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La buzzcut, coiffure militante

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La buzzcut s'impose depuis quelques années comme coiffure tendance. Mais plus qu'une coiffure, cette coupe peut s'avérer être un véritable acte militant. Cassant l'idée qu'une chevelure longue est le symbole ultime de la féminité, la buzzcut va plus loin que la coupe dite "garçonne". Puretrend a mené l'enquête sur la question et a récolté le témoignage d'une femme qui a fait ce choix de manière volontairement engagée. 

A l'heure où les stéréotypes de genre sont farouchement combattus, la buzzcut s'impose comme un choix audacieux et très souvent engagé. En effet, pour une femme, se raser les cheveux a une symbolique forte et s'affiche comme le refus d'accepter l'idée selon laquelle il n'y a que la chevelure longue qui soit garante de féminité.

Une coupe féminine et féministe

"Déconstruire" est le mot d'ordre des femmes d'aujourd'hui. En effet, le féminisme et tous les mouvements qu'il génère s'attellent à prôner l'amour de soi et l'acceptation de tou.te.s en déconstruisant l'image de la "femme parfaite". On comprend donc que la buzzcut est un pied de nez aux canons de beauté stéréotypés.

Olga V. (alias The Uptotimist sur les réseaux sociaux) a opté pour la buzzcut l'année dernière.

"C'était l'occasion de questionner le concept de féminité dans lequel on m'a élevée, dans une démarche féministe et de questionnement personnel sur le genre, puisque le concept de féminité est plutôt associé aux cheveux longs dans l'imaginaire collectif"

Ce changement radical a pour Olga une signification forte et est le fruit d'une véritable réflexion. "Cela implique un changement de regard dans l'espace public, la remise en cause des normes physiques associées au 'féminin' et au 'masculin' sur soi-même, le rejet de la beauté unique ultra-restreinte... La démarche de se raser les cheveux est un acte bouleversant au niveau personnel, mais aussi politique, à mon sens. Du moins, c'est ainsi que j'ai vécu cette puissante expérience capillaire... Et bien que je sois en phase de repousse actuellement, je sais que j'y reviendrai un jour. C'était trop bon !"

La buzzcut peut ainsi être perçue comme le symbole physique d'un engagement militant. "Voilà des années que je teste toutes les coupes et couleurs possibles et que me raser la tête me faisait aussi peur qu'envie", confie Olga. "En tant que meuf grosse, j'ai pris conscience que j'avais souvent tendance à me 'cacher' derrière mes flamboyantes crinières, et puisque je suis militante fat positive et body positive, c'était un défi que j'avais envie de me lancer."

Mieux, au-delà d'une initiative qu'on pourrait presque qualifier de "politique", la buzzcut est un fabuleux outil d'acceptation, une manière de se voir autrement.

"J'ai fait ça sur un coup de tête en rentrant de soirée, vers 1h du matin et c'était totalement grisant, je n'arrêtais pas de me passer la main sur ces cheveux fraîchement tondus, d'une douceur incroyable", raconte Olga. "Et puis c'était en fin de printemps, je me suis tout de suite sentie mieux respirer ! Ensuite est venu ce moment de réalisation : plus possible de reculer, c'est fait, c'est là. Et j'en fais quoi alors de ce crâne presque nu maintenant ? Étant très fan d'accessoires et de maquillage, j'ai tout de suite expérimenté ce qui se prêtait le mieux à cette coupe et j'avais l'agréable sensation de me redécouvrir. Comme je l'imaginais, mon visage n'était plus caché avec cette coupe, impossible. Avec cet exercice, j'ai appris à beaucoup mieux l'accepter tel quel. Et c'est une grande victoire."

Une coiffure à contre-courant

Si la buzzcut a fait son grand retour dès 2016 (remis au goût du jour par de nombreuses célébrités), la porter c'est aussi accepter les revers que cela peut impliquer. "J'étais surprise par le nombre de réactions positives que j'ai reçues, alors même que je réapprenais à kiffer mon reflet dans la glace ainsi, et que je ne sentais pas forcées mais vraiment sincères", confie Olga.

"Beaucoup de personnes m'ont aussi fait part de leur admiration d'avoir osé sauter le pas, je vais pas mentir, c'était un petit ego trip bien sympa aussi. Mais en même temps, je fréquente quasi exclusivement des cercles féministes et LGBTQI, donc mon vécu n'est pas forcément le plus représentatif de ce qu'un changement d'apparence pareil peut générer en société...".

Car comme pour les femmes qui décident d'aller à contre-courant, que ce soit en arrêtant de s'épiler ou en affichant en étendard leur acceptation d'elles-mêmes telles qu'elles sont, cela déstabilise certains qui répondent par la force et la violence verbale. "J'ai aussi eu la sensation de vivre un changement dans la manière dont j'étais harcelée dans la rue : c'est passé d'un registre sursexualisé à des propos lesbophobes", raconte ainsi Olga, "Ce qui n'a fait que nourrir ma réflexion sur ce que l'on dit être la féminité, pensée de manière très codifiée et surtout, hétéronormée, par notre société patriarcale.".

Une réflexion qui semble nécessaire et qui prouve bien que la buzzcut est bien plus qu'une simple coupe. Il semble également important de souligner qu'en générant des réactions disproportionnées et épidermiques en ne correspondant pas à l'image de féminité et aux canons de beauté, elle s'adopte en conscientisant ces problématiques et pas seulement sur un coup de tête.

Héloïse Famié-Galtier

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