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Rencontre avec Djemila, personnalité hors norme

À l'époque de la Main Bleue, du Palace et des Bains Douches, Djemila était à 17 ans, la plus piquante des filles de la bande, féline et agressive, avec des réparties de génie. Elle s'habillait comme personne et débordait de sex-appeal. Consciente d'avoir à une époque "fait Paris" ce qui équivaut à assurer le succès des lieux auxquels elle faisait cadeau de sa présence, Djemila fut aussi partie prenante dans la grande aventure du magazine Façade où pendant cinq ans elle dirigera la rubrique mode. C'est dans cette continuité qu'elle crée en juillet dernier, avec le soutien de Jean-Louis Costes, son blog : Djemila au Costes, un espace où elle exprime ses choix et ses goûts en matière d'élégance et de vie parisienne. Une sélection à laquelle j'adhère tout à fait intuitivement car il révèle sa personnalité hors norme.


C'est toi qui a eu l'initiative de ce blog?

J'ai proposé l'idée à Jean-Louis Costes. C'est un homme qui me fait confiance, il aime et respecte la personne que je suis et ce que je représente. Il a vu que j'étais en mouvement et a financé ce projet. C'est une bonne association.

Tu travaillais déjà pour les Costes ?

Oui, je publie chaque mois dans le Palace Costes les carnets de Djemila K. Désormais il existe aussi ce blog, Djemila au Costes, qui n'est bien sûr pas uniquement réservé aux clients de l'hôtel, même s'ils y sont tous abonnés. On met systématiquement à leur disposition un iPad.

Pourquoi t'exprimer à travers un blog ?

Internet est un média génial, dommage qu'il n'existait pas encore dans les années 80 ! Je m'amuse beaucoup avec ce blog, mais aussi avec les blogs des autres : ce sont des lieux où l'on découvre le goût des gens, leur façon d'appréhender les objets, un regard intime que je préfère souvent à celui des magazines, même très pointus.

Tu as réussi à maîtriser la technique et la forme pour la mise en ligne...

Dans ce projet, je suis le directeur artistique. Je fais toutes les photos et les recadre moi-même pour aller toujours à l'essentiel. Je re-photographie même les documents papier afin de donner mon empreinte. Je suis encore un peu freinée par la technique et toujours à la recherche d'un super technicien avec un sens artistique, car c'est douloureux de travailler avec des gens qui ne comprennent pas ton goût.


Quel but poursuis-tu avec ce blog ?

Il répond au besoin de faire partager ma vision, mon goût, ce que j'aime. Parfois je me sens frustrée de voir des gens bourrés de talent dont personne ne parle, alors je reste à l'affût. Julien d'Ys par exemple, qui a tellement donné aux défilés et aux images de mode. C'est quelqu'un qui a contribué à façonner l'image de la mode pendant deux décennies, il a laissé une trace. D'ailleurs personne ne s'y trompe. Quand j'ai sorti cette info sur son exposition, des rédactrices de talent m'ont contactée pour l'interviewer. Je suis tout à fait pour parler de cette arrière-garde, responsable d'une certaine image de la mode. Pour Julien d'Ys, c'était passionnant de découvrir ce qui inspire ses coiffures à travers ses sculptures et peintures torturées, presque punk.
Dans ce blog il y a ce plaisir de rendre hommage, de faire partager les découvertes mais aussi, celui de donner l'info, comme lorsqu'on parle d'endroits géniaux à Paris pour prendre un verre, ou s'acheter la paire de lunettes du moment. Très vite je vais inviter des personnalités à parler de cinéma ou d'autres sujets qui les passionnent.


Inclure des photos de toi du passé, cela t'amuse ?

Je trouve ça drôle ! Déjà ça montre des looks très intéressants : je portais des perfectos déjà en l'an 15, des tenues de Mugler puisque je défilais pour lui, ou des looks concoctés par Pierre et Gilles. Ce que je fais dans ce blog est totalement dans la continuité de ce que faisais quand j'étais au comité de rédaction de 1979 à 1984, quand j'assurais la direction artistique des pages mode, des séries pour lesquelles je choisissais le photographe les mannequins et les vêtements. À cette occasion, j'ai pu découvrir des photographes comme Patrick Swirk qui depuis ont fait leur chemin. C'est auprès d'Alain Benoît et d'Hervé Pinard que j'ai appris la direction artistique.

À qui tu veux t'adresser ?

À des gens comme moi, comme toi... Ma cible est très vaste, de l'étudiant en prépa, au client de l'hôtel Costes en passant par la bête de mode. Je reçois des mails d'aficionados, qui me disent aimer le style de mes textes et qui trouvent un côté frais à mes choix. Ils adorent les titres amusants des rubriques : flâner, grignoter, frimer, people'tte... avec des photos people que je fais moi-même et qui ont très peu à voir avec les tapis rouges. Comme par exemple : Alain Touraine, Fabrice Luchini, Stéphane Hessel ou Ara Stark.

On sent dans tes textes un vrai plaisir de la belle écriture...

Grâce au magazine Façade créé par des publicitaires, j'ai une formation plutôt exigeante. J'ai grandi avec des gens qui savaient comment rendre excitante et branchée toute info, l'entourer à la fois de sexy et de délire. À cela j'ajoute une touche poétique. Je suis très loin du langage des bêtes de mode, d'ailleurs je sature un peu sur la façon dont on essaye de m'exciter sur la mode et ses produits.
Je suis une pure Parisienne branchée. À une époque, c'est nous qui faisions la mode et ce blog est une façon de poursuivre et d'avancer toujours avec le même ton insolent et rebelle. Quand je vois certains magazines, je me dis que je n'ai pas du tout envie que l'on me parle comme ça.

Quel est l'éventail des sujets que tu traites ?

Il est vaste, comme vous pouvez le voir. Je parle aussi bien d'une voiture électrique, la Renault minuscule, comme de la dernière réédition d'une Norton. Je pourrais tout aussi bien parler de la charcutière de la rue Rambuteau. Je parle le parigot pour les Parisiens et les Parisiens d'adoption, même si je les envoie faire des escapades hors les murs pour des expositions qui en valent le coup.


Propos recueillis par Paquita Paquin

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