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Défilé Croisière Louis Vuitton 2018 : l'essentiel d'un show plus-que-parfait

Présentée à Kyoto le 14 mai dernier, la dernière collection de Nicolas Ghesquière brouillait habilement les pistes, de l'hexagone aux terres nippones jusqu'à la réinvention d'une silhouette bohème ou transgenre. Un show pas comme les autres : évocateur, provocateur, précurseur. A suivre à la trace.

Il y a chez cet homme une volonté de réinventer les codes. Ce qu'on préfère chez lui ? Son incroyable sens de ce que sera l'époque, très en avant, mêlé à une approche de la silhouette millimétrée, même dans ses évocations les plus folles et sa conception du vêtement, parfois, à la limite du rigide. Prophétique, Nicolas Ghesquière l'est certainement. Dans sa perception de ce que sera l'avenir, évidemment, mais aussi de par sa science des volumes. Est-ce alors un hasard s'il décidait de présenter le dernier défilé Croisière de la maison Louis Vuitton au sein du Miho Museum de Kyoto, pensé par un autre visionnaire en son genre, l'architecte Pei ?

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Le show, sauvage et sismique derrière ses volumes affirmés et ses rayures graphiques, fusionnait tradition et modernité, nature folle et architecture, urbain et organique - jusqu'à en retisser les liens à une période qui en manque cruellement. Poétiquement politique, politiquement poétique : un défilé également marqué par la présence, entre vibe 70's et futur proche, du mythique designer japonais Kansaï Yamamoto. Cet autre démiurge, créateur des costumes du David Bowie de l'époque, signe ici des motifs, symboles et personnages qui viennent frapper du sceau de leur nipponerie modèles et accessoires. Amazones kabukis, petits princes décalés, caïds interlopes et transgenres... Réinventer la roue ? En quelque sorte.

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Jeu d'optique et de rayures : un sens de l'équilibre parfait pour une silhouette au cordeau, inédite, graphique-chic. L'évocation d'un page des villes, le charisme de l'enfant-héros de Saint-Exupéry : un working boy dans un corps de femme, les peintures de guerre en plus. Le sac seau griffé du monogramme change encore la donne.

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Homme ou femme ? Intrinsèquement macho, la figure du Yakuza se dédouble lors de ce premier passage et redouble de borderline. Mythique quoique déboulonné, le gangster japonais se réinvente dans la forme. Vous reprendrez bien une dose de soufre ?

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Libertaire, tambour battant, la robe selon Ghesquière se taille la part du lion dans un imprimé ancestral qu'on croirait extrait d'une estampe. Ou quand l'éternel féminin, conquérant, se réinvente.

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Electrique et cinétique : le tweed finit pop art, le Prince de Galles secoué. Le pantalon citrouille et le col rond graphique deviennent des modèles d'équilibre et terres de fantasme.

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Coalition transalpine, cosy et gouailleuse : cochez toutes les cases à la fois. Soixante-dix en diable jusqu'au col cheminée et à l'association des coloris, orange et gris ORTF mélangés, blouson de ski écolier, bottines panthère : à la sortie du téléski, c'est le télescopage.

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Va-t-en guerre ou allez en paix : une silhouette forte et fluide, carapace ninja au top, éther du pantalon, désarmement des quelques centimètres carrés de peau qui dépasse. Pierrot pastel et arme fatale.

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Plissé et forme : l'évocation des manteaux samouraïs. Entre camouflage et imprimé digne d'un tableau d'Hokusai, la femme Vuitton par Ghesquière manie le vocabulaire guerrier sur le fil de la lame.

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"Space Oddity", le fameux opéra rock de Bowie et ses costumes deviennent ici vestiaire. Camel et bleu R.A.F, plomb et turquoise : un nuancier de couleurs qui signe aussi le maître.

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Croco et sequins, boots intrépides : la plus rock'n'roll des silhouettes de ce défilé, beaucoup plus frondeur dans le fond que la forme. Aux totems creux, préférer les manifestes.

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Volumes XXL, repensés, paradoxe des jambes nues et pans de chemise arty sur moitié d'uniforme strict : épure et synthèse.

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A l'opposé, toutes voiles dehors, une définition de la féminité inédite, bohème sans le caricatural. Solaire et lunaire, fantasme absolu : un étendard.

Par Claire Stevens.