de revalorisation textile à connaître.

Le constat est sans appel : l'industrie textile est le second plus gros pollueur après l'industrie pétrolière. En France, 600 000 tonnes de produits textiles (vêtements, linge de maison, chaussures) sont mis en vente chaque année*. Et finiront à la décharge. Mais la prise de conscience est en marche et l'upcycling se développe. Le recyclage, l'avenir de la mode ?

"Il y a assez de fibres pour habiller 4 générations de 12 milliards d'habitants sans en produire de supplémentaires" (L'Obs). Thomas Ebélé, co-fondateur de la plateforme Sloweare (qui permet de trouver des boutiques écoresponsables près de chez soi) a de quoi être en colère. Car si elle tente de nous vendre du rêve, l'industrie de la mode a surtout un bilan cauchemardesque.

Sur les 20 milliards de chaussures vendues chaque année dans le monde, seuls 5% sont recyclés, les 95 autres finissent incinérés ou à la décharge. Pour les vêtements ce n'est pas mieux, à peine 20% ont droit à une deuxième vie.

Certes, les programmes de recyclage mis en place par les grosses enseignes montrent bien que l'industrie de la fringue commence à avoir les oreilles qui sifflent et à en prendre conscience. Mais la fast fashion a la peau dure et les réflexes d'achat sont encore bien ancrés. Pourtant, les démarches encourageantes continuent de se multiplier.

Il y a le premier réflexe, celui de se dire que plutôt que de produire encore et encore, il suffit d'acheter des pièces de seconde main, en friperie ou en recyclerie. Une démarche qui en rebute encore certaines mais qui, il faut bien l'avouer, tant à se populariser. Le retour des pièces 90s dans nos vestiaires ne fait que nous encourager à chiner dans les rayons d'Emmaüs et autres Guerrissol à la recherche de pépites. Reste que certaines pièces se démodent ou sont juste immettables, alors qu'en faire ?

"C'est dans les rideaux qu'on fait les plus belles robes"

Pour être stylée sans participer à une industrie qui pollue et impose des conditions de travail affligeantes à l'autre bout du monde, des marques ont fait le pari de l'upcycling. Le "reyclage par le haut", soit la revalorisation de matières premières. "Le déchet est une ressource", martèle Anaïs Dautais Warmel, créatrice des Récupérables.

Lancée en 2015, la marque donne une seconde vie aux nappes, rideaux et autres housses de couette récupérées en ressourcerie et transformées en pièces à fort potentiel mode. "Ce que j'ai voulu faire avec ce projet, c'est proposer des solutions. C'est dire : voilà, c'est catastrophique, déprimant, tragique, mais on peut chacun faire quelque chose" (Les Inrocks).

Combi rayée, tops fleuris, des pièces (presque) uniques et dans l'air du temps qui portent de vraies valeurs, comme le made in France.

Elle aussi basée à Paris, la marque Atelier Gaelle Constantini fonctionne sur le même principe de circuit court et fermé. Comprendre : une pièce issue de l'atelier peut être réexpédiée si elle ne sert plus, afin d'être à nouveau upcyclée. Là aussi, c'est le linge de maison, plus facile à retravailler, qui est privilégié.

Mais la démarche responsable de s'arrête pas là, Gaelle Constantini ayant mis en place des ateliers d'insertion dédiés aux chômeurs de longue durée et aux bénéficiaires du RSA. L'idée, là encore : contrer les côtés pervers d'un monde de la mode qui a commis plus d'un impair pour proposer des pièces tendances à des prix toujours plus réduits.

Il n'y a pas qu'à Paris que cela bouge. La preuve avec Hopaal. Originaire du Sud-Ouest, la marque propose des vêtements pour homme et pour femme 100% recyclés. Aucune nouvelle matière produite ni teinture, les fils sont obtenus à partir de chutes de production en coton et de bouteilles collectées pour être transformées en polyester. Et l'enseigne d'afficher fièrement son "manifeste", incarnant cette nouvelle mode engagée qui veut qu'on s'habille sans pourrir la planète au passage.

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Et qu'en est-il des gros acteurs du secteur ? Ça bouge aussi (doucement mais sûrement). Depuis 2015, Adidas collabore avec l'association Parley for the Oceans pour produire une paire de baskets 100% recyclées. Preuve de son succès (et que l'attente pour ce type de produits est bien là), l'enseigne en a vendu plus d'un million d'exemplaires...

L'an passé, c'est la marque Veja qui s'est associée à Surfrider Foundation Europe (qui lutte contre la pollution des océans, des lacs, rivières et du littoral) pour créer une basket à partir de plastique recyclé dont l'intérieur bardé d'un imprimé mégots et bouteilles porte un message clair.

Demain, tous upcycleurs ?

Le mouvement trouve aujourd'hui de plus en plus son public. Reste que revaloriser revient plus cher que produire du neuf. Et que changer les réflexes d'achat de millions de consommateurs biberonnés aux pubs prend du temps.

"Les gens me disent que nos prix sont un peu élevés", explique Anaïs Dautel Warmel des Récupérables aux Inrocks. "Mais c'est une question d'habitude de consommation. Si chaque mois on économisait au lieu de dépenser 30 euros en vêtements pas chers, on pourrait se permettre de s'offrir une belle pièce durable. C'est ce que faisaient nos grands-mères".

Consommer oui, mais mieux, quitte à avoir (un peu) moins, une autre façon de faire son shopping.

* : selon le rapport "J'ai la fibre du tri" publié par l'agence Eco TLC.

Catherine Brezeky

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