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Body shaming, slut shaming... Le "shaming", le mal du siècle ?

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Le "shaming" est un phénomène malheureusement très commun qui touche principalement les femmes, de tout âge. En effet, ces dernières sont victimes de cette manifestation qui consiste à juger à tort et à travers (et avec des termes souvent très violents) le corps d'autrui. Une liberté que certain.e.s s'octroient, souvent sous couvert d'anonymat, véritable mal du siècle.

Entre le body shaming ou encore le slut shaming, le corps féminin est jugé sans cesse, que ce soit parce qu'il ne correspond pas aux sempiternels canons de beauté ou parce qu'il est hyper-sexualisé. Difficile donc pour les jeunes filles et femmes d'apprendre à s'aimer. Si le mouvement body positive combat, tant bien que mal, les diktats, difficile de lutter contre ces semeurs de haine, ascendant machistes, qui pratiquent cette forme de cyber-harcèlement lié au physique. Un phénomène d'une extrême violence qui a bien souvent lieu sur Internet.

Le "shaming", un besoin de nuire

Le dernier dérapage en date est tout récent et concerne le mouvement "#JeSuisCute", lancé sur Twitter. Le principe ? Partager une photo de soi afin d'encourager chacune à s'aimer et à montrer son corps, à oser être libre. Un mouvement initié par Manny Koshka, mannequin et modèle de nu. Et si certaines se limitent au selfie, d'autres privilégient une photo en lingerie et/ou, en pied.

Ça ne rate pas : les trolls débarquent en masse. Arrive alors le slut shaming, souvent pratiqué par de jeunes hommes. Sous les photos de l'initiatrice de ce mouvement on peut ainsi lire des commentaires du type : "tu es une p*te" ou encore "t'es vraiment moche ton corps dégueulasse, tous les gens qui disent que tu as un beau corps sont hypocrites tu ressembles à une frite de Bruxelles".

La conclusion qu'on peut en tirer, c'est qu'un corps de femme, qu'il soit différent ou s'affichant sans honte, en faisant fit des convenances, est inacceptable pour certains. Pourquoi ? Car dans l'inconscient collectif, la sexualité féminine est forcément au service de celle de l'homme. Hors, du moment où une femme se montre libre et prend le contrôle de sa sexualité, elle ne rentre plus dans ce cadre et se doit d'être punie.

Cela passe également par le body shaming, surtout la grossophobie, très pratiqué sur les réseaux sociaux, véritable fléau de notre époque. Longtemps, ce phénomène ne concernait "que" les célébrités féminines dont la vie est surexposée en permanence. De Lady Gaga à Kim Kardashian en passant par Selena Gomez, elles en ont toutes été victimes au moins une fois. Aujourd'hui, le body shaming touche toutes les femmes sans distinction.

"Dans notre culture, il est désormais monnaie courante de commenter le poids d'une femme, peu importe son âge. Avant, ce type d'attaques ne concernait que les femmes dont les corps étaient exposés, comme les mannequins par exemple", expliquait le psychologue et spécialiste des problèmes liés au corps Sari Shepphird, en 2016, au site Yahoo. Cela s'explique également avec l'apparition des réseaux sociaux qui ont complexifié le rapport des femmes à leur corps. Ainsi, les femmes lambda, en se montrant très librement, s'exposent au même risque que les people.

D'autre part, face à cette nouvelle génération hyper connectée qui profite allègrement de l'anonymat d'Internet, difficile de trouver le bon moyen de lutter. Car si le "shaming" en général est souvent apparenté à du cyber-harcèlement, il n'est encore que trop peu sanctionné voire pas du tout. Cela créé forcément un sentiment d'impunité et de toute puissance du côté des oppresseurs.

Un phénomène dangereux

Le "shaming" en général a, sans surprise, un impact désastreux sur les femmes et encore plus sur les jeunes filles en pleine construction. "Les femmes sont beaucoup plus sujettes à des critiques", confirmait le sociologue Jean-François Amadieu à 20 minutes, il y a peu. Il ajoute : "Le fait d'avoir des bourrelets sera plus toléré, voire apprécié, chez un homme que chez une femme".

Les femmes grandissent avec le poids des injonctions, si bien qu'elles s'infligent, pour la plupart, un body shaming intériorisé. "Il y a une conformisation à des canons de beauté : des femmes blanches, fines, grandes et valides", déclarait ainsi Wissale Achargui, la cofondatrice du collectif Féministes contre le cyberharcèlement, à 20 minutes, "Ce sont des choses tellement intégrées que certaines femmes participent au "body bashing" contre d'autres femmes, mais font la même chose envers elles-mêmes face à un miroir.".

Autant de barrières qui empêchent les femmes de s'aimer telles qu'elles sont et de porter un regard bienveillant envers d'autres femmes. "Les femmes sont fragilisées, anxieuses et angoissées face à ce harcèlement qui les suit sur le long terme", ajoutait Wissale Achargui, "C'est différent d'un harcèlement scolaire, qui peut par exemple cesser en changeant d'établissement. Là, cela reste sur Internet et cela peut ressortir à tout moment."

Bien sûr, le mouvement body positive vient adoucir le paysage mais a du mal à effacer le poids des critiques extrêmement violentes. Un mouvement qui tente d'éduquer les esprits, déconstruire les canons de beauté afin que cette dernière soit acceptée dans sa multiplicité et sa diversité. Un chemin long et souvent douloureux pour parvenir à plus d'acceptation, de bienveillance et d'amour de soi. On y croit.

Héloïse Famié-Galtier

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