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Pourquoi il est temps de montrer TOUS les corps en lingerie

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Les mots "inclusivité" et "body positive" n'ont jamais été autant employés qu'en 2018. Pas de doute, il y a du progrès. Reste que le dernier show Victoria's Secret - l'évènement mode le plus suivi au monde - prouve qu'il reste un bon bout de chemin à faire avant de se sentir vraiment bien dans sa petite culotte. 

En fille (pardon, jeune femme) née à la fin des années 80, j'ai grandi comme beaucoup à l'ère des top models. Dans les magazines, à la télé, sur les publicités affichés en 4x3, il n'y en avait que pour les Naomi Campbell, les Cindy Crawford ou les Claudia Schiffer. Pas vraiment de quoi se reconnaître quand on fait un petit mètre 60 et pas une taille 36.

Si le règne de la taille zéro n'est pas encore fini, les mentalités changent et ça bouge enfin du côté de la mode. Plus de couleurs de peau, de morphologies différentes, un poil moins de retouche... Oui, il y a du progrès. Et les "leçons de séduction" ancrées dans les mémoires signées Aubade ont soudain pris un sacré coup de vieux.

Reste que certains font de la résistance. Ce que confirme le dernier show Victoria's Secret, qui a eu lieu ce jeudi soir à New York. Le défilé pourrait sembler pour beaucoup anecdotique - après tout, en dehors d'une boutique située à l'aéroport d'Orly (pas vraiment la porte d'à côté), la marque n'a pas de présence physique en France. Pourtant, il est révélateur de "l'ancien monde", comme dirait l'autre.

Car, sous ses tonnes de plumes et ses Anges aux jambes huilées, le défilé Victoria's Secret ("VS" pour les intimes) est l'événement mode le plus regardé de la planète. Pensez, 800 millions de spectateurs dans 190 pays. De quoi donner le vertige. Forcément, les artistes qui s'y produisent et les tops qui y défilent ont un sens.

Cette année, la marque a choisi d'inviter sur son show Winnie Harlow, top canadienne atteinte de vitiligo, ainsi que Kelsey Merritt, la première mannequin originaire des Philippines à défiler pour Victoria's Secret. On s'en réjouit, bien sûr. Reste qu'avec leur morphologie, elles ne chamboulent la norme que très modérément.

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Pour une grande majorité de gens, le show VS, ce sont des femmes aux jambes fuselées, au ventre plat et à la taille S. Et il n'y a pas de mal que ces femmes-là soient représentées. Le problème, c'est qu'elles soient les seules à l'être.

Car qui achète ces petits soutien-gorges en dentelle ? Des clientes de tous horizons. Que la marque ne met jamais en avant, ni dans ses campagnes, ni sur son podium. Ce positionnement est classique. Poussiéreux, en 2018. La marque a parfaitement le droit de s'y tenir. Mais tout de même, d'un point de vue marketing, ça a ses limites.

Prenez l'exemple d'Aerie. Certes plus confidentielle, cette marque de lingerie a décidé il y a plusieurs années de ne pas retoucher ses campagnes. Oh, des corps "normaux", sans peau lissée artificiellement. Et des modèles qui n'ont pas l'air d'avoir été étirées sur Photoshop, avec des corpulences variées. C'est fou, on nous vend des petites culottes, mais en nous montrant à quoi ça ressemblerait vraiment sur nous.

L'intention d'Aerie est celle de toute marque : vendre. Mais elle le fait en présentant une image honnête de ses produits, sans en faire tout un plat.

Ce positionnement, on le retrouve chez une autre marque qui a fait beaucoup parler : Savage x Fenty. Transposant sa vision inclusive du make-up à la lingerie, Rihanna a fait ce que plein d'enseignes n'osent pas : montrer des corps normaux, divers et variés.

En 2018, cela passe encore pour du militantisme là où on pourrait espérer que ce soit la nouvelle norme. Et encore, il y a aussi la question de la visibilité des corps handicapés, ou celles des corps plus âgés.

Doucement Jeannine, y en a qui ont déjà du mal à reprendre leur souffle après ça, il faudrait pas y aller trop fort quand même. Et puis ce mouvement "body positive" servi à toutes les sauces (et parfois mal) passe parfois pour Bisounours.

Alors qu'on le rappelle : c'est en montrant des corps différents avec bienveillance qu'on les réconciliera avec leurs propriétaires. Et qu'on habituera notre oeil, après des années de visuels retouchés. Ce qui devient une habitude devient la norme, autant que cette habitude soit porteuse d'une dimension positive.

On peut penser que les jeunes qui grandiront en voyant plus de Tash Ncube ou d'Ashley Graham auront une vision moins stéréotypée du corps. Moins de complexes, de troubles alimentaires, de dépression. Certes, les marques de lingerie ne changeront pas le monde. Mais elles contribuent à faire bouger les lignes. Et ce serait bien que Victoria's Secret prenne le train en marche.

C.B.

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