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Snapchat Dysmorphia : le réseau social pousse-t-il à faire de la chirurgie ?

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Avec le réseau social Snapchat et ses célèbres filtres connus pour être très flatteurs est né le "Snapchat Dysmorphia". Un phénomène qui pousse de plus en plus de gens à se tourner vers la chirurgie esthétique pour appliquer les mêmes effets que ces filtres. Une tendance alarmante. 

Et si les filtres Snapchat avaient une incidence sur la vision de soi au point de penser à faire de la chirurgie esthétique ? C'est ce que le phénomène appelé "Snapchat Dysmorphia" par des chirurgiens laisse penser. Un mouvement qui prend de l'ampleur selon certains d'entre eux, qui ont décidé d'en parler dans la presse internationale.

Si au début les filtres Snapchat étaient amusants, pour certaines - car ce sont majoritairement des femmes - ils sont devenus un but à atteindre. Qu'il s'agisse des célèbres oreilles de chien ou encore de la couronne de papillons, ces filtres ont pour effet de lisser la peau, d'agrandir le regard et d'affiner le visage. Le résultat ? Un visage "parfait", mais pas franchement réaliste. C'est pourquoi certaines se tournent vers la chirurgie esthétique.

Dr. Matthew Schulman, chirurgien plastique à New York, note ainsi une vague de clientes voulant se refaire le nez, rehausser les pommettes ou encore avoir des lèvres plus pulpeuses et montrant, en exemple du résultat attendu, des photos d'elles ou de leurs stars préférées avec des filtres Snapchat. "Tout le monde ne va pas aussi loin, mais dans leur tête, c'est ce qu'ils veulent, puisqu'ils viennent me dire: 'je veux une peau plus lisse', 'je veux que mes yeux soient plus grands', 'je veux que mes lèvres soient plus pulpeuses'", confie-t-il à The Sun.

Un constat quelque peu affolant.

Renee Engeln, professeure de psychologie à Northwestern University et autrice du livre "Beauty Stick", note ainsi cette nouvelle pression qui pèse sur les épaules des femmes.

"Comme si cela ne suffisait pas de se comparer aux mannequins 'pafaites', maintenant il y a cette comparaison quotidienne entre son vrai soi et ce soi virtuel que vous présentez sur les réseaux sociaux.
C'est une nouvelle contrainte que nous faisons peser sur les femmes en leur mettant cette pression non-stop à se conformer à cet idéal de beauté pour ensuite les blâmer quand elles tentent de s'en détacher.
On est arrivé à un tel point, qu'on en a oublié à quoi on ressemblait vraiment et on est surpris lorsque l'on se croise dans le miroir".

L'ère du tout "Instagrammable"

Les filtres Snapchat ne se sont d'ailleurs pas cantonnés qu'à ce seul réseau social, mais s'importent sur tous les autres puisque ces selfies améliorés peuvent s'enregistrer directement dans son propre album photo. C'est en devenant omniprésents sur le Web qu'ils se sont imposés - de manière plus ou moins inconsciente - comme une norme. Une tendance bien encouragée par le clan Kardashian-Jenner (dont les membres sont de vrais accros de Snapchat) et autres it-girls comme Gigi Hadid qui partagent de nombreux clichés le visage orné d'un filtre particulièrement flatteur.

Plus largement, ce sont les réseaux sociaux, et principalement Instagram, qui ont propagé cette nouvelle contrainte qui implique d'avoir une vie en tout point esthétique. Le terme "Instagrammable" - qui signifie qu'un cliché est assez beau pour être partagé sur le réseau social - en est la preuve. En 2018, il faut ainsi avoir des activités instagrammables, des amis instagrammables, un lieu de vie instagrammable et sans oublier : avoir un visage instagrammable.

Tandis que le mouvement "body positive" et le féminisme, de manière plus générale, tentent de combattre des diktats tenaces qui pèsent sur les femmes, c'était sans compter la naissance de nouveaux moyens de pression. Le "Snapchat Dysmorphia" rappelle ainsi qu'une dérive peut arriver très vite à partir d'un concept qui était, à la base, innocent.

Héloïse Famié-Galtier